« Le souvenir que je n'ai pas saisi au moment où il affleurait dans ma mémoire, n'est plus tout à fait le même lorsque j'entreprends de le rapporter quelques heures plus tard : c'est comme une eau qu'on entend couler derrière une paroi rocheuse sans pouvoir l'atteindre, et qu'on ne reconnaît plus dans un bassin profond et plus large.
J'ai cru longtemps que je me déplaçais tout au long du fil droit de ma vie et que les objets de mon souvenir restaient immobiles, comme des silhouettes diminuant sur le quai d'une gare. Mais non, ils vivent eux aussi, et se déplacent selon des lois que je ne sais pas : et nos rencontres improbables, sont celles de deux univers en mouvement. »
Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)
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