mardi 3 mars 2026

PBF 2026.05 : Le kiosque Mantariol et la belle mélodie (première diffusion sur Radio radio Toulouse mercredi 4 mars 2026)

 


Chronique de l'univers place Pinel n°52 : Sur la place Pinel
Sur la  place Pinel se trouve le kiosque Montariol où tous les fins mélomanes avertis souhaitent écouter un beau concert avec belle mélodie, belle harmonie, belles chansons.
 
Programmation musicale :
1) Intermède de la comtesse d'Escarbagnas (Marc-Antoine Charpentier) Les Arts florissants / William Christie
2) Avanti (Arthur H.)
3) Jean-Paul (Taxi thérapie)
4) Page noire (Hubert-Félix Thiéfaine)
5) One night with you (Arno)
6) Si vous croyez (Jean-Marc Le Bihan)
7) A little wind a girl and some dogs (Ferdinand_H aka vs_price)
8) La perruque (Juliette)
9) L'amour c'est comme la mer (les Johnnies)

+ Chronique de l'univers place Pinel n°52, sur la place Pinel par Marius Pinel

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-kiosque-montariol-et-le-place-pinel-la-petite-boutique-fantasque/

 
Très bonne écoute de cette émission pinélienne de la Petite Boutique Fantasque

Et sus aux Philistins ! 

Photographie de Helena Georgiou

Luxure aux bains de la Matte sur l'Aar à Berne (1720)

 « Les deux servantes, qui s'étaient trouvées plusieurs fois dans des parties pareilles, se mirent en position de nous divertir avec un spectacle qui m'était très bien connu ; mais que ma bonne trouva tout à fait nouveau. Elles commencèrent à faire ensemble la même chose qu'elles me voyaient faire avec la Dubois. Elle les regardait très surprise de la fureur avec laquelle la servante que j'avais prise jouait vis-à-vis de l'autre le rôle d'homme. J'en étais aussi un peu étonné, malgré les fureurs  que M M. et C C. avaient offertes à mes yeux six ans avant ce temps-là, et dont il est impossible de s'imaginer quelque chose de plus beau. Je n'aurais jamais cru que quelque chose pût me distraire ayant entre mes bras pour la première fois une femme que j'aimais et qui possédait parfaitement tout ce qui pouvait intéresser mes sens ; mais l'étrange lutte dans laquelle les jeunes ménades se débattaient l'occupait aussi. Elle me dit que la prétendue fille que j'avais prise était un garçon malgré sa gorge, et qu'elle venait de le voir. Je me tourne, et la fille même, me voyant curieux, met devant les yeux un clitoris ; mais monstrueux, et roide. Je dis ce que c'était à ma bonne toute ébahie, elle me répond que ce ne pouvait être cela, je le lui fait toucher, et examiner, et elle doit en convenir. Cela avait l'air d'un gros doigt sans ongle, mais il était pliant : la garce qui convoitait ma belle gouvernante lui dit qu'il état assez tendu pour le lui introduire, si elle voulait bien le lui permettre, mais elle n'a pas voulu, et cela ne m'aurait pas amusé. Nous lui avons dit de poursuivre ses exploits avec sa camarade, et nous rîmes beaucoup car l’accouplement de ces deux jeunes filles , quoique comique, ne laissait pas d'exciter en nous la plus grande volupté. Ma bonne excédée s'abandonna entièrement à la nature allant au devant de ce que je pouvais désirer. Ce fût une fête qui dura deux heures et qui nous fit retourner à notre auberge très contents. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)

lundi 2 mars 2026

 « Et quoi ! me disais-je ; cette servante est belle, ses yeux sont bien fendus, ses dents sont blanches, l'incarnat de son teint est le garant de sa santé, et elle ne me fait aucune sensation ? Pourquoi ? Ce ne peut être que parce qu'elle n'a rien de ce que la coquetterie emprunte pour faire naître l'amour. Nous n'aimons donc que l'artifice, et le faux, et le vrai ne nous séduit plus lorsqu'un vain appareil n'en est pas l'avant-coureur. Si dans l'habitude que nous nous sommes faits d'aller vêtus, et non pas tout nus, le visage qu'on laisse voir à tout le monde est ce qui importe le moins, pourquoi faut-il qu'on fasse devenir ce visage principal ? Pourquoi est-ce lui qui nous fait devenir amoureux ? Pourquoi est-ce sur son témoignage unique que nous décidons de la beauté d'une femme, et pourquoi parvenons-nous jusqu'à lui pardonner, si les parties qu'elle ne nous montre pas sont tout le contraire de ce que la jolie figure nous les fait a fait juger ? Ne serait-il pas plus naturel, et plus conforme à la raison, et ne vaudrait-il pas mieux aller toujours avec le visage couvert, et le reste tout nu, et devenir amoureux, ainsi d'un objet, ne désirant autre chose pour couronner notre flamme qu'une physionomie qui répondrait aux charmes qui nous auraient déjà fait devenir amoureux ? Sans doute cela vaudrait mieux, car on ne deviendrait alors amoureux que de la beauté parfaite, et on pardonnerait facilement quand à la levée du masque on trouverait laid le visage que nous nous serions figurés beau »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)

Visionnage toulousain en salle (85) avec Caroline et Louloute à l'ABC

 

 
Maigret et le mort amoureux. Pascal Bonitzer (2026)

Conversation rapportée de Voltaire avec Casanova

 « - Aimant le genre humain je voudrais le voir heureux comme moi libre, et la superstition ne peut pas se combiner avec la liberté. Où trouvez-vous que la servitude puisse faire le bonheur d'un peuple ? 
- Voudriez-vous donc voir la souveraineté dans le peuple ?
- Dieu m'en préserve. Il faut qu'un seul gouverne.
- La superstition est donc nécessaire, puisque sans elle le peuple n'obéira jamais au monarque. - Point de monarque, car ce nom me fait voir le despotisme que je dois haïr comme la servitude.
- Que voulez-vous donc ? Si vous voulez que celui qui gouverne soit seul, je ne peux que le considérer que comme monarque.
- Je veux qu'il commande à un peuple libre, et pour lors il sera son chef, et on pourra ne pas l'appeler monarque , car il ne pourra jamais arbitrer.
- Adisson vous dit que ce monarque, ce chef, n'est pas dans les existences possibles. Un peuple sans superstition serait philosophe, et les philosophes ne veulent jamais obéir. Le peuple ne peut être heureux qu'écrasé, foulé, et tenu à la chaîne. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)

Visionnage domestique toulousain (294)

 

 
Que les lâches s'agenouillent. Cowards bent the knee. Guy Maddin (2003)

 « Mais il y a été forcé ; il est moins coupable qu'il n'est à plaindre. Je vous plains aussi beaucoup, et pourtant je vous donne tort ; car après avoir couché tout un mois avec lui sans qu'il vous donnât une seule preuve de sa puissance, vous ne pouviez que supposer la vérité. Eussiez-vous même été parfaitement novice, M. de Sanci aurait dû vous mettre au fait ; car il dot bien savoir qu'il n'est au pouvoir d'un homme de se trouver côte à côte d'une jolie femme, de la presser à nu entre ses bras pendant si longtemps, sans se trouver, malgré sa volonté, dans une situation physique telle qu'il sera forcé de se dévoiler, s'il n'est pas entièrement privé de la faculté qui fait son essence. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2015)