« Il y a mille façons d'exprimer la même idée, mais si vous ne trouvez pas le télescopage idéal entre une une forme et une idée, vous n'avez rien. »
Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
« Quand je parle de "complot de l'art" j'emploie une métaphore comme lorsque je parle de "crime parfait". On ne peut davantage désigner les instigateurs du complot qu'on ne peut repérer les victimes. Car le complot n'a pas d'auteur et tout le monde est à la fois victime et complice. Il se passe la même chose en politique : on est tous dupés et tous complices du mode de mise en scène, par exemple. Une sorte de non-croyance, de non-investissement fait que tout le monde joue un double jeu dans une espèce de circularité infinie. Or, cette circularité me paraît contradictoire avec la forme même de l'art qui supposerait une séparation nette entre le "créateur" et le "consommateur". »
Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)
« Que l'homme est donc un être faible... faible ! Où allons-nous ? On finira par ne voir que le chair, on ne verra plus l'esprit. On perd le sens des vraies valeurs. Nous ne sommes que des... des corps faits uniquement de chair, nous sommes des êtres intelligents, des êtres doués de volonté. »
le sexe au confessionnal. Norberto Valentini et Clara Di Meglio. Flammarion (1973)« Une belle femme se doit d'avoir le teint clair, le visage ovale, les cheveux blonds, les yeux bleus, les sourcils bruns arqués et fins, la poitrine haute, petite ferme, la taille fine, les hanches étroites et le corps menu : l'idéal corporel est celui de la pucelle (jeune fille nubile) maintes fois décrites dans les romans Arthuriens. »
Rouge : histoire d'une couleur. Michel Pastoureau. Seuil (2016)
« Mon point de vue est anthropologique. De ce point de vue, l'art ne semble plus avoir de fonction vitale ; il est atteint par le même destin d'extinction des valeurs, par la même perte de transcendance. L'art n'échappe pas à cette forme d'effectuation de tout, à cette visibilité totale des choses à laquelle l'Occident est arrivé. Mais l'hypervisibilité est une façon d'exterminer le regard. Cet art, je le consomme visuellement, je peux même y prendre un certain plaisir, mais il ne me restitue ni illusion, ni vérité. Alors qu'on a mis en question l'objet, puis le sujet de la peinture, il me semble qu'on s'est peu intéressé à ce troisième terme : celui qui regarde. Celui-là est de plus en plus sollicité, mais il est tenu en otage. Y-a-t-il un regard pour l'art contemporain autre que le regard que porte le milieu artistique sur lui-même ? »
Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)