Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
vendredi 1 mai 2026
«Mais, si l'on y réfléchit bien, que font les artistes modernes de toute façon ? Est-ce que, comme les artistes depuis la Renaissance pensaient faire de la peinture religieuse et peignaient en fait des œuvres d'art, nos artistes modernes qui pensent produire des œuvres d'art, ne font pas tout autre chose ? Est-ce que les objets qu'ils produisent ne sont pas tout autre chose que de l'art ? Des objets-fétiches par exemple, mais des fétiches désenchantés, des objets purement décoratifs à usage temporel (Roger Caillois dirait : des ornements hyperboliques). »
Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)268
« Or il [cet antidiscours] est redoutablement difficile à démasquer parce qu'il repose sur une prémisse hyperdémocratiste, très en vogue aujourd'hui, c'est-à-dire très diffusée dans la doxa postmoderne. Ce discours s'appuie en effet sur la considération selon laquelle il est impossible de distinguer un objet réellement artistique d'un objet quelconque, au motif qu'il faudrait alors introduire une hiérarchie. On ajoute qu'introduire une hiérarchie, ce serait imposer des valeurs arbitraires. »
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (94)
jeudi 30 avril 2026
263
« C'est ici que dans ce sadisme appliqué à la consommation intervient une seconde ruse : à la Lolita promise on substitue le produit qui présente la fille (le magazine) et / ou le produit que présente la fille (son pull, ou son jean, ou sa lingerie fine...) C'est finalement un processus assez dangereux qui est activé, remonté et lancé : il suppose en effet que le spectateur puisse se contenter, au terme de ce processus destiné à l'intéresser et le compromettre d'un expédient, d'une consolation destinée à faire retomber la tension. C'est justement là que la Cité perverse, saturée de ces processus sadiens, peut constituer un facteur déclenchant de la motion perverse éventuellement présente chez un individu. Il suffit en effet que cet individu compromis refuse l'expédient et veuille la chose promise pour que l'accident survienne. En d'autres termes, il est à craindre que certains, chauffés à blanc, ne parviennent pas à s'arrêter en cours de route, en achetant simplement soit le magazine montrant la fille ou sa culotte. Car ce qu'ils veulent, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est la petite fille. »
lundi 27 avril 2026
PBF 2026.11 : Les spécialités grand luxe de la place Pinel (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 29 avril 2026)
Chronique de l'univers place Pinel 53 : Les spécialités de la place Pinel
Les spécialités de la célèbre place toulousaine sont examinées pour en arriver à la conclusion qu'il n'en existe probablement pas. L'émission en aborde certaines mais la plupart sont rejetées.
Programmation musicale :
1) Le kiosque (Michèle Bernard)
2) Avanti (Arthur H.)
3) Dean Martin (Alain Bashung)
4) Conception (Robert Charlebois)
5) La gérontophile (Emeline Bayart Manuel Peskine)
6) Grand luxe (Fernand Bernardi)
7) Différence (Isabelle Mayereau)
8) Clémence (Anne Sylvestre)
9) La lueur dans l'oeil (Juliette)
10) L'épine (Juliette Armanet)
11) Le vent nous portera (Sophie Hunger)
12) A Montparnasse (Monique Morelli)
+ Chronique de l'univers place Pinel 53 par Marius Pinel
Sus aux Philistins !
263
« D'autant que cette double contrainte a pris aujourd'hui des proportions colossales. Qu'on en juge : on ne peut feuilleter un magazine ou voir ses couvertures affichées dans les kiosques ou sur les murs de la ville sans trouver quantité de photos montrant de très jeunes filles, paraissant douze ou quatorze ans au plus, dans des poses très suggestives, c'est-à-dire très provocantes, comme des femmes sachant parfaitement user de leurs charmes au point de paraître prêtes à recevoir et à assumer des propositions très directes, voire même à les faire.
C'est pour le côté pervers. Mais le côté puritain n'est pas loin. Parce que s'il prenait à quiconque la mauvaise idée de lorgner, ou même de sourire gentiment, voire innocemment, à une jeune fille de douze ans dans la rue, il ne faudrait pas longtemps avant que cet individu soit identifié comme le dangereux pédophile de service, susceptible d'être mis hors d'état de nuire par une escouade de mamans en colère prêtes à lui tomber dessus ou à appeler la maréchaussée à la rescousse. Bref, aimer les jeunes filles et faire des photos d'elles ou leur offrir des jouets, comme Lewis Carroll ou comme Pierre Louÿs en leur temps, conduirait aujourd'hui l'individu qui se livrerait à ces turpitudes à subir l'obligation judiciaire de soins telle qu'instituée par la loi du 17 juin 1998, pour les auteurs d’agressions sexuelles. »
dimanche 26 avril 2026
PBF 2026.10 : Le dossier psychiatrique de Maurice Utrillo (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 22 avril 2026)
Maurice Utrillo 3 : son dossier psychiatrique
A
partir de l'article paru dans les Annales Médico-Psychologiques 174
(2016) : Au sujet de l'expertise mentale de Maurice Utrillo par Gaétan
Gatian de Clérambault (1921) par Joseph Bédier et Michel Bénézech.
Le
point focal Maurice Utrillo est son problème avec la boisson et
des désordres que cela entraîne chez lui comme outrages à la pudeur et
rébellion à agents de la Force publique. ces différents internements sont évoqués dans le récapitulatif de Gaétan
Gatian de Clérambault.
Programmation musicale :
La chanson de Paul (Serge Reggiani)
+ lecture de l'article Au sujet de l'expertise mentale de Maurice Utrillo par Gaétan Gatian de Clérambault (1921) par Joseph Bédier et Michel Bénézech. Annales Médico-Psychologiques 174 (2016).
Sus aux Philistins !
« Perdrait-on beaucoup si les jeunes filles entre 17 et 20 ans, devaient faire trois années de service obligatoire ? On pourrait leur enlever leurs enfants, elle sont de toute façon trop jeunes. Et pas encore mûres, intellectuellement, pour le mariage. Ce pourrait être en même temps, sans surcharge, des années d'étude. La difficulté la plus grande tient à la formation graduelle de la personnalité et, peut-être, à l'importance des années d'expectative. Elles deviendraient trop réalistes, trop terre à terre. »
256
« Ce qui, de ce dernier point de vue, apparaît alors, c'est que la solution juridico-symbolique (changer la loi afin que je sois reconnu pour ce que j'ai décidé d'être) de même que la solution réelle (refaire son corps de façon à ce qu'il ressemble à ce que j'ai décidé d'être) engagent l'une et l'autre un rapport à la vérité problématique qui ne peut pas laisser indifférent le philosophe. Car dans les deux cas, cela aboutira à tenter de soutenir un rapport mensonger à soi-même. Dans le premier en effet, j'obligerai tout le monde à dire que je suis une femme là où chacun qui m'aura connu homme sait que je suis bel et bien un homme. Dans le second, je tenterai de prendre mon paraître pour mon être. Car mon être, lui -quoi que la loi des hommes en dise ou quoi que mon corps paraisse- sera toujours le même qu'avant : l'écriture génétique en XX ou en XY qui me définit n'aura pas été changée d'un iota par ces opérations. et cela, au demeurant, ne semble guère envisageable avant longtemps. »
215
«Cette transformation du pouvoir entamée en France dans les années 1960, c'est précisément ce que Lacan n'a pas pu venir, mais il n'est pas le seul. Il n'imagine pas que le capitalisme est susceptible d'entreprendre une conversion telle qu'il va fonctionner non plus sur la répression du désir, mais sur l'exaltation du désir, du désir dans sa valeur brute, première et non élaborée, c'est-à-dire sur la pulsion. Autrement dit, il ne perçoit pas la révolution culturelle libérale en préparation. »
samedi 25 avril 2026
182
« Noter ceci ne revient pas à mettre en doute la distinction de l'érotisme et de la pornographie, elle existe bien sûr et elle est massive. Mais cet écart principiel ne doit pas masquer une continuité historique entre l'érotisme et la pornographie qui, pour regrettable qu'elle apparaisse, n'en existe pas moins. Il faut donc rendre compte et de cette différence et de cette continuité. C'est ce qu'on peut essayer de faire dans une proposition qui pourra paraître amusante, mais qui est probablement plus sérieuse qu'il n'y paraît : on pourrait dire que l'érotisme, c'est quand c'est flou, alors que la pornographie c'est quand c'est net . »
171
« Cette incitation à la consommation s'est accompagnée d'une intrusion massive de Ford dans la vie privée de ses employés. Plus on encourageait à la consommation, plus on proscrivait les autres débauches, comme la boisson, le jeu, l'adultère... Exactement comme s'il fallait que la libido fût uniquement tournée vers la consommation d'objets rentables pour “notre Ford” afin que rien, dans cette force, ne se perde dans de vains objets. C'est cela le formatage libidinal. »
samedi 18 avril 2026
« La sotte Elle était mince et souple, son corps semblait manquer de maintien ; il présentait en son milieu une légère saillie et quand elle marchait, elle devait ne pas effacer les genoux. Ses cheveux blonds s'échappaient en boucles de son bonnet, son nez était long et mince, et il y avait toujours sur son visage -ou mieux devant lui- un sourire. Ses mollets, dans leurs bas bruns, étaient mous et un peu renflés ; on pensait vaguement en les voyant à des bas rembourrés. Elle était domestique chez X... Un jour que M. X... était seul avec elle au logis, elle lui avait plu. Il l'enlaça avec une grande douceur et lui donna un baiser. Elle semblait, sans l'avoir jamais laissé paraître, avoir attendu cela. Elle ne se défendit pas plus qu'elle ne répondit. Mais quand les lèvres de M. X... se posèrent sur les siennes, celles-ci sortirent de leur réserve et s'ouvrirent au baiser. On aurait pu croire qu'elle se laisserait embrasser, comme une femme très experte, mais elle était vierge ; et c'est uniquement parce que son intelligence était médiocre qu'un instinct plus profond ou plus ancien la fit doucement s'écarter. M. X... exerça sur elle une pression en direction du divan... “Mais il faut enlever ta culotte !”lui apprit-il ensuite. Des sensations agréables et d'autres douloureuses se mêlèrent. Elle se releva dans un état aussi vague qu'elle s'était laissée allonger. ils ne se dirent plus rien d'important. Ils continuèrent à se voir tous les jours comme avant. Elle souriait comme toujours. Elle n'avait pas grand souvenir. Elle n'aurait même pas pu dire que ç'avait été particulièrement beau ou agréable. Mais son corps attendait de jour en jour plus intensément une récidive. Cela venait comme la lune après le lever du soleil, presque inapparente d'abord, et régnant à la fin, brillante, sur tout le ciel. »
168
« En d'autres termes, la condamnation hautaine et légèrement dégoûtée ne suffit absolument pas, sauf à constituer des îlots de pensée claire où des moines font circuler religieusement le texte sain, non d'ailleurs sans s'étriper de temps à autre au passage. Bref avoir raison ne suffit pas, il faut comprendre comment une erreur a pu s'emparer du monde. Ne serait-ce que parce que cette erreur structure aujourd'hui quantité de sujets. »
151
« Cette distinction des deux Lumières posée [Lumière blanche et Lumière noire] il devient plus aisé d'indiquer ce qui distingue la modernité de la postmodernité. La modernité, c'est l'équilibre instable entre ces deux courants opposés [moraliste et amoraliste]. Il aura durée un siècle et demi. La postmodernité, c'est le rétrécissement toujours plus accentué de la zone transcendantale renvoyant à ce qui n'a pas de prix mais une dignité (Kant) au profit du principe libéral selon lequel tout a un prix (Smith). »
151
« Alors que pour Kant, il fallait absolument réguler -la morale doit être fondée sur l'impératif catégorique consistant à se donner une loi à suivre dans la vie pratique-, pour Smith, il fallait surtout laisser faire, c'est-à-dire déréguler -ce qui conduit logiquement à Sade. »
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« Mandeville et Sade sont parfaitement d'accord : non seulement il faut fermer les maisons de charité,mais surtout il faut ouvrir les maisons closes :
- Les jeunes filles étourdies, sans expérience, aimant le badinage se conduisent [écrit Mandeville] avec tant de légèreté dans leur première passion, qu'elles ne manquent guère d'être prises, et qu'un homme ne trouve plus de sécurité à demeurer fidèle. Ainsi bien des femmes, qui pourraient rendre au public des services signalées, lui deviennent inutiles en peu de temps, et il se trouve par un calcul modeste que nous perdons en un an assez de femmes vertueuses pour servir la nation pendant dix ans. Les maisons publiques règleront cette affaire avec tant d’exactitude et de précision que, l'un portant l'autre,nous emploierons chaque année autant de femmes qu'il faudra pour le service public, sans qu'il y en ait une seule de trop, ou de moins.
- Il y aura donc [dit Sade] des maisons destinées au libertinage des femmes, et, comme celles des hommes, sous la protection du gouvernement ; là leur seront fournis tous les individus de l'un ou l'autre sexe qu'elles pourront désirer, et plus elle fréquenteront ces maisons, plus elles seront estimées. »
122
«Un siècle plus tôt, l'époque misait encore sur l'amor Dei. Puis elle s'est lancée,non sans angoisses, vers l'amor sui. Sade sera celui qui aura accompli le mouvement en campant résolument du côté de l'amor sui. Il en fallait bien un, ce sera lui : il tirera sans frémir les conclusions logiques qui s'imposent, si monstrueuses soient-elles. il assumera entièrement les prophéties imprécatoires formulées quatorze siècles plus tôt par Augustin à l'encontre de l'amor sui : l'amor sui subordonnera le bien commun à son propre pouvoir en vue d'une domination arrogante ; l'amor sui sera rival de Dieu ; l'amor sui exigera tout pour lui ; l'amor sui voudra soumettre autrui pour son propre intérêt. »
PBF 2026.09 : Un peintre d'images : Ronald Curchod (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 15 avril 2026)
Entretien avec le peintre d'images, Ronald Curchod
Nous avons tous rencontré aux détours d'une rue une affiche de notre invité, que ce soit à Toulouse ou ailleurs. Il a un style immédiatement reconnaissable, identifiable, un univers singulier, étrange et avec beaucoup d'humour. Il nous parle de ses processus de création, de ses multiples activités, d'illustrations pour la jeunesse, d'écologie... et de musique.
Programmation musicale :
1) Naima (John Coltrane)
2) Flute ney en mode "maester" (Hayri Tümer)
3) No end road part1 (Michel Daneda / Fréderic Blondy / Tetsu Saitoh)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/un-peintre-dimages-ronald-curchod-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
Photographie de Jean Patin
samedi 11 avril 2026
108
« Là où le travail récent de Dermange nous en apprend beaucoup, notamment par rapport à ceux plus anciens de Dumont et de Gauchet, c'est lorsqu'il montre que “l’œuvre de Smith a une portée théologique qui a été largement méconnu des commentateurs”. Cette portée théologique,malencontreusement oubliée, avait pourtant été bien perçue à la réception des travaux d'Adam Smith lorsque, comme le dit Dermange, “bien des orthodoxes avaient ressenti [le travail d'Adam Smith] comme une trahison à la Réforme”,trahison consistant en une “substitution d'une théologie naturelle au principe sola scriptura -expression qui en bon latin signifie “par l'Ecriture seule” (elle avait été très employée par Luther). »
PBF 2026.08 : La fête continue au village fantôme (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 8 avril 2026)
Dans la série, Rencontre avec des personnalités remarquables, la petite boutique fantasque est heureuse de recevoir quelqu’un que nous pourrions qualifier de bidouilleur de son, d’expérimentateur sonore, Jean-François Magre alias Percipient. Il viendra nous parler au micro de la petite boutique fantasque de sa musique, de sa manière de la composer, en plaçant la perception au centre de son travail. Nous allons parler aussi de la manière de créer sa musique. La définition de percipient pourrait définir un peu de sa musique, personne qui reçoit des informations par un moyen extra-sensoriel comme la télépathie.
1) Champ magnétique de mensonge (à soi-même) (Jean-François Magre) extrait de la K7 La terre étrangère
2) La fête continue au village fantôme (Percipient) extrait de la K7 Outre-exotica
3) Voyage III (Percipient) extrait de la K7 Bruit rose des vents
4) Migration pendulaire (Jean-François Magre) extrait de la K7 Raide vivant
5) Tue-tête (Percipient) extrait de la K7 à paraître Renverser les flammes de Koenig
+ Entretien avec Jean-François Magre
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-f%C3%AAte-continue-au-village-fant%C3%B4me-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
Photographie de Jean-François Magre
42
«Dans la Cité de Dieu (XV, 28), texte écrit au début de la décadence de l'Empire romain, vers l'an 400, saint Augustin, l'un des principaux Pères de l’Église latine, disait que la terre serait, jusqu'à la fin du monde, le lieu d'affrontement de deux grands royaumes possibles, fondés sur deux amours bien différents : le premier procédant de “l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi” (Amor Dei usque ad contemptum sui) et le second de “l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu” (Amor sui usque ad contemptum Dei. »
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« L'alter ego n'est donc plus compris comme la condition de sa propre réalisation, mais comme une cause permanente d'entrave, d'insatisfaction, de complication, voire de dépossession. Pour obvier à cette fatalité, il convient donc :
1) de toujours plus affirmer ses droits contre l'autre -ce qui produit la règle n°1 s'imposant logiquement à tout individu vivant le cadre démocratique postmoderne : il n'y a pas de limite à quoi que j'ai droit ;
2) de rechercher un enracinement identitaire indéboulonnable -d'où se déduit une règle n°2 : je dois absolument prouver que je suis essentiellement différent de l'autre et que celui-ci ne peut rien m'apporter ;
3) de toujours se défendre contre l'emprise réelle ou supposée de l'autre -ce qui donne la règle n°3 : je suis toujours, réellement ou potentiellement victime de l'autre. »
lundi 6 avril 2026
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«Si les discours de revendication ou de dénonciation contribuent si bien à la propagation de ces leçons de perversion auprès du plus grand nombre, c'est qu'ils présupposent les uns et les autres que tout s'explique par le même principe libéral fondamental : celui de l'individualisme méthodologique. On entend généralement par là la doctrine qui veut : 1° qu'il n'existe aucune autre réalité que celle de l'individu ; 2° que tout ensemble social n'est rien d'autre que le résultat des individus ; et 3° que les individus visent toujours, dans leurs échanges avec les autres, la maximisation des gains. »
dimanche 5 avril 2026
Formulation interrogeante
« Un chasseur de chamois le sauve, "à demi fou de cette faute qui peuple pour lui l'espace vide".»
samedi 4 avril 2026
« A la mode. Le sens originel du phénomène de la mode ne tient-il pas dans ces deux formules : "imiter ce qui a du succès" et "faire du neuf ! Qu'allons-nous inventer ?" Ce pourrait être vrai des modes artistiques comme de la mode vestimentaire. "Qu'allons-nous inventer ?" est un principe génétique de l'art. »
Éblouissement des prémisses (74)
2
« Est-ce à dire que la dimension sexuelle est la seule où peut se réaliser le commandement à la jouissance ? Non, si l'on croit les Anciens, qui pourraient bien avoir été plus perspicaces que nous en la matière. Ils avaient en effet distingué trois libido ou "concupiscences" :non seulement celle qui découle de la passion des sens et de la chair (la libido sentiendi),mais aussi celle qui procède de la passion de posséder toujours plus et de dominer (la libido dominandi) et enfin celle qui touche à la passion de voir et de savoir (la libido sciendi).
La Cité perverse : libéralisme et pornographie. Dany-Robert Dufour. (2012)
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (93) "un certain harnachement"
samedi 28 mars 2026
« Grand-mère : Sans doute, la beauté est quelque chose extraordinairement relative. La peau de pêche d'une fille de dix-sept ans est belle . N'est-ce pas ? Ta peau de pêche est belle.
Soubrette : Je ne sais pas.
[...]
Grand-mère : Je serais devenue, au cours de ces 20, de ces 10, de ces 5 dernières années une autre femme ? Je vous demande un peu ! Chaque matin, j'ai retrouvé dans le miroir le même visage que la veille. Je ne nie pas que j'ai pu avoir l'air un peu autre il y a 20 ans ; mais comment te dire ? Ce changement n'impliquerait pas la moindre antipathie ! Il s'est fait pour ainsi dire en accord avec moi-même ! Avec mon assentiment. ! Comme je te l'ai dit, chaque matin et chaque soir.
Soubrette (timidement) : Est-ce que les choses ne se seraient pas passées à peu près comme ceci : si je fais un pas, je suis encore tout près de vous ; si j'en fais un de plus, de même ; mais ensuite, je serai très loin ?
Grand-mère : Allons donc ! Je suis encore aussi près de moi qu'il y a 25 ans. Et toi aussi, pourvu que tu n'aies pas trop d'enfants et que ton mari meure en temps opportun, tant que tu n'auras pas résigné vivante ton âme, tu seras encore exactement là où tu es, de ton point de vue. »
mercredi 25 mars 2026
mardi 24 mars 2026
PBF 2026.07 : Légendes indiennes de l'Est de Québec 2 : Mandamin ou la légende du maïs (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 25 mars 2026)
légende indienne du Québec 2
Deuxième lecture d’un conte de Légendes indiennes de Daniel Bertolino en co-création avec des Premières nations de l'Est du Canada.
Ces légendes ont été colligées avec la participation de Basil H. Johnston, membre de la nation indienne Ojibwés, attaché au département d’ethnologie du musée royal de l’Ontario à Toronto. La particularité de ces réalisations est que chaque légende est tournée en collaboration avec une communauté de la Nation d'où elle est issue. Le tournage s’est effectué après que chaque nation ait accepté la légende, le texte et vérifié les morales et la mythologie... Les membres de la communauté deviennent ainsi les comédiens de ces histoires et revivent la légende dans leur langue. Aujourd’hui Mandamin ou la légende du maïs des Indiens Ojibwés (Chippawas).
Programmation musicale :
1) Starwalker (Buffy Sainte-Marie)
2) Faith keeper (Tchin)
3) Various songs of the Chippawas (Archive Of American Folk Song
)
4) Chippawa song (Tchin)
5) Sun circle (Ah Nee Mah / Dinae Arkenstone)
6) Warm of the evil (Indian calling / Uqualla)
7) Remember me (Fawn Wood / Randy Wood / Carlos Nakai)
8) Anisinaabe – Spirit bear song (Monidoo Mukva)
9) In the beginning (musicien ou groupe non précisé)
10) E uassiuan – mon enfance (Kashtin)
+ Lecture de la légende interprété par Jean
de la légende Objiwé : Mandamin ou la légende du maïs
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/mandamin-ou-la-l%C3%A9gende-du-ma%C3%AFs-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !
Photographie extraite du livre Légendes indiennes (Daniel Bertolino) Editions du chat perché / Flammarion
samedi 21 mars 2026
mercredi 18 mars 2026
PBF 2026.06 : Chronique hyperparadisiaque 1 : La Retirada (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 18 mars 2026)
Hyperparadis de Michel Batlle 1 : La Retirada
Michel Batlle nous fait l’honneur de réserver la lecture d’extraits de son prochain livre à la Petite Boutique Fantasque. Il nous narre dans La Retirada, la guerre d’Espagne de son père, son arrivée à l’hôpital de Montauban et sa rencontre avec sa mère. Les musiques sont soit interprétées par Michel Batlle lui-même avec divers collaborateurs soit choisies par lui.
Programmation musicale :
1) Sexe et mort sans cesse – Articide circuit (Michel Batlle / Raphael Montet)
2) Musica plastica 2 (Michel Batlle / Frédéric Maintenant)
3) Barbaque story - Musica plastica (Michel Batlle / Barbara Flottes / Alain Maurel / Terra Maïre)
4) Viva la FAI (Frente popular)
5) El paso des Ebro (Henry Lowther / Tracy Holloway / Abigail Newman / Lorraine Temple / Sarah Williams / Paul Clarvis)
6) Sun Ra Ta Mania – Musica plastica (Michel Batlle / Frédéric Maintenant)
7) Musica plastica 11 (Michel Batlle / Frédéric Maintenanti)
8) Musica plastica 9 (Michel Batlle / Frédéric Maintenant)
9) Rock’n roll station (Vince Taylor)
10) African reggae (Nina Hagen)
+ Lecture du chapitre la Retirada tiré de Hyperparadis de Michel Batlle et lu par l’auteur
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/chronique-hyperparadisiaque-1-la-retirada-michel-batlle/
Sus aux Philistins !
dimanche 8 mars 2026
Manon Balletti et Casanova 9
Histoire de ma vie. Jacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)
mardi 3 mars 2026
PBF 2026.05 : Le kiosque Mantariol et la belle mélodie (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 4 mars 2026)
1) Intermède de la comtesse d'Escarbagnas (Marc-Antoine Charpentier) Les Arts florissants / William Christie
2) Avanti (Arthur H.)
3) Jean-Paul (Taxi thérapie)
4) Page noire (Hubert-Félix Thiéfaine)
5) One night with you (Arno)
6) Si vous croyez (Jean-Marc Le Bihan)
7) A little wind a girl and some dogs (Ferdinand_H aka vs_price)
8) La perruque (Juliette)
9) L'amour c'est comme la mer (les Johnnies)
+ Chronique de l'univers place Pinel n°52, sur la place Pinel par Marius Pinel
Pour
ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a
une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-kiosque-montariol-et-le-place-pinel-la-petite-boutique-fantasque/
Très bonne écoute de cette émission pinélienne de la Petite Boutique Fantasque
Et sus aux Philistins !
Photographie de Helena Georgiou
Luxure aux bains de la Matte sur l'Aar à Berne (1720)
« Les deux servantes, qui s'étaient trouvées plusieurs fois dans des parties pareilles, se mirent en position de nous divertir avec un spectacle qui m'était très bien connu ; mais que ma bonne trouva tout à fait nouveau. Elles commencèrent à faire ensemble la même chose qu'elles me voyaient faire avec la Dubois. Elle les regardait très surprise de la fureur avec laquelle la servante que j'avais prise jouait vis-à-vis de l'autre le rôle d'homme. J'en étais aussi un peu étonné, malgré les fureurs que M M. et C C. avaient offertes à mes yeux six ans avant ce temps-là, et dont il est impossible de s'imaginer quelque chose de plus beau. Je n'aurais jamais cru que quelque chose pût me distraire ayant entre mes bras pour la première fois une femme que j'aimais et qui possédait parfaitement tout ce qui pouvait intéresser mes sens ; mais l'étrange lutte dans laquelle les jeunes ménades se débattaient l'occupait aussi. Elle me dit que la prétendue fille que j'avais prise était un garçon malgré sa gorge, et qu'elle venait de le voir. Je me tourne, et la fille même, me voyant curieux, met devant les yeux un clitoris ; mais monstrueux, et roide. Je dis ce que c'était à ma bonne toute ébahie, elle me répond que ce ne pouvait être cela, je le lui fait toucher, et examiner, et elle doit en convenir. Cela avait l'air d'un gros doigt sans ongle, mais il était pliant : la garce qui convoitait ma belle gouvernante lui dit qu'il état assez tendu pour le lui introduire, si elle voulait bien le lui permettre, mais elle n'a pas voulu, et cela ne m'aurait pas amusé. Nous lui avons dit de poursuivre ses exploits avec sa camarade, et nous rîmes beaucoup car l’accouplement de ces deux jeunes filles , quoique comique, ne laissait pas d'exciter en nous la plus grande volupté. Ma bonne excédée s'abandonna entièrement à la nature allant au devant de ce que je pouvais désirer. Ce fût une fête qui dura deux heures et qui nous fit retourner à notre auberge très contents. »
Histoire de ma vie. Jacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)
lundi 2 mars 2026
« Et quoi ! me disais-je ; cette servante est belle, ses yeux sont bien fendus, ses dents sont blanches, l'incarnat de son teint est le garant de sa santé, et elle ne me fait aucune sensation ? Pourquoi ? Ce ne peut être que parce qu'elle n'a rien de ce que la coquetterie emprunte pour faire naître l'amour. Nous n'aimons donc que l'artifice, et le faux, et le vrai ne nous séduit plus lorsqu'un vain appareil n'en est pas l'avant-coureur. Si dans l'habitude que nous nous sommes faits d'aller vêtus, et non pas tout nus, le visage qu'on laisse voir à tout le monde est ce qui importe le moins, pourquoi faut-il qu'on fasse devenir ce visage principal ? Pourquoi est-ce lui qui nous fait devenir amoureux ? Pourquoi est-ce sur son témoignage unique que nous décidons de la beauté d'une femme, et pourquoi parvenons-nous jusqu'à lui pardonner, si les parties qu'elle ne nous montre pas sont tout le contraire de ce que la jolie figure nous les fait a fait juger ? Ne serait-il pas plus naturel, et plus conforme à la raison, et ne vaudrait-il pas mieux aller toujours avec le visage couvert, et le reste tout nu, et devenir amoureux, ainsi d'un objet, ne désirant autre chose pour couronner notre flamme qu'une physionomie qui répondrait aux charmes qui nous auraient déjà fait devenir amoureux ? Sans doute cela vaudrait mieux, car on ne deviendrait alors amoureux que de la beauté parfaite, et on pardonnerait facilement quand à la levée du masque on trouverait laid le visage que nous nous serions figurés beau »
Histoire de ma vie. Jacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)
Conversation rapportée de Voltaire avec Casanova
« - Aimant le genre humain je voudrais le voir heureux comme moi libre, et la superstition ne peut pas se combiner avec la liberté. Où trouvez-vous que la servitude puisse faire le bonheur d'un peuple ?
- Voudriez-vous donc voir la souveraineté dans le peuple ?
- Dieu m'en préserve. Il faut qu'un seul gouverne.
- La superstition est donc nécessaire, puisque sans elle le peuple n'obéira jamais au monarque. - Point de monarque, car ce nom me fait voir le despotisme que je dois haïr comme la servitude.
- Que voulez-vous donc ? Si vous voulez que celui qui gouverne soit seul, je ne peux que le considérer que comme monarque.
- Je veux qu'il commande à un peuple libre, et pour lors il sera son chef, et on pourra ne pas l'appeler monarque , car il ne pourra jamais arbitrer.
- Adisson vous dit que ce monarque, ce chef, n'est pas dans les existences possibles. Un peuple sans superstition serait philosophe, et les philosophes ne veulent jamais obéir. Le peuple ne peut être heureux qu'écrasé, foulé, et tenu à la chaîne. »
Histoire de ma vie. Jacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)
« Mais il y a été forcé ; il est moins coupable qu'il n'est à plaindre. Je vous plains aussi beaucoup, et pourtant je vous donne tort ; car après avoir couché tout un mois avec lui sans qu'il vous donnât une seule preuve de sa puissance, vous ne pouviez que supposer la vérité. Eussiez-vous même été parfaitement novice, M. de Sanci aurait dû vous mettre au fait ; car il dot bien savoir qu'il n'est au pouvoir d'un homme de se trouver côte à côte d'une jolie femme, de la presser à nu entre ses bras pendant si longtemps, sans se trouver, malgré sa volonté, dans une situation physique telle qu'il sera forcé de se dévoiler, s'il n'est pas entièrement privé de la faculté qui fait son essence. »
Histoire de ma vie. Jacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (92) "une certaine tristesse dans le regard"
mardi 24 février 2026
PBF 2026.04 : Madeleine Pelletier ou le procès des femmes (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 25 février 2026)
Madeleine Pelletier ou le procès des femmes
La
petite boutique fantasque reçoit Maud Alvado pour évoquer la figure de Madeleine Pelletier (1874-1939) à la fois féministe, suffragette, militante politique, anarchiste, socialiste puis communiste, polémiste fervente auteure de beaucoup d'articles, de romans, de pièce de théâtre, et doctoresse. Maud Alvado nous parle aussi de la pièce de théâtre qu'elle a écrite sur la fin de vie de cette femme singulière, atypique qui donne le titre à l'émission. Un extrait de la pièce est interprété en fin d'émission. La musique est entièrement féminine et d'époque.
Programmation musicale :
1) Le chant de naviots (Gérard Pierron / Gaston Couté) Suzanne Tandé
2) Tel qu'il est (Fréhel)
3) La zone (Fréhel)
4) La grève des mères (Montéhus) Mireille Rivat
+ Entretien avec Maud Alvado sur Madeleine Pelletier (entretien réalisé le 16 février 2026)
+ Extrait de la pièce Madeleine Pelletier ou le procès des femmes par Maud Alvado et Thierry Berrone
Photographie de Madeleine Pelletier



































