dimanche 17 mai 2026

« Je rencontrais Béatrice un peu moins souvent ; mais loin de me faire souffrir, ce relâchement était lui-même le signe de ma guérison. De sorte qu'au début et à la fin de cette passion, l'époque des rencontres espacées ne fut jamais une période douloureuse : à l'aller, tout attentif que j'étais de parvenir à son but -qui était de la posséder et ensuite, de multiplier nos rencontres et les occasions de la voir- je prenais chacune de ses échappées hors de la librairie ou de son domicile, pour des concessions merveilleuses de la Providence. Au retour, quoique je l'eusse ainsi voulu afin de moins souffrir, de mieux me protéger, puis de me guérir tout-à-fait, le  souvenir des débuts de mon amour et l'allusion constante à cette période ascendante, rendaient l'espacement de nos rencontres un peu mélancolique, mais ils ne me donnaient pas la douleur que le moindre contretemps me causait trois ans plus tôt. Et je me persuadais que ma guérison était l’œuvre de ma volonté, alors que je ne faisais que subir une des lois les plus exactes dans l'histoire d'une passion et de son développement, qui est que la douleur, par suite d'un réflexe quasi biologique de survie et de conservation, est la cause du refroidissement des sentiments, et non comme on le croit généralement de leur exaspération. »

Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)

samedi 16 mai 2026

Visionnage toulousain en salle (87) avec Caroline et Louloute à l'ABC

 

 

 
C'est quoi l'amour ? Fabien Gorgeard (2026)
 
« Finalement, on s’est mariés comme ça, on s’est séparés comme ça, notre histoire n’était peut-être pas grand-chose, ça ne veut rien dire pour notre fille. »

[....] Le choix de Laure Calamy pour incarner Marguerite était-il une évidence ?
Fabien Gorgeart : Au démarrage de l’écriture, j’ai écrit pour Lyes et Mélanie : j’ai très vite pensé à eux, leurs personnages me sont apparus évidents : il fallait qu’ils soient dans cette histoire. Ensuite, pour le couple Laure et Vincent, c’est quand je me suis dit : à quel vieux couple je crois dans le paysage des comédiens que je connaissais que j’ai pensé à eux très vite. Parce que Laure et Vincent c’est une sorte de vieux couple : ils ont fait Conservatoire ensemble ; Laure a joué dans les premières pièces de Vincent et surtout, je les ai découverts dans un très beau moyen métrage qui s’appelle Un monde sans femme de Guillaume Brac, qui raconte une histoire d’amour qui n’arrive pas à se faire. Ils sont devenus ce qu’ils sont devenus depuis et j’avais vraiment envie de ne pas avoir que l’un ou l’autre : c’était vraiment les deux. Donc j’ai eu la chance que les deux acceptent.»
 
Vincent Raymond 2026
Stimento culture & art de vivre, autrement

Colette dans les fleurs

 
Rémi et Colette. Méthode de lecture traditionnelle. Joseph Juredieu, Eugénie Mourlevat, Andrée Roy. Magnard (1973)

L'aventure nous attend au coin de la rue

 

Anodin et Inodore contre personne. Nikita Mandrika (1978)

vendredi 15 mai 2026

« Plus tard. Il me revint ceci que Clara aimait à dire : “Je suis hors du temps. Laissez moi où je suis.” Et elle citait alors Walt Whitman : “Le temps est venu pour moi de m'asseoir devant la porte et de contempler la vie.” »

Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)

jeudi 14 mai 2026

Visionnage domestique toulousain (313)

 

La chinoise. Jean-Luc Godard (1967)
 
"Il faut confronter les idées vagues avec des images claires"


« Le souvenir que je n'ai pas saisi au moment où il affleurait dans ma mémoire, n'est plus tout à fait le même lorsque j'entreprends de le rapporter quelques heures plus tard : c'est comme une eau qu'on entend couler derrière une paroi rocheuse sans pouvoir l'atteindre, et qu'on ne reconnaît plus dans un bassin profond et plus large.
J'ai cru longtemps que je me déplaçais tout au long du fil droit de ma vie et que les objets de mon souvenir restaient immobiles, comme des silhouettes diminuant sur le quai d'une gare. Mais non, ils vivent eux aussi, et se déplacent selon des lois que je ne sais pas : et nos rencontres improbables, sont celles de deux univers en mouvement. »

Les portes de Gubbio. Danièle Sallenave. Hachette (1980)