samedi 1 août 2026

« Pour ma part, je choisirai en “gentleman” -un rôle de composition, faut-il le dire, dans lequel, comme le disait Borges, on défend de préférence les causes perdues d'avance. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (28)

 

 
Son admirable conservation composait une intrigue conceptuelle

« On en vient, du coup, à croire que l'art est régi par une fin, celle du plaisir du spectateur. Or, je rappelle simplement à cet égard que, dans toute la tradition occidentale, au moins d'après le traité de Longinus (selon les sources, auteur grec du IIIe siècle avant J.-C. ou anonyme dit le “Pseudo-Longin” de la fin du Ier siècle), le Péri hupsous (Du sublime, traduit en 1674 par Boileau) jusqu'à Benjamin, en passant par Burke et par Kant, l'art fut d'abord accordé à la recherche du “sublime” qui ne renvoie pas au plaisir de contempler le “beau”, c'est-à-dire l'harmonieux qui consonne avec ses états d'âme, mais au fait de se trouver devant un absolu. L'art avait en effet pour finalité de représenter, ou plutôt de donner à penser, à imaginer, ce qui ne pouvait être représenté : l'infini, l'illimité, l'éternel, le démesuré, une pure Idée...Bien loin de faire plaisir au destinataire, il pouvait provoquer un dérèglement des facultés ouvrant sur les plus extrêmes tensions -d’exaltation ou d'effroi. Le retour au simple plaisir du spectateur ne peut évidemment que défaire le sublime, c'est-à-dire le pathos du sublime dans l'art, qui faisait toujours événement, au sens fort du terme [...]. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (97)

 
« La confusion idéologique fondamentale entre la femme et la sexualité [...] prend aujourd'hui seulement toute son ampleur, puisque la femme, jadis asservie en tant que sexe, est aujourd'hui libérée en tant que sexe. [...] Les femmes, les jeunes, le corps, dont l’émergence après des millénaires de servitude et d'oubli constitue en effet la virtualité la plus révolutionnaire, et donc le risque le plus fondamental pour quelque ordre établi que ce soit -sont intégrés et récupérés comme “mythe d'émancipation”. On donne à consommer de la Femme aux femmes, des Jeunes aux jeunes, et, dans cette émancipation formelle et narcissique, on réussit à conjurer leur libération réelle. »
 
La société de consommation  : ses mythes, ses structures. Jean Beaudrillard. Gallimard, Folio (1986)
 
photographie de Dany Carrel

« Lire à cet égard, le jubilatoire pamphlet d'Annie Le Brun, Du trop de réalité (Paris, Stock, 2000) où l'auteur dénonce dans le tout culturel contemporain le fait de systématiquement mettre sur le même plan “productions mineures et gestes essentiels . Ce qui se solde par l'exclusion de toute “négativité” et par l'apparition d'un “totalitarisme de l’inconsistance où tout n'est pas seulement l'équivalent de tout mais où rien n'existe s'il n'est l'équivalent de tout et réciproquement ”, cf p. 134. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

« J'ai à parler, c'est vague. J'ai à parler, n'ayant rien à dire, rien que des paroles des autres. Ne sachant pas parler, ne voulant pas parler, j'ai à parler. »

L'Innommable. Samuel Beckett. Editions de Minuit (1953)

Visionnage domestique toulousain (337)

 

 
Jeanne : les batailles. Jacques Rivette (1994)

« En 1995*, 500 décideurs politiques et économiques de très haut niveau se réunirent pour trouver des solutions à la question de la gouvernabilité des 80% d'humanité surnuméraire par rapport aux besoins de l'économie néolibérale : la solution retenue fut celle de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et fondateur de la [commission] Trilatérale : le tittytainement consiste à fournir un “cocktail de divertissement abrutissant et d'alimentation suffisante permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète”. Voir Hans-Peter Martin et Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Arles, Solin - Actes sud (1997), p13. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

* du 27 septembre au 1er octobre 1995, à l'hôtel Fairmont de San Francisco s'est tenu le premier State Of The World Forum

lundi 27 juillet 2026

Visionnage domestique toulousain (335)

 
Melancholia. Lars von Trier (2011)


 

Visionnage domestique toulousain (334)

 

 
Qui êtes-vous Polly Maggoo ? William Klein (1966)

Quel film précurseur ! Et radical dans sa satire de la mode, de la télé et des contes de fées ! Aurait-on encore un regard aussi extérieur ?

jeudi 23 juillet 2026

Récapitulatif PBF

Émissions spéciales de la Petite Boutique Fantasque 
(été 2026)

Le principe était simple, le résultat étonnant. Demander aux auditeurs et collaborateurs de l'émission de nous proposer un ou deux morceaux de rock ou de pop qu'ils souhaiteraient entendre sur les ondes cet été. Il ne nous restait qu'à les assembler intelligemment en deux programmes qui se sont révélés surprenants. Faut dire que les propositions viennent de toute la France ainsi que des Pays-bas, de la Suède et et du Québec...
 
 
Propositions goûteuses première partie : La nuit du supernaturaliste
 
Programmation musicale :
1- Dadada (Trio)
2- It’s so hard (Electrophönvintage)
3- Le jour se lève (Aure)
4- Pas cette nuit (Romain Bouteille) extrait du Graphique de Boscop
5- Quand retombe la nuit (Fernand Bernadi)
6- I like the way you kiss me (Artemas)
7- Rain (Projet Pickford)
8- Robot policier (MR.82)
9- Death of a supernaturalist (Divine comedy)
10-  Neighborhood 2 : Laïka (Arcade fire)
11-  Let it burn (Goat)
12- Without you my life is boring (The knife)
 
 
 
Propositions goûteuses seconde partie :  Le retour de Jacques dans les ruines
 
Programmation musicale :
1- Advice for young mothers to be (The veils)
2- Man made of meat (Viagra boys)
3- Modern ruin (Franck Carter and the rattle snakes)
4- Révolution calling (Queensrÿche)
5) Slingshot (Ripé)
6- Ostkreuz (Twin noir)
7- Undivided (Adelitas)
8- Versus (Machinae supremacy) 
9- Song for a nun (Elysian fields)
10- Neither yield nor reap (Briseglace)
11- Jacques revient de la pêche (Chocolat Billy)
12- Way down we go (Kaleo) 
 
Podcast : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-retour-de-jacques-dans-les-ruines-la-petite-boutique-fantasque/

Le chapeau en néon de Gustav ne parvenait clairement pas à impressionner Thelma

 

 
Glen Baxter

« Globalement, quant à l'habit, on pourrait dire que les femmes s'habillent pour voiler (et donc à l'occasion dévoiler) leur corps nu. L'habit féminin est donc un voile qui constitue le corps féminin comme tel. Autrement dit sans voile, il n'y a pas vraiment de corps féminin. Il y a peut-être de la chair -mais rien de plus. De la même façon, on pourrait dire que les hommes s'habillent pour montrer ce qu'ils n'ont pas. Une puissance. Un pouvoir. L'habit masculin est un apparat, il est fait pour la parade. On s'enrubanne, on s'enturbanne, on s'emplume, on s'emperruque, non pour voiler un corps nu, mais pour le rehausser, pour l'ennoblir, pour le déguiser, pour lui faire jouer une fonction, jusques et y compris au sens politique du terme. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (27)

 

 
La sonnerie rugueuse de son charme claironnait sa fausseté et ses cavités

Prouver l'existence de Dieu

« La dernière tentative en ce sens remonte à Kant. Il s'était retrouvé face à trois preuves que je rappelle brièvement :
- La preuve cosmologique, selon laquelle le monde comme objet en mouvement suppose des moteurs, eux-mêmes mus par d'autres moteurs, de sorte que d'objets mus en moteurs et de moteurs en objets mus, tout repose sur la nécessité d'un premier moteur, immobile, comme suprême cause (Aristote, Avicenne, Maimonide, Thomas d'Aquin...)*.
- La preuve ontologique, selon laquelle l'existence de Dieu se déduit de son idée : la définition est parfaite, donc il existe -s'il n'existait pas, sa définition serait imparfaite (Anselme de Cantorbéry, Descartes, Leibniz...).
- Enfin, la preuve physico-théologique, selon laquelle l'ordre, la beauté et la complétude du monde ne peuvent être le fruit du hasard et suffisent à prouver l'existence de Dieu (Platon, Aristote, les néoplatoniciens, Augustin, Anselme de Cantorbéry, Thomas d'Aquin, Descartes, Bossuet,Voltaire...).

[...]

Après avoir récusé ces preuves classiques de l'existence de Dieu, Kant indique que la réalité du mal n'est pas une raison pour douter de Dieu , bien au contraire : c'est une preuve supplémentaire. Dieu a en effet permis le mal pour que l'homme puisse choisir librement le bien. L'obligation morale qui nous habite constitue donc en dernier lieu la preuve d'une intervention qui représente en nous la voix de Dieu. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

* L'artisanat du Grand Horloger

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (26)

 

 
Son plan était l'absence visible d'équilibre

mercredi 22 juillet 2026

« La question qui reste à résoudre pour l'homme est donc la suivante : si les loups, qui vivaient en meute, se sont prêtés au jeu de dupe de la substitution du mâle dominant et sont devenus par ce tour de passe-passe de vulgaires chiens, sous quel substitut de mâle dominant sont eux-mêmes tombés les néotènes humains. De qui sont-ils devenus la dupe en se néoténisant ?
La question est légitime : le moindre souci d'éthologie comparée oblige en effet à se demander pourquoi homo sapiens sapiens, avec son passé grégaire, aurait pu se passer de la dominance tandis que canis lupus y succombait inévitablement. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Visionnage domestique toulousain (333)

 

Mister Freedom. William Klein (1969)

« La Physis (ou Phusis) réfère à ces nombreuses forces de la nature nommées par des noms propres dans le polythéisme grec. Les travaux de Jean-Pierre Vernant ont permis de comprendre que ce qui préside au destin de chaque petit sujet, ce n'est pas une force unique, mais un ensemble de forces contradictoires infiniment diverses, dont chacune peut éventuellement suivre sa logique propre. Mais cette multiplicité, parce qu'elle constitue un ensemble distinct du monde des hommes, avec des généalogies, ses théogonies et ses cosmogonies, mérite bien le nom de religion. Les dieux grecs résident en effet dans un au-delà marqué par une coupure irréparable : les hommes sont mortels et les dieux, immortels. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Visionnage domestique toulousain (332)

 

 
La mariée était en noir. François Truffaut (1968)

« Il s'agit bien d'une religion [la religion grecque] et même d'une religion impitoyable, comme en témoigne parfaitement la notion de "tragique" chez les anciens Grecs. Le tragique (du grec tragôidia, composé de tragos "bouc" et ôidê "chant", littéralement "chant du bouc", l'animal émissaire conduit à l'immolation aux dieux) découle précisément de cette conception religieuse d'un monde déchiré par des forces occultes en conflit, intervenant sans cesse dans le monde humain : "Le destin, comme le dit Vernant, à propos de l'homme grec, est ambigu et opaque." Aucun plan ne recoupe l'autre de sorte que le petit sujet est toujours déchiré et dépassé par des forces contradictoires dont il doit sans cesse interpréter les visées sans vraiment le pouvoir, au point de ne plus pouvoir ni agir, ni pas agir. De toute façon, en aucun cas, il ne peut échapper au destin illisible qui l'attend. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

mardi 21 juillet 2026

Visionnage domestique toulousain (331)

 

 
Caïman. Nanni Moretti (2006)

PBF 2026.20 : Le retour de Jacques dans les ruines (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 22 juillet 2026)

 

 
Propositions goûteuses d’auditeurs et collaborateurs de la PBF, seconde partie : 
 Le retour de Jacques dans les ruines

 
Principe simple, résultat étonnant : demander à ceux qui sont proches de l’émission de me proposer un ou deux morceaux de rock ou pop et les assembler intelligemment en un programme surprenant. La tonalité de cette émission est un peu plus rock que la précédente !

Programmation musicale :
1- Advice for young mothers to be (The veils)
2- Man made of meat (Viagra boys)
3- Modern ruin (Franck Carter and the rattle snakes)
4- Révolution calling (Queensrÿche) 5) Slingshot (Ripé)
6- Ostkreuz (Twin noir)
7- Undivided (Adelitas)
 8- Versus (Machinae supremacy)
 9- Song for a nun (Elysian fields)
10- Neither yield nor reap (Briseglace)
11- Jacques revient de la pêche (Chocolat Billy)
 12- Way down we go (Kaleo)

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-retour-de-jacques-dans-les-ruines-la-petite-boutique-fantasque/

 Sus aux Philistins !



mercredi 15 juillet 2026

« Il y en avait beaucoup plus que je ne l'aurais pensé. La petite mer qui investissait mes globes oculaires était agitée, comme en quête de nouveaux territoires à conquérir. Je remarquai plus de spermatozoïdes anormaux que de normaux. Les anormaux étaient plus complexes et plus élégants, agrémentés d'une bonne dizaine de flagelles.
- Ce n'est pas drôle, lui objectais-je. Les spermatozoïdes normaux n'ont qu'une ficelle et leur forme est trop discrète, on ne les remarque pas.
- Je te l'ai déjà dit, non ? Les choses correctes n'ont rien en trop. Plus on a de superflu, plus on s'affaiblit rapidement.  »

Le musée du silence. Yôko Ogawa. Actes sud (2005)

mardi 14 juillet 2026

PBF 2026.19 : La nuit du supernaturaliste (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 15 juillet 2026)

 

 
Propositions goûteuses d’auditeurs et collaborateurs de la PBF. 
 Première partie : La nuit du super naturaliste


Principe simple, résultat étonnant : demander à ceux qui sont proches de l’émission de me proposer un ou deux morceaux de rock ou pop et les assembler intelligemment en un programme surprenant. Faut dire que les propositions viennent de toute la France ainsi que des Pays-bas, de la Suède et et du Québec.
 

Programmation musicale :
1- Dadada (Trio)
2- It’s so hard (Electrophönvintage)
3- Le jour se lève (Aure)
4- Pas cette nuit (Romain Bouteille) extrait du Graphique de Boscop
5- Quand retombe la nuit (Fernand Bernadi)
6- I like the way you kiss me (Artemas)
7- Rain (Projet Pickford)
8- Robot policier (MR.82)
9- Death of a supernaturalist (Divine comedy)
10-  Neighborhood 2 : Laïka (Arcade fire)
11-  Let it burn (Goat)
12- Without you my life is boring (The knife)


Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : 

https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-nuit-du-supernaturaliste-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

dimanche 12 juillet 2026

« Le texte de Pic [de la Mirandole], exemplaire de la Renaissance , fait le départ entre deux états : tant que les hommes n'ont aucune prescience de leur état d'inachèvement, ils restent étroitement soumis à Dieu, mais dès qu'ils accèdent à une forme de conscience de cet état, ils tendent à gagner en libre arbitre. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Visionnage domestique toulousain (329)

 

 
Loulou. Georg Wilhelm Pabst (1929)

« Les deux temps forts de la dynamique néoténique sont repérés. Premier temps (épiméthéen) : l'homme est inachevé. Deuxième temps (prométhéen) : l'homme s'accomplit. C'est le politique qui donne une mesure, permettant de vivre dans l'harmonie, à cet homme  en proie à l'hubris -autrement dit à l'absence de mesure. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (25)

 

 
Elle va secourir l'armée en miettes de l'adjuvant

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (24)

 

 
La forme de l'épée avait une histoire secrète avec sa cicatrice

« Dieu est peut-être mort, mais (qu'on me pardonne) il bande encore...
Le signe de cette étonnante vitalité me semble tout simplement donné par l'attachement inconditionnel  que quantité d'humain du IIIe millénaire semblent encore Lui manifester. Plus rien en effet ne permet à bon nombre d'humains vaccinés, informés et scolarisés de croire et pourtant, dans leurs fors intérieurs, nonobstant les définitifs arguments de la raison, ils n'en persistent pas moins dans leurs croyances. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (23)

 

 
Rentrant en elle-même, prudente, elle se meut dans l'indéterminé

samedi 11 juillet 2026

« Qu'on sache pour l'instant que cette théorie [de la néoténie], due à un anatomiste hollandais du nom de Louis Bolk, actuellement soutenue par une grande partie de la recherche paléoanthropologique*, conçoit l'homme comme un être à la naissance prématurée, à la fois incapable d'atteindre son développement germinal complet et cependant capable de se reproduire et de transmettre ses caractères de juvénilité, normalement transitoires chez les autres animaux. Cet animal, non fini, à la différence des autres animaux, doit donc se parachever ailleurs que dans la première nature, dans sa seconde nature, généralement appelée culture. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

* notamment Stephen Jay Gould

mercredi 8 juillet 2026

Couverture de livres (8)


 


Le signifiant imaginaire. Christian Metz. 10/18

Éblouissement des prémisses (75) : Parcellisation

« Puis notre relation intime. Des gros plans de baisers, des selfies avec sa tête sur mon épaule, l'image des clés de notre appartement. Des morceaux de moi : une bouche qui rit, une épaule nue couverte de gouttes d'eau.  Rémi aime photographier des patchworks de mon corps. Quand j'arrive à me voir au travers de ses yeux, je suis une autre personne. Belle, désirable, cohérente, unique. Pas le faon aux pattes frêles que j'imagine. »

mardi 7 juillet 2026

Visionnage domestique toulousain (328)

 

 
Vladimir et RosaGroupe Dziga Vertov (1970)

Couverture de livres

 
 Écrire le cinéma : le temps et l'espace d'un film. Josette Sultan. Bordas pédagogie (1981)

PBF 2026.18 : J'étais un enfant triste (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 8 juillet 2026)

 

 
Chronique hyperparadisiaque 3 : J’étais un enfant triste


Nous retrouvons avec plaisir Michel Batlle, le multi-artiste Michel Batlle pour un nouvel extrait d’Hyperparadis. Aujourd’hui : J’étais un enfant triste. On y retrouvera l’importance du rock’n roll, le sport, le lycée Berthelot, l’école des beaux-arts de Toulouse...


Programmation musicale

1- Fuente y caudal (Paco de Lucia)2
2- Cambios (Cuarteto Cedron)
3- Mechanical man (Frédéric Maintenant / Michel Batlle)
4- Étrangère au paradis (Gloria Lasso)
5- Rock’n roll station (Jac Berrocal / Vince Taylor)
6- Keep a knockin’ (Little Richard)
6- Do you want a dance ? Jac Berrocal
7- Serenata espanola (Joaquim Malats) Sébastien Llinares
8- A galopar (Paco Ibanez)
9- Trad Arbo (DatziraGrain)

+ lecture de J'étais un enfant triste, extrait de Hyperparadis de Michel Batlle, lu par l'auteur

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/j%C3%A9tais-un-enfant-triste-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

dimanche 5 juillet 2026

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (22)

 

Merveilleusement prévisible, son espace intérieur est un luxe

« Voyez-vous, je vous dis plus encore... beaucoup de prêtres vous auront dit que penser au contact physique avec votre mari, ici dans l'église, est aussi un péché. Ce n'est pas vrai du tout. Parce que si vous pensez à cet acte avec votre mari, même ici à l'église, et en vue de l'acte conjugal qui est permis dans le mariage, ce n'est pas une mauvaise pensée. Pour l'amour de Dieu ! Donc vous, quand vous... êtes au lit avec votre mari, vous ne devez pas vous contraindre à l'accepter passivement, alors que vous le désirez. Pourquoi, qui a dit que la femme ne désire pas l'acte conjugal au même titre que l'homme ? Elle le souhaite parfois beaucoup plus que l'homme, car la femme est beaucoup plus intense dans ses sensations, donc non seulement elle ne doit pas rester passive et consentir simplement à ce que le mari attend,mais au contraire, elle doit manifester son désir par des gestes, des caresses. »

Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)

samedi 4 juillet 2026

Visionnage domestique toulousain (327)

 

Daaaaaalí ! Quentin Dupieux (2023)

« Revenons-en donc au pervers, celui de Mandeville, qui ne veut pas spécialement mettre un fétiche en forme de zizi ou de tout ce qu'on voudra sur le sexe des femmes, mais qui veut aussi et surtout posséder des affaires de plus en plus grosses, récolter tous les bénéfices, dominer et instrumentaliser les autres, gouverner avec facilité ou,pour mieux dire, bien manipuler.
Car ce pervers mandevillien, il ne gâche son talent, en s'épuisant dans de vains petits jeux sexuels puisqu'il est capable de voir beaucoup plus loin que le bout de son pénis.Pourquoi en effet s'en tiendrait-il à ses génitoires quand il peut jouir sans limite de toutes la terre et baiser le monde entier ? »

 Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)

Visionnage domestique toulousain (326)

 

 
Soft and hard : Soft talk on a hard subject between two friends.
Anne-Marie Miéville / Jean-Luc Godard (1985)

« Dès que cette instance qui distribue les récompenses est créée deux classes (au sens non pas social, mais logique du terme) en découlent -autrement dit : deux ensembles. Le petit nombre de ceux qui ne sont pas dupes, et refusent ces récompenses phantasmatiques qui ne sont rien d'autre que du vent, et le grand nombre de ceux qui les acceptent. 
D'un côté donc, quelques irréductibles cédant sans cesse à leurs "esprits animaux" (on les appelait au XVIIIe siècle des "scélérats"). De l'autre, une multitude (the others qu'on désignait au XVIIIe siècle sous le nom "d'honnêtes gens") groupant ceux qui présentent la caractéristique d'obéir à la loi contre cette récompense imaginaire (se croire vertueux), quitte à se punir dès qu'ils la transgressent -que ce soit en réalité ou seulement en esprit.

[...]

Or -c'est là où Mandeville va un cran plus loin que Freud -il postule qu'il existe, en plus, une troisième classe. Elle se situe par-delà la division en deux classes séparant ceux qui n'obéissent qu'à leurs désirs animaux de ceux qui obéissent, ou tentent d'obéir à la loi. Ce troisième groupe, faible en nombre, est constitué des pires d'entre les hommes (the very worst of them). On les appellerait aujourd'hui des pervers. Ils ne disent ni "non" à la loi (comme les scélérats de la basse classe), ni "oui" (comme ceux de la classe haute), mais "oui" et "non" - au sens où leur "non" peut vouloir dire "oui" et leur "oui" parfois "non". Ils simulent l'abnégation en parlant comme ceux qui obéissent à la loi et dissimulent leurs désirs insatiables tout en cherchant à les assouvir comme ceux qui désobéissent. Une stratégie qui contribue à leur invisibilisation. »

 Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (96)

 


« La "beauté" de la Jeune-Fille n'est jamais une beauté particulière, ou qui lui serait propre. Elle est au contraire une beauté sans contenu, une beauté absolue et libre de toute personnalité. La "beauté" de la Jeune-Fille n'est que la forme du néant, la forme d'apparition attachée à la Jeune-Fille. Et c'est pourquoi celle-ci peut sans s'étouffer parler de "la" beauté, car la sienne n'est jamais l'expression d'une singularité substantielle, mais une pure et fantomatique objectivité. »
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 
photographie de Michelle Phillips

Les relations père-fils ou rangement dans des dossiers


 Chez Jibé : trunks-du-futur-trauma

« Mandeville envisage donc une libération pulsionnelle, sinon généralisée du moins accessible à certains appelés à former cette fameuse "troisième classe" sur laquelle je dois d'autant mieux revenir qu'on en connaît aujourd'hui le discours. Lequel fut révélé,non par Freud, mais par Lacan qui l'a épinglé sous le nom de "discours du capitaliste" : il est caractérisé par le "rejet de la castration en dehors de tous les champs du symbolique". L'incitation à donner libre cours à ses vices privés, énoncée par Mandeville au début du XVIIIe siècle, implique le rejet de toute limite et vise à l'évidence l'entrée dans le monde radieux de la jouissance. Il a fallu attendre Sade et la fin du siècle pour comprendre que la férocité et le destruction caractérisaient  ce nouveau monde. »

 Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)

PBF 2026.17 : A tout corps qui s'éveille poète (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 1er juillet 2026)

 

Chronique de l'univers place Pinel 54 : La platitude de la place Pinel 
ou la placitude de la plate Pinel

N’en déplaisent aux anti-platistes, la place Pinel est –presque- plate et dans tous les sens du terme. C’est ce que démontre avec brio Marius Pinel lors de cette chronique de l’univers place Pinel n°54. Je vous propose de méditer sur cette phrase : « A tout corps qui s’éveille poète »...

 

Programmation musicale :

1)    My man is married but not to me (Camille)
2)    Petit matin (Sylvain Lelièvre)
3)    Sur mon épaule (Les Cowboys fringants)
4)    For sent your yesterday (Count Basie)
5)    Feu de vigne (Lise Andréa) 
6)    Décevoir (Lynda Lemay)
7)    Nuit (Fernand Bernadi)
8)    Il n’y a rien que je ne suis pas (Arielle Soucy)
9)    La voleuse (Anna  Prucnal)
10)    Sensation (Robert Charlebois)
11)    Victoria (Jacque Higelin)

 

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-platitude-de-la-place-pinel-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

« Lacan donne alors du phantasme cette définition : "c'est un arrangement [...] pour parer la carence du désir" (cf. séance du 21 juin 1967). Le phantasme et donc comme une "béquille" qui soutirent le sujet (cf. séance du 21 juin 1967). Une définition qui convient parfaitement à la notion de "récompense imaginaire" au cœur du texte de Mandeville.  »

 Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)

dimanche 28 juin 2026

« Le Seigneur ne nous demande pas l'impossible, que voulez-vous que je vous dise ? Je ne peux pas vous dire plus. Si les moralistes avaient eu une femme, ils n'auraient pas fixé tant de restrictions de la morale. Que voulez-vous que je vous dise moi ? Vous faites pour le mieux, vous essayez de vous améliorer. Nous, quand nous venons nous confesser, nous ne disons pas ce que ces maudites bonnes sœurs nous ont appris... je leur couperais la tête, à toutes, au lieu de les appeler les filles du Christ. Ces maudites bonnes sœurs. Car elles disent "nous avons la ferme intention de ne plus le faire", au lieu de promettre de vouloir s'améliorer. Parce qu'on dit aux enfants "Ne le fais plus" (il imite une voix d'enfant). Et aussitôt après, ils recommencent. Essayons au contraire de nous améliorer en quelque chose, d'améliorer notre situation. »

Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)

« On dit parfois que le fétichisme de l'argent est une conséquence du "fétichisme de la marchandise" que Marx expose dans le livre I du Capital. Or, ma lecture de Mandeville me conduirait plutôt vers une hypothèse inverse : le fétichisme de la marchandise n'est qu'un effet découlant du fétichisme central pour l'argent -objet magique à l'origine même du capitalisme puisqu'il permet de tout acheter, tout en pouvant se dissimuler et s'auto-engendrer ("l'argent pond de l'argent", ou "l'argent fait des petits", disait Marx). Je veux dire que c'est du super-fétichisme pour l'argent, relevant de la perversion, mis en œuvre par le capitalisme, que se déduisent tous les fétiches dérivés qui peuvent s'exprimer en telle ou telle marchandise, allant de la petite culotte ou des zizis en plastique et des bottines usagées, à tous les objets de la consommation qu'on voudra. »

 Baise ton prochain : l'histoire souterraine du capitalisme. Babel. Dany-Robert Dufour. (2019)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (21)

 

 
Les phares à iode de son élégance euphorisait

« On ne peut pas dire qu'avec les idées qui sont dans ta tête, tu puisses être considérée comme un petit ange ! Mais je ne t'en veux pas... Ton assurance en certaines choses me heurte. Tu es en état de péché et tu prétends ne pas l'être. Ma chère, tu peux faire ce que tu veux et quand tu le veux avec ton fiancé, mais tu ne peux pas prétendre le faire avec la bénédiction divine. »

Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (20)

 

 
L'hétérogénéité isotopique d'une soirée mondaine sans discours

« Le fait est que moi, je ne suis pas convaincue d'avoir péché, voilà. Mon fiancé et moi, nous nous aimons, nous avons l'intention de nous marier et nous voulons nous rendre compte si à notre amour s'ajoute une harmonie sexuelle qui nous garantisse une union durable. »

Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)

vendredi 26 juin 2026

PBF 2026.16 : L'embuscade et la gentille vache (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 24 juin 2026)

Nous retrouvons une belle histoire de bêtes de et par Jean-Christophe. On va y découvrir que la gentille vache ne l’est pas à plein temps et que le terme militaire de l’embuscade peut-être délocalisé dans les troquets hauts-pyrénéens ou saint-gironnais...

Programmation musicale :
Emmène-moi (Vicky Léandros)
Caroline, Caroline (Guy Béart)
C’est ça le rugby (Frères Jacques)
Masques et bergamasques Ouverture (Gabriel Fauré) Orchestre du Capitole de Toulouse / Michel Plasson
Masques et bergamasques Pastorale (Gabriel Fauré) Orchestre du Capitole de Toulouse / Michel Plasson
La Cumparsita (Yvette Horner)
Baiser tout le temps (Alex Beaupain)
 Tu ne dis jamais rien (Léo Ferré)
Les cheveux blancs (Les Cowboys fringants)

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : 

https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/lembuscade-et-la-gentille-vache-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

dimanche 21 juin 2026

« En ce qui me concerne, les sentiments que sa présence éveillait en moi étaient vraiment extraordinaires. J'avais beau penser que j'assistais à la mort d'un ami, je ne ressentais pas de pitié ; car il me semblait heureux, Echécrate, à en juger par sa manière d'être et ses discours, tant il montrait d'intrépidité et de bravoure devant la mort, si bien que je me prenais à penser que, même en allant chez Hadès, il y allait avec la faveur des dieux et qu'arrivé là-bas, il y serait heureux autant qu'on peut l'être. Voilà pourquoi, je ne me sentais pas du tout ému, comme il est naturel qu'on le soit, quand on assiste à une scène de deuil. »

Phédon. Platon. Garnier Flammarion (1965)

vendredi 19 juin 2026

Musique à Toulouse (29) avec Louloute au Capitole, Toulouse (27 mai 2026)

 

 

Les Boréades. Jean-Philippe Rameau. (version de concert) 
Reinoud Van Mechelen. Ensemble a nocte temporis / Choeur de chambre de Namur
 


jeudi 18 juin 2026

Visionnage domestique toulousain (325)


 
Ici et ailleursAnne-Marie Miéville et Jean-Luc Godard (1976)
 
Exemple flamboyant d'auto-critique ! 
 
Préparation de Jusqu'à la victoire
Godard et Gorin travaillent ensuite d'arrache-pied pour mettre en forme un story-board précis sur ce qu'ils souhaitent filmer en Palestine. Il s'agit d'un grand cahier de notes à spirale où sont dessinés la plupart des plans du film à venir, souvent des séquences de type allégorique ou de courtes saynètes exemplaires, accompagnées de slogans, de mots et de phrases emblèmes, voire de notations de mouvements, de couleurs, de références à certains textes. Le but explicité du film ainsi préparé à Paris consiste à "comprendre les méthodes de pensée et de travail de la révolution palestinienne" : " Nous avons conçu le film en tant que français comme un film sur les Arabes qui n'a jamais été fait pendant la guerre d'Algérie.

Godard : biographie. Antoine de Baecque. Grasset (2010)