« Quand je parle de "complot de l'art" j'emploie une métaphore comme lorsque je parle de "crime parfait". On ne peut davantage désigner les instigateurs du complot qu'on ne peut repérer les victimes. Car le complot n'a pas d'auteur et tout le monde est à la fois victime et complice. Il se passe la même chose en politique : on est tous dupés et tous complices du mode de mise en scène, par exemple. Une sorte de non-croyance, de non-investissement fait que tout le monde joue un double jeu dans une espèce de circularité infinie. Or, cette circularité me paraît contradictoire avec la forme même de l'art qui supposerait une séparation nette entre le "créateur" et le "consommateur". »
Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)
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