Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
mardi 21 juillet 2026
PBF 2026.20 : Le retour de Jacques dans les ruines (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 22 juillet 2026)
Principe simple, résultat étonnant : demander à ceux qui sont proches de l’émission de me proposer un ou deux morceaux de rock ou pop et les assembler intelligemment en un programme surprenant. La tonalité de cette émission est un peu plus rock que la précédente !
Programmation musicale :
1- Advice for young mothers to be (The veils)
2- Man made of meat (Viagra boys)
3- Modern ruin (Franck Carter and the rattle snakes)
4- Révolution calling (Queensrÿche) 5) Slingshot (Ripé)
6- Ostkreuz (Twin noir)
7- Undivided (Adelitas)
8- Versus (Machinae supremacy)
9- Song for a nun (Elysian fields)
10- Neither yield nor reap (Briseglace)
11- Jacques revient de la pêche (Chocolat Billy)
12- Way down we go (Kaleo)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-retour-de-jacques-dans-les-ruines-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
samedi 18 juillet 2026
vendredi 17 juillet 2026
mercredi 15 juillet 2026
« Il y en avait beaucoup plus que je ne l'aurais pensé. La petite mer qui investissait mes globes oculaires était agitée, comme en quête de nouveaux territoires à conquérir. Je remarquai plus de spermatozoïdes anormaux que de normaux. Les anormaux étaient plus complexes et plus élégants, agrémentés d'une bonne dizaine de flagelles.
- Ce n'est pas drôle, lui objectais-je. Les spermatozoïdes normaux n'ont qu'une ficelle et leur forme est trop discrète, on ne les remarque pas.
- Je te l'ai déjà dit, non ? Les choses correctes n'ont rien en trop. Plus on a de superflu, plus on s'affaiblit rapidement. »
Le musée du silence. Yôko Ogawa. Actes sud (2005)
mardi 14 juillet 2026
PBF 2026.19 : La nuit du supernaturaliste (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 15 juillet 2026)
Principe simple, résultat étonnant : demander à ceux qui sont proches de l’émission de me proposer un ou deux morceaux de rock ou pop et les assembler intelligemment en un programme surprenant. Faut dire que les propositions viennent de toute la France ainsi que des Pays-bas, de la Suède et et du Québec.
Programmation musicale :
1- Dadada (Trio)
2- It’s so hard (Electrophönvintage)
3- Le jour se lève (Aure)
4- Pas cette nuit (Romain Bouteille) extrait du Graphique de Boscop
5- Quand retombe la nuit (Fernand Bernadi)
6- I like the way you kiss me (Artemas)
7- Rain (Projet Pickford)
8- Robot policier (MR.82)
9- Death of a supernaturalist (Divine comedy)
10- Neighborhood 2 : Laïka (Arcade fire)
11- Let it burn (Goat)
12- Without you my life is boring (The knife)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF :
https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-nuit-du-supernaturaliste-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
dimanche 12 juillet 2026
« Le texte de Pic [de la Mirandole], exemplaire de la Renaissance , fait le départ entre deux états : tant que les hommes n'ont aucune prescience de leur état d'inachèvement, ils restent étroitement soumis à Dieu, mais dès qu'ils accèdent à une forme de conscience de cet état, ils tendent à gagner en libre arbitre. »
On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)
« Les deux temps forts de la dynamique néoténique sont repérés. Premier temps (épiméthéen) : l'homme est inachevé. Deuxième temps (prométhéen) : l'homme s'accomplit. C'est le politique qui donne une mesure, permettant de vivre dans l'harmonie, à cet homme en proie à l'hubris -autrement dit à l'absence de mesure. »
On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)
« Dieu est peut-être mort, mais (qu'on me pardonne) il bande encore...
Le signe de cette étonnante vitalité me semble tout simplement donné par l'attachement inconditionnel que quantité d'humain du IIIe millénaire semblent encore Lui manifester. Plus rien en effet ne permet à bon nombre d'humains vaccinés, informés et scolarisés de croire et pourtant, dans leurs fors intérieurs, nonobstant les définitifs arguments de la raison, ils n'en persistent pas moins dans leurs croyances. »
On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)
samedi 11 juillet 2026
« Qu'on sache pour l'instant que cette théorie [de la néoténie], due à un anatomiste hollandais du nom de Louis Bolk, actuellement soutenue par une grande partie de la recherche paléoanthropologique*, conçoit l'homme comme un être à la naissance prématurée, à la fois incapable d'atteindre son développement germinal complet et cependant capable de se reproduire et de transmettre ses caractères de juvénilité, normalement transitoires chez les autres animaux. Cet animal, non fini, à la différence des autres animaux, doit donc se parachever ailleurs que dans la première nature, dans sa seconde nature, généralement appelée culture. »
On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)
* notamment Stephen Jay Gould
mercredi 8 juillet 2026
Éblouissement des prémisses (75) : Parcellisation
« Puis notre relation intime. Des gros plans de baisers, des selfies avec sa tête sur mon épaule, l'image des clés de notre appartement. Des morceaux de moi : une bouche qui rit, une épaule nue couverte de gouttes d'eau. Rémi aime photographier des patchworks de mon corps. Quand j'arrive à me voir au travers de ses yeux, je suis une autre personne. Belle, désirable, cohérente, unique. Pas le faon aux pattes frêles que j'imagine. »
mardi 7 juillet 2026
PBF 2026.18 : J'étais un enfant triste (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 8 juillet 2026)
Nous retrouvons avec plaisir Michel Batlle, le multi-artiste Michel Batlle pour un nouvel extrait d’Hyperparadis. Aujourd’hui : J’étais un enfant triste. On y retrouvera l’importance du rock’n roll, le sport, le lycée Berthelot, l’école des beaux-arts de Toulouse...
Programmation musicale
1- Fuente y caudal (Paco de Lucia)2
2- Cambios (Cuarteto Cedron)
3- Mechanical man (Frédéric Maintenant / Michel Batlle)
4- Étrangère au paradis (Gloria Lasso)
5- Rock’n roll station (Jac Berrocal / Vince Taylor)
6- Keep a knockin’ (Little Richard)
6- Do you want a dance ? Jac Berrocal
7- Serenata espanola (Joaquim Malats) Sébastien Llinares
8- A galopar (Paco Ibanez)
9- Trad Arbo (DatziraGrain)
+ lecture de J'étais un enfant triste, extrait de Hyperparadis de Michel Batlle, lu par l'auteur
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/j%C3%A9tais-un-enfant-triste-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
dimanche 5 juillet 2026
« Voyez-vous, je vous dis plus encore... beaucoup de prêtres vous auront dit que penser au contact physique avec votre mari, ici dans l'église, est aussi un péché. Ce n'est pas vrai du tout. Parce que si vous pensez à cet acte avec votre mari, même ici à l'église, et en vue de l'acte conjugal qui est permis dans le mariage, ce n'est pas une mauvaise pensée. Pour l'amour de Dieu ! Donc vous, quand vous... êtes au lit avec votre mari, vous ne devez pas vous contraindre à l'accepter passivement, alors que vous le désirez. Pourquoi, qui a dit que la femme ne désire pas l'acte conjugal au même titre que l'homme ? Elle le souhaite parfois beaucoup plus que l'homme, car la femme est beaucoup plus intense dans ses sensations, donc non seulement elle ne doit pas rester passive et consentir simplement à ce que le mari attend,mais au contraire, elle doit manifester son désir par des gestes, des caresses. »
Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)samedi 4 juillet 2026
« Revenons-en donc au pervers, celui de Mandeville, qui ne veut pas spécialement mettre un fétiche en forme de zizi ou de tout ce qu'on voudra sur le sexe des femmes, mais qui veut aussi et surtout posséder des affaires de plus en plus grosses, récolter tous les bénéfices, dominer et instrumentaliser les autres, gouverner avec facilité ou,pour mieux dire, bien manipuler.
Car ce pervers mandevillien, il ne gâche son talent, en s'épuisant dans de vains petits jeux sexuels puisqu'il est capable de voir beaucoup plus loin que le bout de son pénis.Pourquoi en effet s'en tiendrait-il à ses génitoires quand il peut jouir sans limite de toutes la terre et baiser le monde entier ? »
Visionnage domestique toulousain (326)
Anne-Marie Miéville / Jean-Luc Godard (1985)
«
Dès que cette instance qui distribue les récompenses est créée deux classes (au sens non pas social, mais logique du terme) en découlent -autrement dit : deux ensembles. Le petit nombre de ceux qui ne sont pas dupes, et refusent ces récompenses phantasmatiques qui ne sont rien d'autre que du vent, et le grand nombre de ceux qui les acceptent.
D'un côté donc, quelques irréductibles cédant sans cesse à leurs "esprits animaux" (on les appelait au XVIIIe siècle des "scélérats"). De l'autre, une multitude (the others qu'on désignait au XVIIIe siècle sous le nom "d'honnêtes gens") groupant ceux qui présentent la caractéristique d'obéir à la loi contre cette récompense imaginaire (se croire vertueux), quitte à se punir dès qu'ils la transgressent -que ce soit en réalité ou seulement en esprit.
[...]
Or -c'est là où Mandeville va un cran plus loin que Freud -il postule qu'il existe, en plus, une troisième classe. Elle se situe par-delà la division en deux classes séparant ceux qui n'obéissent qu'à leurs désirs animaux de ceux qui obéissent, ou tentent d'obéir à la loi. Ce troisième groupe, faible en nombre, est constitué des pires d'entre les hommes (the very worst of them). On les appellerait aujourd'hui des pervers. Ils ne disent ni "non" à la loi (comme les scélérats de la basse classe), ni "oui" (comme ceux de la classe haute), mais "oui" et "non" - au sens où leur "non" peut vouloir dire "oui" et leur "oui" parfois "non". Ils simulent l'abnégation en parlant comme ceux qui obéissent à la loi et dissimulent leurs désirs insatiables tout en cherchant à les assouvir comme ceux qui désobéissent. Une stratégie qui contribue à leur invisibilisation. »
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (96)
«
Mandeville envisage donc une libération pulsionnelle, sinon généralisée du moins accessible à certains appelés à former cette fameuse "troisième classe" sur laquelle je dois d'autant mieux revenir qu'on en connaît aujourd'hui le discours. Lequel fut révélé,non par Freud, mais par Lacan qui l'a épinglé sous le nom de "discours du capitaliste" : il est caractérisé par le "rejet de la castration en dehors de tous les champs du symbolique". L'incitation à donner libre cours à ses vices privés, énoncée par Mandeville au début du XVIIIe siècle, implique le rejet de toute limite et vise à l'évidence l'entrée dans le monde radieux de la jouissance. Il a fallu attendre Sade et la fin du siècle pour comprendre que la férocité et le destruction caractérisaient ce nouveau monde. »
PBF 2026.17 : A tout corps qui s'éveille poète (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 1er juillet 2026)
N’en déplaisent aux anti-platistes, la place Pinel est –presque- plate et dans tous les sens du terme. C’est ce que démontre avec brio Marius Pinel lors de cette chronique de l’univers place Pinel n°54. Je vous propose de méditer sur cette phrase : « A tout corps qui s’éveille poète »...
Programmation musicale :
1) My man is married but not to me (Camille)
2) Petit matin (Sylvain Lelièvre)
3) Sur mon épaule (Les Cowboys fringants)
4) For sent your yesterday (Count Basie)
5) Feu de vigne (Lise Andréa)
6) Décevoir (Lynda Lemay)
7) Nuit (Fernand Bernadi)
8) Il n’y a rien que je ne suis pas (Arielle Soucy)
9) La voleuse (Anna Prucnal)
10) Sensation (Robert Charlebois)
11) Victoria (Jacque Higelin)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-platitude-de-la-place-pinel-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
« Lacan donne alors du phantasme cette définition : "c'est un arrangement [...] pour parer la carence du désir" (cf. séance du 21 juin 1967). Le phantasme et donc comme une "béquille" qui soutirent le sujet (cf. séance du 21 juin 1967). Une définition qui convient parfaitement à la notion de "récompense imaginaire" au cœur du texte de Mandeville. »
dimanche 28 juin 2026
« Le Seigneur ne nous demande pas l'impossible, que voulez-vous que je vous dise ? Je ne peux pas vous dire plus. Si les moralistes avaient eu une femme, ils n'auraient pas fixé tant de restrictions de la morale. Que voulez-vous que je vous dise moi ? Vous faites pour le mieux, vous essayez de vous améliorer. Nous, quand nous venons nous confesser, nous ne disons pas ce que ces maudites bonnes sœurs nous ont appris... je leur couperais la tête, à toutes, au lieu de les appeler les filles du Christ. Ces maudites bonnes sœurs. Car elles disent "nous avons la ferme intention de ne plus le faire", au lieu de promettre de vouloir s'améliorer. Parce qu'on dit aux enfants "Ne le fais plus" (il imite une voix d'enfant). Et aussitôt après, ils recommencent. Essayons au contraire de nous améliorer en quelque chose, d'améliorer notre situation. »
Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)« On dit parfois que le fétichisme de l'argent est une conséquence du "fétichisme de la marchandise" que Marx expose dans le livre I du Capital. Or, ma lecture de Mandeville me conduirait plutôt vers une hypothèse inverse : le fétichisme de la marchandise n'est qu'un effet découlant du fétichisme central pour l'argent -objet magique à l'origine même du capitalisme puisqu'il permet de tout acheter, tout en pouvant se dissimuler et s'auto-engendrer ("l'argent pond de l'argent", ou "l'argent fait des petits", disait Marx). Je veux dire que c'est du super-fétichisme pour l'argent, relevant de la perversion, mis en œuvre par le capitalisme, que se déduisent tous les fétiches dérivés qui peuvent s'exprimer en telle ou telle marchandise, allant de la petite culotte ou des zizis en plastique et des bottines usagées, à tous les objets de la consommation qu'on voudra. »
Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)
« On ne peut pas dire qu'avec les idées qui sont dans ta tête, tu puisses être considérée comme un petit ange ! Mais je ne t'en veux pas... Ton assurance en certaines choses me heurte. Tu es en état de péché et tu prétends ne pas l'être. Ma chère, tu peux faire ce que tu veux et quand tu le veux avec ton fiancé, mais tu ne peux pas prétendre le faire avec la bénédiction divine. »
Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)« Le fait est que moi, je ne suis pas convaincue d'avoir péché, voilà. Mon fiancé et moi, nous nous aimons, nous avons l'intention de nous marier et nous voulons nous rendre compte si à notre amour s'ajoute une harmonie sexuelle qui nous garantisse une union durable. »
Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)vendredi 26 juin 2026
PBF 2026.16 : L'embuscade et la gentille vache (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 24 juin 2026)
Programmation musicale :
Emmène-moi (Vicky Léandros)
Caroline, Caroline (Guy Béart)
C’est ça le rugby (Frères Jacques)
Masques et bergamasques Ouverture (Gabriel Fauré) Orchestre du Capitole de Toulouse / Michel Plasson
Masques et bergamasques Pastorale (Gabriel Fauré) Orchestre du Capitole de Toulouse / Michel Plasson
La Cumparsita (Yvette Horner)
Baiser tout le temps (Alex Beaupain)
Tu ne dis jamais rien (Léo Ferré)
Les cheveux blancs (Les Cowboys fringants)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/lembuscade-et-la-gentille-vache-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
mardi 23 juin 2026
dimanche 21 juin 2026
« En ce qui me concerne, les sentiments que sa présence éveillait en moi étaient vraiment extraordinaires. J'avais beau penser que j'assistais à la mort d'un ami, je ne ressentais pas de pitié ; car il me semblait heureux, Echécrate, à en juger par sa manière d'être et ses discours, tant il montrait d'intrépidité et de bravoure devant la mort, si bien que je me prenais à penser que, même en allant chez Hadès, il y allait avec la faveur des dieux et qu'arrivé là-bas, il y serait heureux autant qu'on peut l'être. Voilà pourquoi, je ne me sentais pas du tout ému, comme il est naturel qu'on le soit, quand on assiste à une scène de deuil. »
Phédon. Platon. Garnier Flammarion (1965)
samedi 20 juin 2026
vendredi 19 juin 2026
Musique à Toulouse (29) avec Louloute au Capitole, Toulouse (27 mai 2026)
jeudi 18 juin 2026
Visionnage domestique toulousain (325)
« Alain Bosquet : Salvador, nous venons de perdre deux minutes entières à retourner la bande du magnétophone. La France est un pays techniquement arriéré. Comme vous dites, la mécanique est une chose dont le clitoris est toujours enfoui très loin. Nous reparlions une fois de plus de vos visites au Bus Palladium, et vous avez eu cette définition amusante : "La partouze est un camp de concentration où l'on s'entretue." Vous avez même créé un néologisme ; vous disiez que l'on s'entremourait. »
Entretiens avec Salvador Dali. Alain Bosquet. Éditions Pierre Belfond (1966)« Alain Bosquet : Vous êtes encore retourné dans une cave de jeunes pour voir des déhanchements épileptiques, dont vous prétendez qu'ils servent à se débarrasser du sexe ?
Salvador Dali : Oui ce sont des épaves exaltées, et des archanges.»
Entretiens avec Salvador Dali. Alain Bosquet. Éditions Pierre Belfond (1966)
mardi 9 juin 2026
PBF 2026.15 : espace acousmatique participatif (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 2 juin 2026 en direct)
DirectLive avec Percipient / Jean-François Magre
Percipient / Jean-François Magre a fait honneur à la Petite Boutique Fantasque en interprétant en direct 4 morceaux :
1) Danse aux os
2) Dialogue avec dictaphone
6) Bongoloïd ferox
4) La maison de la mer
+ lecture de Heures oubliables / inoubliables de Jean-François Magre / Percipient,
+ lecture de Précis analytique de correspondance commerciale d'Albert Holveck (1957)
+ lecture du fabliau du Moyen-âge La couverture sur lequel le musicien a improvisé.
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/espace-acousmatique-participatif-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
samedi 6 juin 2026
lundi 1 juin 2026
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (95)
samedi 30 mai 2026
Visionnage domestique toulousain (320)
« Et quand je parvenais enfin à l'oublier pour quelques heures -à parler avec des amis, à écouter ou à faire de la musique.- soudain fondait sur moi, comme un remords la douleur de m'être laissé aller à me divertir, à perdre un instant le souvenir de son absence. Comme un dévot exigeant, passionné de son Dieu, se tiendrait à lui-même grief de s'être un instant détourné de la face de la divinité unique pour regarder le soleil, un arbre, les ébats innocents d'un jeune chat. Quelque chose empoisonnait toute ma vie, et donnait à toutes mes activités une tournure dérisoire : et c'était moins le fait qu'elle n'y participait pas que la crainte de les avoir entreprises par diversion. Pour finir, par un sophisme pervers, je crus découvrir dans cette réduction du monde à une image insaisissable, une mystique nouvelle, une éthique, une théologie. Les calculs retors et probablement inconscient de sa vengeance m'ouvraient donc la voie de l'ascèse et du renoncement : il arrive qu'on soit entraîné au dépassement de soi-même par une erreur de jugement sur la personne qu'on admire, qu'on croit héroïque ou simplement grande, et qui n'est qu'insouciante. »
Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)
Godard : biographie. Antoine de Baecque. Bernard Grasset (2010)
« 3 avril
Anne sur le canapé, le livre posé sur ses genoux relevés ; je me suis approché, j'ai passé mon bras derrière elle, ses seins étaient libres sous son corsage, et j'ai saisi doucement sa peau entre mes lèvres, puis la pointe de son sein. elle ne bougeait pas ; ma main descendit vers on ventre, et je le caressai vivement. Son plaisir fut rapide et violent, elle s'était rejetée en arrière, et je l'embrassai dans le cou ; puis je sentis qu'elle me défaisait et je vins contre ses cuisses nues, et c'était véritablement de l'amour. »
Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)
dimanche 24 mai 2026
Regard retrospectif sur une vie
« 29 mars
Mon passé, ma vie, mon corps, les amis, mes parents, la vie de F., celle de Kaerner : comme une architecture aux styles mêlés, sans aucun désordre pourtant, mais une nécessité absolue dans son ordonnance. Et des colonnes anciennes y sont prises, comme à Rome, dans les arcades de murs récents.
Je
suis désormais comme un architecte qu'on aurait chargé de restaurer un
palais, et qui découvrirait derrière les murailles, des pièces, des escaliers secrets, des passages que les propriétaires n'avaient jamais soupçonnés.
La part du quotidien s'estompe : plus forte et mieux exercée, ma mémoire sait maintenant se tourner vers des zones obscures. Patient travailleur de moi-même, j'ai donné congé à toutes les autres occupations, je n'ai plus le temps que pour cette œuvre baroque, ce palais de pierres rassemblées au cours de mes promenades dans le temps. Je fouille et je bâtis : je dresse des plans que je ne suis pas, des cartes qu'une nouvelle découverte me fait modifier chaque jour. Je dresse des étais, j'écarte des déblais, je cimente, je mure, et de nouvelles brèches s'ouvrent, il me faut recommencer. L'énormité de la tâche ne me rebute pas : un temps viendra, je le sais, où le présent, le passé et l'avenir seront confondus dans un même mouvement puissant dont je ne serai plus exclu. »
Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)
Confiance
« [...] lorsque j'eus tout-à-fait cessé de souffrir de l'amour que m'inspirait Béatrice, il m'arriva d'entendre qu'elle avait autrefois beaucoup fréquent Un tel, et connu tel autre dans les périodes les plus vives de mon amour pour elle. Et je me disais d'abord avec soulagement : comme j'aurais souffert d'apprendre cela quelques mois plus tôt -comme c'est bien d'être guéri et de pouvoir entendre cela sans un affreux serrement de cœur. Or c'était une illusion : car si j'avais appris cette nouvelle au plus fort de ma passion, et cela s'était sans doute produit sans que j'en aie gardé le souvenir, l'amour menacé, comme un poisson aveugle au fond de son creux de roche, aurait aussitôt enveloppé l'ennemi du puissant jet d'encre d'une explication rassurante, afin d'en dissoudre les aspérités, et de rendre à cette rencontre, ou tel dîner dont on m'avait parlé, sinon anodin, du moins explicable. Car ce n'est pas seulement à la jalousie que je suis particulièrement sujet : c'est à une forme extraordinaire de la capacité de se rassurer, de se faire illusion, de nier les évidences les plus criantes et les faits les mieux avérés. Ainsi, loin de souffrir, j'aurais échafaudé des arguments, parfois contradictoires contre toute vraisemblance. En y songeant bien, c'était aujourd'hui que "je ne l'aimais plus" que je souffrais, car l'amour n'était plus là pour déposer autour du fait gênant sa gomme protectrice, je découvrais dans toute leur nudité et dans toute leur horreur les preuves que Béatrice ne m'aimait pas ou du moins qu'elle en aimait d'autres dans le même moment que moi. »
Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)
Visionnage domestique toulousain (315)
Godard : biographie. Antoine de Baecque. Bernard Grasset (2010)
* plutôt de vendeuse...
samedi 23 mai 2026
Visionnage domestique toulousain (314)
Dans sa forme le Gai Savoir prolonge et développe La Chinoise : c'est un film "tableau noir" où l'écriture de Godard lui-même est omniprésente -sa graphie, ses esquisses, sa géométrie- et recouvre en les commentant des images, souvent des photographies, parfois des dessins, ou encore des collages, généralement pris dans des magazines, des reportages, des publicités. Le verbe godardien, avec son art de la formule, du jeu de mots -mais aussi des slogans tout prêts ou ses associations parfois un peu faciles-, piège les images ou les phrases creuses de la consommation, de la bienséance, du cliché. "Culture République Silence" sur le visage de Malraux ; "Les rois de l'impérialisme" sur la publicité pour une cuisine toute équipée. Par son ton, c'est un film didactique, qui prend le langage au sérieux, mais il est encore étrangement primesautier : il y a beaucoup d'humour dans les dialogues échangés, surtout chez Léaud, indécrottablement potache (même un peu dragueur) tandis que Patricia est plus froide, vaillante, en colère, puisque c'est elle, femme opprimée, qui assume pleinement le comportement et la langue révolutionnaires. Léaud et Berto chacun dans son registre, sont bons, et Godard a aimé les diriger. »
































