lundi 10 novembre 2014

«- Quand une cité gouvernée démocratiquement et assoiffée de liberté tombe par hasard sous la coupe de mauvais échansons et s'enivre du vin pur de la liberté, dépassant les limites de la mesure, alors ceux qui sont au pouvoir, s'ils ne sont pas entièrement complaisants et ne lui accordent une pleine liberté, elle les met en accusation pour les châtier comme des criminels et des oligarques.
- Voilà ce que la cité fait, dit-il.
- Quand à ceux, repris-je, qui respectent l'autorité des gouvernants, on les invective en les traitant d'hommes serviles et de vauriens, mais les gouvernants qui passent pour des gouvernés, et les gouvernés qui passent pour des gouvernants, ce sont eux auxquels on accorde du respect. N'est-il pas inévitable que dans une telle cité l'esprit de liberté s'étende à tout ?
- Si nécessairement.
Et que s'il se propage, cher ami, continuai-je, jusqu'à l'intérieur des maisons privées, de telle sorte qu'au bout du compte l'anarchie s'implante même chez les animaux sauvages ?»

La République. Platon. Flammarion (2002)

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