dimanche 16 juin 2024

Visionnage toulousain en salle (71) à l'ABC

C'est pas moi. Léos Carax (2024)

61

«Nous n'aimons jamais quelqu'un. Nous aimons, uniquement l'idée que nous nous faisons de quelqu'un. C'est un concept qui est le nôtre -en somme c'est nous-mêmes- que nous aimons.

C'est vrai pour toute la gamme de l'amour. Dans l'amour sexuel nous cherchons notre plaisir par l'intermédiaire d'un corps étranger. Dans l'amour autre que sexuel, nous cherchons notre plaisir par l'intermédiaire d'une idée qui est la nôtre. L'onaniste est abject, mais, pour dire l'exacte vérité, l'onanisme est la parfaite expression logique de l'amant. C'est le seul qui ne feint pas et ne se leurre pas.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

60

«Tout homme aujourd'hui, dont la stature morale et l'envergure intellectuelle ne soient pas celles d'un pygmée ou d'un rustre, aime, quand il aime, d'un amour romantique. L'amour romantique est le produit extrême de siècles des siècles d'influence chrétienne ; et , quant à sa substance, ou aux étapes de son développement, on peut les faire entendre, à quelqu'un qui ne les comprendrait pas, en le comparant à un vêtement, un costume, que l'âme ou l'imagination confectionnerait pour en revêtir des individus rencontrés au hasard, en pensant qu'ils peuvent leur convenir. 

Mais tout vêtement, comme il n'est pas éternel, ne dure qu'autant qu'il dure ; et très vite, sous cet habit de l'idéal que nous avons taillé, qui part en guenilles, surgit le corps réel de la personne humaine que nous en avions revêtue.

L'amour romantique est donc un chemin de désillusion. Il peut ne pas l'être à condition que la désillusion, acceptée depuis le début, décide de changer constamment d'idéal, de tisser constamment dans les ateliers de l'âme, de nouveaux vêtements, grâce auxquels constamment puisse se renouveler l'aspect de la personne qui les porte.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

vendredi 14 juin 2024

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (71)

«L'amour de la Jeune-Fille n'est qu'un mot dans le dictionnaire.»

Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)

samedi 8 juin 2024

Thématique printanière Brian Ferry (6)

Where or when

It seems we stood and talked like this beforeWe looked at each other in the same way then
But I can't remember where or when
The clothes you're wearing are the clothes you wore
The smile you are smiling you were smiling then
But I can't remember where or when
Some things that happen for the first time
Seem to be happening again
And so it seems that we have met before
And laughed before
And loved before
But who knows where or when?

Somethings that happen for the first time
Seem to be happening again
And so it seems we have met before
And laughed before
And loved before
But who knows where or when?

Exposition à Toulouse (2)


 

Musique à Toulouse (19) avec Caroline : Passe ton Bach d'abord, un nouveau souffle


 

Musique à Toulouse (18) avec Caroline : Passe ton Bach d'abord, un nouveau souffle


 

Musique à Toulouse (17) avec Caroline : Passe ton Bach d'abord, un nouveau souffle


 

mercredi 5 juin 2024

«Et maintenant je comprenais ce que c'était la vieillesse -la vieillesse qui de toutes les réalités est peut-être celle dont nous gardons le plus longtemps dans la vie une notion purement abstraite, regardant les calendriers, datant nos lettres, voyant se marier nos amis, les enfants de nos amis, sans comprendre, soit par peur, soit par paresse, ce que cela signifie, jusqu'au jour où nous apercevons une silhouette inconnue, comme celle de M. d'Argencourt, laquelle nous apprend que nous vivons dans un nouveau monde ; jusqu'au jour où le petit-fils d'une de nos amies, jeune homme qu'instinctivement nous traiterions en camarade, sourit comme si nous nous moquions de lui, nous qui lui sommes apparu comme un grand-père.»

Le temps retrouvé. Marcel Proust. GF Flammarion (1987)

dimanche 2 juin 2024

Visionnage domestique (192)

Louise en hiver. Jean-François Laguionie (2016)

Réminiscence personnelle (73)

«27

«J'ai beau appartenir, par l'âme, à la lignée des romantiques, je ne trouve d'apaisement que dans la lecture des classiques. Leur sobriété même, à travers laquelle exprime leur clarté, me console je ne sais de quoi. J'en retire une impression stimulante de vie ample qui contemple de vastes espaces sans les parcourir. Même les dieux païens ont besoin de ce vaste apaisement.

[...] »

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

«Je lis et je suis libéré. J'acquiers de l'objectivité. Je cesse d'être moi, et d'être éparpillé. Et ce que je lis, au lieu d'être un vêtement à moi que je ne vois pas bien et qui souvent m'incommode, c'est la grande clarté du monde extérieur, toute entière remarquable, le soleil qui voit tous les êtres, la lune qui parsème d'ombres le sol tranquille, les vastes espaces qui débouchent sur la mer, la noire densité des arbres qui agitent leur vert feuillage là-haut, la paix solide des bassins dans les parcs des grandes propriétés, les chemins dissimulés par les vignes dévalant les courtes pentes des coteaux.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

samedi 1 juin 2024

Musique à Toulouse (16) avec Caroline et Jean-Christophe : Passe ton Bach d'abord, un nouveau souffle

Ensemble Amaryllis

Entrelacements de deux hautbois et du basson ou bien de flûte à bec, hautbois, basson sur un répertoire allemand virtuose. Et très beau violon, très belle sonorité et très belle technique.

43

«[...]

Mais il est des natures plus rares qui aiment mieux périr que travailler sans joie ; des difficiles, des gens qui ne se contentent pas de peu et qu'un gain abondant ne satisfera pas s'ils voient pas le gain des gains dans le travail même. Les artistes et les contemplatifs de toute espèce font partie de cette rare catégorie humaine, mais aussi ces oisifs qui passent leur existence à chasser ou à voyager, à s'occuper de galants commerces ou à courir les aventures.

[...]»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

mercredi 29 mai 2024

PBF 2024.14 : Le théorème de la passoire

Mercredi 29 mai 2024 à 19H, la Petite Boutique Fantasque est dans des affres mathématiques. On appelle petite boutique fantasque toute émission diffusée sur l'antenne de Radio Radio 106.8 mHz (Toulouse) le mercredi à 19H ou sur https://www.radioradiotoulouse.net pour la diffusion numérique en temps réel et la balado-diffusion. On distingue les petites boutiques fantasques de 1er ordre et de 2nd ordre. Les petites boutiques fantasques de 1er ordre ne contiennent aucune trace de terre de la place Pinel. Marius Pinel en est absent. Les PBF de 2nd ordre sont dites pinelisées car elles contiennent la chronique de l'univers place Pinel de Marius Pinel. Mais là, aujourd'hui, nous nous trouvons devant une exception. Nous avons bien Marius Pinel mais dans une interprétation d'un extrait des Shadocks de Jacques Rouxel et Jean-Paul Couturier. 

Programmation musicale :
1) Samba miaou (Full moon ensemble)
2) Oreilles de veau (Siver d'argent)
3) Presque dans la cuisine (Julien Louvet / Damien Schultz) 
4) lambeth walk (Wizex)
5) Les maisons toutes pareilles (Les cowboys fringants)
6) Duo des dindons (Edmond Audran) Juliette / François Morel
7) Improvisation sur le Barbier de Séville (Giacomo Rossini) Farah Fersi
8) Désuétude (Charlie Schlingo) 
9) Exit music (Brad Mehldau)
10) Les gens qu'on aime (Philippe Brach)
11) Garden of love (Dora  / Caroline Champy)
12) L'arbre (Arthur H.)
+ lecture d'un extrait des Shadocks (Jacques Rouxel et Jean-Paul Couturier) par Marius Pinel capté lors du festival des Bruissonnantes 2024 au théâtre du Hangar

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF :
https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/théorème-de-la-passoire-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

Photographie de Martha Norelius par Underwood & Underwood 1925

dimanche 26 mai 2024

«Savoir qu'elle sera mauvaise, l'oeuvre que l'on ne fera jamais. Pire encore, cependant, sera celle qui jamais ne pourra se faire. Celle que l'on fait, est-elle faite. Sans doute pauvrette, mais elle existe, comme la plante chétive dans l'unique pot de fleurs de ma voisine infirme. Cette plante est sa joie, et aussi parfois la mienne. Ce que j'écris, ce que je considère mauvais, peut aussi, peut aussi un moment distraire du pire tel ou tel esprit meurt ou triste. Ça me suffit, ou ça ne me suffit pas, mais c'est utile d'une certaine façon, et la vie toute entière est comme ça.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

samedi 25 mai 2024

Visionnage domestique (190)

Coeurs. Alain Resnais (2006)



IL EST SIX CŒURS, PARIS S'ENDORT

Ils ont trente, quarante, cinquante ans ou plus. Ils vivent dans le XIIIe arrondissement, près de la BNF, s’y terrent, entre deux chutes de neige. Alain Resnais compose encore ses films comme ses troupes d’acteurs : il y a les anciennes et les nouvelles recrues, les auto-références et la passion d’un cinéaste qui s’intéresse toujours aux films contemporains. Cœurs est un de ces films admirables dont la virtuosité ne gâche ni l’émotion ni le mystère.

C’est l’histoire de quelques cœurs, brisés, déçus, fatigués, pleins d’espoir. Ils sont petits, presque morts, comme nous le suggère la neige qui tombe en permanence sur des décors millimétrés. On pense évidemment à L’Amour à mort, à l’idée de spiritualité oscillant entre une supériorité de la vie et un passage vers la mort. Alain Resnais se souvient de sa propre œuvre et la remodèle dans Cœurs : André Dussollier était le même agent immobilier timide et renfermé que celui d’On connaît la chanson, Pierre Arditi est filmé dans la même pénombre qui masquait la vérité de L’Amour à mort. On se souvient, et on découvre encore pourtant l’art de Resnais.

Le réalisateur cache bien son jeu comme ses acteurs : les six personnages, loin d’être des caractères déjà vus dans la « famille » resnaisienne, sont des créations du temps présent, non de simples déclinaisons répétées. Ils sont une sorte de concentré de la vie moderne dans ce qu’elle comporte de solitude et surtout de masques. Thierry vit avec sa sœur, Gaëlle, et ne connaît les femmes que platoniquement par sa secrétaire croyante, Charlotte. Gaëlle sort tous les soirs, faisant croire qu’elle vit de l’amour des hommes, alors qu’elle attend dans les cafés l’arrivée d’un homme hypothétique. Dan, ancien militaire, ange déchu de l’armée, boit dans les bars sans attendre qui que ce soit : il raconte sa vie à Lionel qui cache lui aussi ses peines derrière son comptoir et la souffrance de ses clients.

Les cœurs se croisent, bien entendu, mais sans créer de liens véritables comme le faisaient les personnages d’On connait la chanson : Alain Resnais a crée des hommes et des femmes opaques. Chaque discussion est prise en cours de façon à ce que la compréhension psychologique de chacun ne soit ni immédiate ni totale. Chaque personnage est caché par un rideau de perles, une fenêtre, une obscurité. Les diverses parois ne séparent pas les hommes les uns des autres mais les hommes d’un extérieur. Tout le film se situe en intérieur, en repli sur soi, derrière un écran, de télévision ou de regards figés. Quand l’un de ces êtres sort de son rôle connu et parfois apprécié, on ne le voit qu’à peine. Charlotte la catholique se filme en petites tenues pour réjouir le cœur de ses connaissances. Lionel s’occupe d’un père malade et odieux, dont on n’entendra que la voix. Comme le dit Charlotte : « Les gens âgés sont souvent agressifs, je le sais. » Alain Resnais se moquerait-il de lui-même ?

Ce n’est pas la vieillesse physique qui entre en jeu ici, mais l’immobilité des existences, et leur rapport à la mort inconsciente. Il y a quelque chose de mystique dans Cœurs : la pénombre est parsemée de rayons lumineux de temps à autres ; on répète sans cesse : « Mais, mon Dieu, qu’est-ce qui nous arrive ?» La caméra se fait parfois omnisciente. Rappelant Dogville de Lars von Trier, Resnais montre Dan et sa future ex-femme Nicole visitant des appartements : il a la bonne idée de filmer en plongée, du plafond, les différentes pièces. Le décor de théâtre se meut peu à peu en espace confiné, enfermant les âmes, mettant en relief la place de chacun, et conservant l’ouverture d’un plafond qui n’existe plus. Ils sont droits ces cœurs, ils sont froids aussi, comme le Paris blanc de neige et des nouveaux immeubles de la Bièvre, un Paris absent, sans bruits urbains, invisible. Ils attendent. Comme le dit Lionel à Dan, « tout dépend de votre propre clarté ».

Parce qu’ils résistent également, par le contact à autrui qui, sans les dévoiler réellement, les rassure sur leur capacité à survivre. Le couple, quels qu’en soient les deux participants, n’est pas amour parfait, il est nécessité dans le dialogue, même interrompu, puisque les personnages ne peuvent se toucher. Alain Resnais se dit souvent attiré par la beauté des films de Wong Kar-Wai : il en a retiré aussi l’amour du croisement, du passage de ces cœurs libres qui ne sont pas pris, par hasard, par malchance, par fatalité peut-être. La disponibilité n’est pas la liberté, elle serait plutôt synonyme de frustration sexuelle et amicale. Les images se répondent mais pas les humains.

Du début à l’extrême fin, Alain Resnais mène de main de maître la danse. Si ses personnages sont fanés, dans une attente vide d’actions et emplie de sens, son art est intact, renouvelé, passionnant. Mais l’émotion et la beauté incroyable de Cœurs tient tout autant à la grâce des acteurs, à leurs expressions teintées d’une vivacité rentrée que l’on pourrait nommer énergie du désespoir. Si tous sont pareillement entrés dans l’univers du film avec talent, Pierre Arditi est impressionnant de sensibilité, de conviction, et de beauté troublante.

Les anges de Resnais sont gardiens, déchus, soumis, au-dessus de leurs désirs et confinés à l’intérieur d’eux-mêmes et des espaces. Il leur suffirait d’un peu de cette clarté quasi divine pour retrouver l’usage de leurs ailes. Dans la quête d’un autre, on s’oublie soi-même. Lionel/Arditi a cette question au centre du film : « Après tout, qu’est-ce qu’on peut être à part soi ?»… beaucoup de choses, semble nous répondre Resnais, pourvu qu’on en ait la force et la possibilité.

Ariane Beauvillard. Kriticat

Et pendant ce temps inversé-là (19)


 

lundi 13 mai 2024

Les apéritifs de la rue du cimetière (2) : La tête haute

C'est ma fête j'ai 19 ans 
pu d'cheveux mais toutes mes dents 
et quand je r'garde en avant 
y'a comme un flou dans le temps 

tantôt le doc passera 
me donner mes résultats 
et j'saurai si oui ou non 
j'ai des chances de guérison 

mes bougies d'anniversaire 
s'ront peut-être bien les dernières 
Mais je n'suis même pas fébril 
j'ai en moi cette force tranquille 
des gens qui sont habitués à voir la mort roder 

J'ai tout surmonté 
la tête baissée 
si j'redescends la côte 
ce s'ra La Tête Haute 

Si je suis au bout d'la route 
de ma vie beaucoup trop courte 
je partirai quand même en paix 
sans éprouver de regret 

Car même si j'ai encore la flamme 
j'ai en moi cette vieille âme 
de ceux pour qui la sagesse 
a remplacé la jeunesse 

Et qui m'a fait garder espoir 
dans le moments les plus noirs 
Mais qui a aussi tempéré 
les victoires à l'arrachée 

J'me s'rai tenu comme un roi 
Face à ce cheval de Troie 
Sans me plaindre de la douleur 
Et sans pleurer sur mon malheur 

Que je survivre ou que je meure 
Maintenant je n'ai plus peur 

J'ai tout surmonté 
la tête baissée 
si j'redescends la côte 
ce s'ra La Tête Haute 

C'est ma fête j'ai 19 ans 
pu d'cheveux mais toutes mes dents 
Je soufflerai mes bougies 
les dernières de ma vie 

Le doc me l'a confirmé 
le mal a trop progressé 
une affaire de quelques s'maines 
peut-être deux mois à peine 

Les yeux qui flottent dans l'eau 
Dans un dernier soubresaut 
De colère et d'impuissance 
Il faut accepter l'évidence 

Ce n'est plus le temps pour les larmes 
je dois rendre les armes 
J'ai tout surmonté 
la tête baissée
maintenant je redescends la côte
et j'ai la tête haute
et j'ai la tête haute

Les cowboys fringants

samedi 11 mai 2024

47 

«De la répression des passions.- Si l'on s'interdit constamment l'expression des passions comme une chose vulgaire qu'il faut laisser aux natures grossières, aux bourgeois, aux rustres, si l'on veut donc, non réfréner les passions mêmes, mais seulement leur langage et leur geste, on n 'en atteint pas moins, du même coup, ce qu'on ne veut pas : on réfrène les passions elles-mêmes, ou tout au moins on les affaiblit et les transforme ; et ce fut ainsi qu'il en advint, exemple instructif entre tous, à la cour de Louis XIV et à tout ce qui en dépendait. L'époque suivante, élevée dans l'habitude de réfréner l'expression des passions, perdit jusqu'à la passion elle-même ; elle fut remplacée par la grâce, la frivolité, le badinage ; ce fut une époque frappée par l'incapacité de se montrer discourtoise : au point qu'on n'y lançait et n'y rendait l'offense qu'avec des propos obligeants.

[...]»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

«Aucune idée brillante ne parvient à circuler si ce n'est en s'agrégeant quelque élément de stupidité. La pensée collective est stupide parce qu'elle est collective : rien ne franchit les barrières du collectif sans y laisser, à l'instar d'une gabelle, la majeure partie de l'intelligence véhiculée.

Dans notre jeunesse nous sommes deux : coexistent en nous notre propre intelligence, qui peut être grande, et la stupidité de notre inexpérience, qui constitue une seconde intelligence inférieure. C'est seulement quand nous atteignons le deuxième âge que se produit en nous l'unification. D'où le comportement toujours frustre de la jeunesse -dû, non à son inexpérience, mais à sa non-unité»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

Visionnage domestique (188)

L'homme n'est pas un oiseau. Dusan Makavejev (1965)

vendredi 10 mai 2024

Il en a toujours été ainsi !

«L’époque et le monde, l’argent et le pouvoir, appartiennent aux êtres médiocres et fades. Quant aux autres, aux êtres véritables, ils ne possèdent rien, si ce n’est la liberté de mourir. Il en fut ainsi de tout temps et il en sera ainsi pour toujours.»

Le Loup des steppes. Hermann Hesse. Le Livre de Poche, (2021)

«Votre regard a quelque chose d'une musique jouée à bord d'un bateau, au milieu d'un fleuve mystérieux avec des forêts sur l'autre rive..

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

52 

«Ce que les autres savent de nous.- Ce que nous savons de nous-mêmes, ce que notre mémoire en a retenu, est moins décisif qu'on ne pense pour le bonheur de notre vie. Vient un jour où surgit en elle ce que savent (ou croient savoir) les autres de ce nous ; nous nous apercevons alors que leur opinion est plus puissante. On s'arrange mieux de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

«Personne n'est plus entraîné à la souffrance ni physique ni morale, nul ne voit plus que rarement quelqu'un souffrir ; il en résulte une conséquence fort importante : c'est qu'on hait la souffrance maintenant plus qu'autrefois, qu'on parle d'elle plus que jamais et qu'on va même jusqu'à ne pouvoir en supporter la simple idée : on en fait une question de conscience et un reproche à l'existence toute entière.»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

mercredi 8 mai 2024

PBF 2024.13 : Fière d'être Olympe de Gouges

Mercredi 8 mai 2024 à 19H, la Petite Boutique Fantasque accueille Monique Calinon pour sa chronique Fière de lettres. Aujourd'hui, elle nous dresse le portrait d'une vraie révolutionnaire, Olympe de Gouges. Nous l'avons intitulé : Fière d'être Olympe de Gouges. Cette chronique est précédemment parue dans la version numérique de Libération.

Cette émission de RadioRadioToulouse est diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps et du monde sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Qui est homo extrait du Stabat mater (Antonio Vivaldi) Caroline Champy-Tursun / Ensemble baroque de Toulouse / Michel Brun
2) L'escalier (Imago)
3) L'innocence (Arthur H.) 
4) les petites filles (Michèle Bernard)
5) Le lac Saint-Sébastien (Anne Sylvestre)
6) Boys and girls (Bryan Ferry) Brian Ferry jazz orchestra
7) Elevation pour la paix (Marc-Antoine Charpentier) Les Passions / Jean-Marc Andrieu
8) Hotel California (The Eagles) Jake Shimabukuro / Earl Klugh

+ Chronique Fières de lettres de Monique Calinon : Olympe de Gouges, le courage tout azimut

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/fière-dêtre-olympe-de-gouges-la-petite-boutique-fantasque

Sus aux Philistins !

Photographie de Mrs Stewart sur une moto Rudge (Gallica)
 

Dictionnaire additif (6) pour poème-continuum


 

«Don de soi-même. Il est de nobles femmes qui, manquant de certaine ressources d'esprit, ne savent pas trouver d'autre moyen pour exprimer leur plus grand abandon que d'offrir leur vertu, leur pudeur : c'est leur trésor le plus précieux. Et il n'est pas rare que ce don soit accepté sans que le bénéficiaire s'en trouve aussi fort obligé que le supposait la donatrice ;... une bien mélancolique histoire !»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

Musique à Toulouse 12 avec Caroline

Tisane et kro télé. Merle moqueur

«- Le genre de l'homme est la volonté, celui de la femme la soumission,... telle est la loi des sexes, eh oui ! une dure loi pour la femme ! Tous les humains sont innocents de leur existence, mais les femmes le sont en seconde puissance : qui donc saurait avoir pour elle assez de douceur, assez d'huile ?

- Que nous chaut l'huile ? Que nous chaut la douceur ? répondit quelqu'un de la foule : Il faut mieux élever les femmes ! 

- Il faut mieux élever les hommes dit le sage et il fit signe au jeune homme de le suivre.. 

Mais le jeune homme ne le suivit pas.»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

Musique à Toulouse 11 : Cantates sans filet

 

Cantate Bwv 12 Jean-Sébastien Bach. Ensemble baroque de Toulouse. Michel Brun

«Ce qui manque à le femme doit être expié par l'homme et corrigé en lui... car c'est l'homme qui se crée l'image de la femme et la femme qui se modèle ensuite sur cette image

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950) 

dimanche 5 mai 2024

Réminiscence personnelle (72)

«105

«En tous lieux de ma vie, en toutes situations et rapports avec autres, j'ai toujours été, pour tous un intrus. A tout le moins, toujours un étranger. Au milieu de parents, comme de connaissances, j'ai toujours été ressenti comme quelqu'un d'extérieur. Je ne dis pas que j'ai été tenu pour tel, même une seule fois, après réflexion. Mais je l'ai toujours été spontanément pour la majeure partie des gens.

J'ai toujours été, partout et par tous, traité avec sympathie. Peu de gens je crois, auront aussi peu eu droit à un haussement de ton, un sourcil froncé, un éclat de voix ou un sous entendu. Mais la sympathie avec laquelle j'ai été traité a toujours été exempte d'affection. Pour les plus naturellement intimes, j'ai toujours été un hôte, qui donc, en tant qu'hôte, est bien traité, mais avec cette attention que l'on doit à un étranger, et l'absence d'affection que mérite un intrus.

[...] »

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

samedi 4 mai 2024

Visionnage domestique toulousain (186)

Pour l'éternité. Roy Andersson (2019)

«120

[...] 

Elles ont dépassé le tournant de la route, toutes ces jeunes filles. Elles chantaient en chemin, et le son de leurs voix était heureux. Je ne sais qui elles pouvaient bien être. Je les ai écoutées un moment de loin, sans y investir de sentiment personnel. Une amertume à leur égard s'est manifestée dans mon coeur.

Concernant leur avenir ? Concernant leur inconscience ? Pas  cause d'elles directement -ou qui sait ? peut-être seulement à cause de moi.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (70)

«La Jeune-Fille n'existe qu'à proportion du désir que l'on a d'elle, et ne se connaît que par ce que l'on dit d'elle.»

Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)

photographie : Barbara, Saul Leiter (1955)



mercredi 1 mai 2024

«Il [le poète] ne peut plus méditer. Il a une indigestion de mauvais vers blancs et de désillusions amères.»

Erik SatieJean-Pierre Armengaud. Fayard (2009) 

lundi 22 avril 2024

PBF 2024.12 : Le fils-père a écrit sur le panneau de libre expression

 

Mercredi 24 avril 2024 à 19H, la Petite Boutique Fantasque accueille Marius Pinel pour une de ses fameuses chroniques. Cette fois-ci, il traite du panneau libre expression place Pinel.

Cette émission de RadioRadioToulouse est diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps et du monde sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Baby day (Mélanie)
2) To hold it all (Kim Albert)
3) Le fils-père (Michèle Bernard) 
4) Fanfare for warriors (Art ensemble of Chicago)
5) Linda (Oberkampf)
6) Différence (Isabelle Mayereau) 
7) Tôuttt étô bôutt (Raoul Duguay)
8) Otis (the Durutti column)


+ Chronique de l'univers place Pinel n°44 : Le panneau libre expression par Marius Pinel.

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-fils-père-a-écrit-sur-le-panneau-de-libre-expression-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !
 

dimanche 21 avril 2024

Visionnage domestique toulousain (185)

 
La vierge miraculeuse. Stephan Uher (1966)

Réminiscence personnelle (72)

«107

Réaliser une oeuvre, et la tenir pour mauvaise une fois réalisée est une tragédie de l'âme. Plus grande encore lorsqu'on reconnaît que cette oeuvre est la meilleuse que l'on pouvait réaliser. [...] 

Pourquoi est-ce que j'écris alors ? Parce que tout en prêchant le renoncement, je n'ai pas appris à le pratiquer pleinement. Je n'ai pas appris à abdiquer mon inclination pour le vers et la prose. Je dois écrire comme on accomplit une punition. Et la plus grande punition est de savoir que ce que j'écris est entièrement futile, raté et vague.

Enfant déjà j'écrivais des vers. J'écrivais alors des vers très faibles, mais je les trouvais excellents. Je n'éprouverai jamais plus ce plaisir illusoire de produire une oeuvre parfaite. Ce que j'écris aujourd'hui est bien meilleur. Meilleur même que ce pourraient écrire les meilleurs. Mais infiniment inférieur à ce que, je ,ne sais pourquoi, je sens que je pourrais - ou peut-être devrais-je- écrire. Je pleure sur les mauvais vers de mon enfance comme sur un enfant mort, un fils mort, un dernier espoir qui s'en serait allé.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

Visionnage domestique toulousain (184)

La clepsydre.  Wojciech Has (1973)

mercredi 17 avril 2024

«Sans passé heureux dont le souvenir me ferait retrouver la félicité, sans rien dans le présent qui me réjouisse ou m'intéresse, sans rêve ni hypothèse d'avenir qui soient différents de ce présent ou puisse avoir un autre passé que ce passé -je gis ma vie, spectre conscient d'un paradis où je ne me suis jamais trouvé, cadavre-né de mes hypothétiques espoirs.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo Soares. Fernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

mardi 16 avril 2024

Thématique printanière Brian Ferry 5

The other night, dear, as I lay sleeping
I dreamed I held you in my arms
When I awoke, dear, I was mistaken
So I hung my head and cried

You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are grey
You'll never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away

I'll always love you and make you happy
If you will only say the same
But if you leave me to love another
You'll regret it all someday

You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are grey
You'll never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away

You told me once, dear, you really loved me
And no one else could come between
But now you've left me and love another
You have shattered all my dreams

You are my sunshine, my only sunshine
You make me happy when skies are grey
You'll never know, dear, how much I love you
Please don't take my sunshine away

Jimmy Davis / Charles Mitchel

lundi 15 avril 2024

PBF 2024.11 : Le décollage lunaire de Melanie

Mercredi 17 avril 2024 à 19H, la Petite Boutique Fantasque s'aventure dans la bande son de Taking off, le premier long métrage américain de Milos Forman, sorti aux États-Unis en 1971. Si vous rappelez bien, le film commence avec une audition de chanteurs débutants. Les extraits que nous écouterons ont été sélectionnés dans cette partie pour donner une idée de l’effervescence musicale de ce début des années 70.

Cette émission de RadioRadioToulouse est diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps et du monde sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Misery (Janis Joplin)
2) Harvest moon (Neil Young)
3) Long long time (Melanie) 
4) Sister morphine (Marianne Faithfull) version 1969
5) Deep peace (Donovan)
6) Morning has brocken (Cat Stevens) 
7) Chelsea hotel #2 (Léonard Cohen)
8) In the quiet morning : for Janis (Mimi Farina / Tom Jans)
9) White dress (Fairport convention)

+ cinq extraits du film Taking off (Milos Forman)

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-décollage-lunaire-de-melanie-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !
 
Photographie de Melanie Safka dite Melanie (1947-2024)
 

«Au contraire les caractères faibles, ceux qui ne se dominent pas, haïssent la servitude du style : ils sentent qu'ils deviendraient inévitablement vulgaires si cette amère contrainte leur était imposée : ils ne sauraient servir sans devenir esclaves, aussi détestent-ils le faire. De tel esprits -et ils peuvent être de premier ordre- s'appliquent toujours à se donner à eux-mêmes et à prêter à leur entourage l'allure de libres natures -sauvages, arbitraires, fantasques, désordonnées et surprenantes- ou à s'interpréter comme tels : et ils font bien, car ce n'est qu'ainsi qu'ils se satisfont ! Une seule chose est en effet nécessaire : que l'homme parvienne à être content de soi, quel que soit l'art ou la fiction dont il se serve à cette fin : c'est alors seulement qu'il prend une physionomie supportable ! Ceux qui sont mécontents d'eux-mêmes sont toujours prêts à s'en venger : et c'est nous qui serons leurs victimes quand ce ne serait qu'en ayant à supporter leur désagréable spectacle. Car le spectacle de la laideur rend mauvais et sombre.»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

dimanche 14 avril 2024

«Habitudes Brèves. - [...] Je m'imagine toujours que telle ou telle chose va me satisfaire durablement -car la brève habitude elle-même croit à l'éternité, cette foi de la passion- ; je m'imagine que je suis enviable d'avoir découvert un tel objet : je m'en repais matin et soir, et il répand en moi une satisfaction dont les délices me pénètrent jusqu'aux moelles, je ne peux plus rien désirer d'autres sans comparer, mépriser ou haïr. Et puis un beau jour, c'en est fait ; l'habitude a fini son temps ; l'objet chéri me quitte alors, non sous l'effet de mon dégoût, mais dans la paix, rassasié de moi et moi de lui, comme si nous nous devions de la reconnaissance et nous tendions la main pour nous faire nos adieux. [...]»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

Visionnage domestique toulousain (183) avec Caroline et Louloute

 
WahouBruno Podalydès. (2023)

samedi 13 avril 2024

Réminiscence personnelle (71)

«Soupir. -J'ai saisi cette idée au vol et, de crainte qu'elle ne s'échappe, je l'ai fixée dans les premiers mots venus. Voilà maintenant qu'elle en est morte ; elle flotte sous ce haillon, flasque et branlante, et je ne sais même plus, quand je la regarde, comment j'ai pu être si heureux d'attraper cet oiseau.»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

«J'avouerai même qu'au plus profond de mon âme, je suis reconnaissant à mes misères physiques, ma maladie, et toutes mes imperfections, parce qu'elles me laissent mille portes de sortie qui me permettent d'échapper aux habitudes définitives. Ce qui me serait, à vrai dire, le plus insupportable, ce qui me terrifierait vraiment, ce serait une vie totalement dénuée d'habitudes, une vie qui exigerait une improvisation constante, ce serait mon exil, ma Sibérie»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

dimanche 7 avril 2024

«Stoïcien et Épicurien. -L'Épicurien choisit pour son usage les situations, les personnes, voire les événements qui conviennent à sa constitution intellectuelle, constitution extrêmement irritable ; et il renonce à tout le reste, ce qui revient à dire presque tout : ce serait pour lui un aliment trop fort, trop lourd. Le stoïcien, au contraire, s'exerce à avaler cailloux et vers, tessons, scorpions, à ignorer le dégoût ; il faut que son estomac finisse par être indifférent à tout ce que le hasard de l'existence peut y verser ; [...]»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

Thématique printanière Brian Ferry 4

If I could be you and you could be me for just one hour
If we could find a way to get inside each other's minds
If you could see you, through my eyes, instead of your ego
I believe you'd be, surprised to see, that you'd been blind

Walk a mile in my shoes
Walk a mile in my shoes
And before you abuse
Criticise and accuse
Walk a mile in my shoes

Now the whole world you see around you is just a reflection
And the law of Karma, says you reap, just what you sow
So unless you've, lived a life of total perfection
You'd better be careful of every stone that you should throw

And yet we spend the day throwing stones at one another
'Cause I don't think or wear my hair the same way you do
Well I may be common people but i'm your brother
And when you strike out and try to hurt me it's a-hurtin you

There are people on reservations and out in the ghettos
And brother, there but for the grace of God go you and I
If I only, had the wings, of a little angel
Don't you know I'd fly, to the top of the mountain, and then I'd cry

Bryan Ferry

«Empire sur soi. -Ces professeurs de morale qui recommandent à l'homme de se posséder par-dessus tout le gratifient ainsi d'une singulière maladie, j'entends d'une constante irritabilité, d'une sorte de démangeaison, qui devient sa façon de réagir aux excitations les plus naturelles. Quoiqu'il lui devienne désormais soit du dehors, soit du dedans, quoique ce soit qu'il y rencontre, ou qui l'attire, ou qui l'incité, ou qui le pousse, il semble toujours à cet être irritable que son empire sur soi court les plus grands dangers : il n'a plus le droit de se fier à nul instinct, de s'abandonner à nul libre coup d'aile, il reste sur la défensive, sans répit, hérissé d'armes contre soi-même, l'oeil attentif et méfiant, montant éternellement devant son propre donjon une garde qu'il s'est recommandé à lui-même. Certes, il peut être grand dans ce rôle ! Mais comme il est devenu insupportable aux autres ! lourd à soi ! pauvre enfin, hermétiquement fermé aux plus beaux hasards de l'âme, et à toute leçon future. [...]»

Le gai savoirNietzsche. Gallimard Idées (1950)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (69)


«La Jeune-Fille n'exige pas seulement que vous la protégiez, elle veut en outre pouvoir vous éduquer.»

Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)

Photographie d'Alicia Brandet

mercredi 3 avril 2024

PBF 2024.10 : Multiple facettes d'une voix

Mercredi 3 avril 2024 à 19H, la Petite Boutique Fantasque accueille une chanteuse, Caroline Champy-Tursun qui nous décrit sa carrière de chanteuse classique mis aussi ses autres multicentriques intérêts musicaux. Elle interprète, en plus, deux morceaux en direct du studio de la radio. Merci à Manu pour l'aide technique pour cet enregistrement.

Cette émission de RadioRadioToulouse est diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps et du monde sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Bubble lady (Camille)
2) Garden of love (Dora)
3) U sipulcro (Madamicella) 
4) Quel feu ! (Caroline Champy-Tursun) texte Robert Herrick
5) Sweet spirit (Caroline Champy-Tursun) texte Robert Herrick
6) Prélude (Trio Zafrani) 
7) Cujus animam gementem tiré du Stabat Mater (Antonio Vivaldi) EBT / Michel Brun / Caroline Champy-Tursun
8) Domisilare (Pascal Comelade)

+ entretien avec Caroline Champy-Tursun. Les morceaux Quel feu ! et Sweet spirit sont interprétés en direct.

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/entretien-avec-caroline-champy-tursun-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !