« Andy Warhol a été un grand moment du XXe siècle parce qu'il fut le seul à avoir su réellement dramatiser : il amène la simulation à être encore un drame, encore une dramaturgie : quelque chose de dramatique entre deux phases, le passage dans l'image et l'équivalence absolue de toutes les images. Son principe était de dire : "Je suis une machine, je ne suis rien" ; depuis tout le monde répète la même chose, avec la prétention en plus. Lui, il le pensait radicalement : "je ne suis rien et je fonctionne." "Je suis opérationnel sur tous les plans, artistique, commercial, publicitaire..." "Je suis l'opérationnalité même !"
il a affirmé le monde dans son évidence totale, les stars, le monde post-figuratif (puisqu'il n'est ni figuratif, ni non-figuratif : il est mythique). Ce monde-là est génial et, là-dedans, tout le monde est génial ! C'est un acte qu'on pourrait dire repensé à partir de Duchamp et qui, au niveau de nos coordonnées et de notre temporalité, aujourd'hui, ne fait pas œuvre d'art mais plutôt événement anthropologique. Et c'est pour ça qu'il m'intéresse : l'objet. Il est quelqu'un qui dans un cynisme et un agnosticisme total, a opéré une manipulation, une transfusion de l'image au réel, du référent absent de la starification du banal. »
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
dimanche 3 mai 2026
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