samedi 4 avril 2026

« A la mode. Le sens originel du phénomène de la mode ne tient-il pas dans ces deux formules :  "imiter ce qui a du succès" et "faire du neuf ! Qu'allons-nous inventer ?" Ce pourrait être vrai des modes artistiques comme de la mode vestimentaire. "Qu'allons-nous inventer ?" est un principe génétique de l'art. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Visionnage domestique toulousain (302) : documentation Enantiomère S

 

 
Boy meets girls. Leos Carax (1984)

« Un homme de ce genre [un bon journaliste] dit "qu'à une table de travail, on ne peut absolument pas enfermer dans les mots le jaillissement de la vie avec toute sa succulence, et ses mystérieux prodiges". »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Visionnage domestique toulousain (301)

 

 
Le septième sceau. Ingmar Bergman (1957)

Éblouissement des prémisses (74)

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« Est-ce à dire que la dimension sexuelle est la seule où peut se réaliser le commandement à la jouissance ? Non, si l'on croit les Anciens, qui pourraient bien avoir été plus perspicaces que nous en la matière. Ils avaient en effet distingué trois libido ou "concupiscences" :non seulement celle qui découle de la passion des sens et de la chair (la libido sentiendi),mais aussi celle qui procède de la passion de posséder toujours plus et de dominer (la libido dominandi) et enfin celle qui touche à la passion de voir et de savoir (la libido sciendi).

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (93) "un certaine harnachement"

 


«Naturellement,il n'y a nulle part de "libération sexuelle"-cet oxymore-, mais seulement la pulvérisation de tout ce qui faisait obstacle à une mobilisation totale du désir en vue de la production marchande. La "tyrannie du plaisir" n'incrimine pas le plaisir, mais la tyrannie. »
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 
photographie de Jacqueline Bisset

samedi 28 mars 2026

« Grand-mère : Sans doute, la beauté est quelque chose extraordinairement relative. La peau de pêche d'une fille de dix-sept ans est belle . N'est-ce pas ? Ta peau de pêche est belle.
Soubrette : Je ne sais pas.
[...]
Grand-mère : Je serais devenue, au cours de ces 20, de ces 10, de ces 5 dernières années une autre femme ? Je vous demande un peu ! Chaque matin, j'ai retrouvé dans le miroir le même visage que la veille. Je ne nie pas que j'ai pu avoir l'air un peu autre il y a 20 ans ; mais comment te dire ? Ce changement n'impliquerait pas la moindre antipathie ! Il s'est fait pour ainsi dire en accord avec moi-même ! Avec mon assentiment. ! Comme je te l'ai dit, chaque matin et chaque soir.
Soubrette (timidement) : Est-ce que les choses ne se seraient pas passées à peu près comme ceci : si je fais un pas, je suis encore tout près de vous ; si j'en fais un de plus, de même ; mais ensuite, je serai très loin ?
Grand-mère : Allons donc ! Je suis encore aussi près de moi qu'il y a 25 ans. Et toi aussi, pourvu que tu n'aies pas trop d'enfants et que ton mari meure en temps opportun, tant que tu n'auras pas résigné vivante ton âme, tu seras encore exactement là où tu es, de ton point de vue. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)