Les Espaces Combattants
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
dimanche 5 juillet 2026
« Voyez-vous, je vous dis plus encore... beaucoup de prêtres vous auront dit que penser au contact physique avec votre mari, ici dans l'église, est aussi un péché. Ce n'est pas vrai du tout. Parce que si vous pensez à cet acte avec votre mari, même ici à l'église, et en vue de l'acte conjugal qui est permis dans le mariage, ce n'est pas une mauvaise pensée. Pour l'amour de Dieu ! Donc vous, quand vous... êtes au lit avec votre mari, vous ne devez pas vous contraindre à l'accepter passivement, alors que vous le désirez. Pourquoi, qui a dit que la femme ne désire pas l'acte conjugal au même titre que l'homme ? Elle le souhaite parfois beaucoup plus que l'homme, car la femme est beaucoup plus intense dans ses sensations, donc non seulement elle ne doit pas rester passive et consentir simplement à ce que le mari attend,mais au contraire, elle doit manifester son désir par des gestes, des caresses. »
Le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)samedi 4 juillet 2026
« Revenons-en donc au pervers, celui de Mandeville, qui ne veut pas spécialement mettre un fétiche en forme de zizi ou de tout ce qu'on voudra sur le sexe des femmes, mais qui veut aussi et surtout posséder des affaires de plus en plus grosses, récolter tous les bénéfices, dominer et instrumentaliser les autres, gouverner avec facilité ou,pour mieux dire, bien manipuler.
Car ce pervers mandevillien, il ne gâche son talent, en s'épuisant dans de vains petits jeux sexuels puisqu'il est capable de voir beaucoup plus loin que le bout de son pénis.Pourquoi en effet s'en tiendrait-il à ses génitoires quand il peut jouir sans limite de toutes la terre et baiser le monde entier ? »
Visionnage domestique toulousain (326)
Anne-Marie Miéville / Jean-Luc Godard (1985)
«
Dès que cette instance qui distribue les récompenses est créée deux classes (au sens non pas social, mais logique du terme) en découlent -autrement dit : deux ensembles. Le petit nombre de ceux qui ne sont pas dupes, et refusent ces récompenses phantasmatiques qui ne sont rien d'autre que du vent, et le grand nombre de ceux qui les acceptent.
D'un côté donc, quelques irréductibles cédant sans cesse à leurs "esprits animaux" (on les appelait au XVIIIe siècle des "scélérats"). De l'autre, une multitude (the others qu'on désignait au XVIIIe siècle sous le nom "d'honnêtes gens") groupant ceux qui présentent la caractéristique d'obéir à la loi contre cette récompense imaginaire (se croire vertueux), quitte à se punir dès qu'ils la transgressent -que ce soit en réalité ou seulement en esprit.
[...]
Or -c'est là où Mandeville va un cran plus loin que Freud -il postule qu'il existe, en plus, une troisième classe. Elle se situe par-delà la division en deux classes séparant ceux qui n'obéissent qu'à leurs désirs animaux de ceux qui obéissent, ou tentent d'obéir à la loi. Ce troisième groupe, faible en nombre, est constitué des pires d'entre les hommes (the very worst of them). On les appellerait aujourd'hui des pervers. Ils ne disent ni "non" à la loi (comme les scélérats de la basse classe), ni "oui" (comme ceux de la classe haute), mais "oui" et "non" - au sens où leur "non" peut vouloir dire "oui" et leur "oui" parfois "non". Ils simulent l'abnégation en parlant comme ceux qui obéissent à la loi et dissimulent leurs désirs insatiables tout en cherchant à les assouvir comme ceux qui désobéissent. Une stratégie qui contribue à leur invisibilisation. »
Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (96)


