Les Espaces Combattants
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
dimanche 26 avril 2026
« Perdrait-on beaucoup si les jeunes filles entre 17 et 20 ans, devaient faire trois années de service obligatoire ? On pourrait leur enlever leurs enfants, elle sont de toute façon trop jeunes. Et pas encore mûres, intellectuellement, pour le mariage. Ce pourrait être en même temps, sans surcharge, des années d'étude. La difficulté la plus grande tient à la formation graduelle de la personnalité et, peut-être, à l'importance des années d'expectative. Elles deviendraient trop réalistes, trop terre à terre. »
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« Ce qui, de ce dernier point de vue, apparaît alors, c'est que la solution juridico-symbolique (changer la loi afin que je sois reconnu pour ce que j'ai décidé d'être) de même que la solution réelle (refaire son corps de façon à ce qu'il ressemble à ce que j'ai décidé d'être) engagent l'une et l'autre un rapport à la vérité problématique qui ne peut pas laisser indifférent le philosophe. Car dans les deux cas, cela aboutira à tenter de soutenir un rapport mensonger à soi-même. Dans le premier en effet, j'obligerai tout le monde à dire que je suis une femme là où chacun qui m'aura connu homme sait que je suis bel et bien un homme. Dans le second, je tenterai de prendre mon paraître pour mon être. Car mon être, lui -quoi que la loi des hommes en dise ou quoi que mon corps paraisse- sera toujours le même qu'avant : l'écriture génétique en XX ou en XY qui me définit n'aura pas été changée d'un iota par ces opérations. et cela, au demeurant, ne semble guère envisageable avant longtemps. »
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«Cette transformation du pouvoir entamée en France dans les années 1960, c'est précisément ce que Lacan n'a pas pu venir, mais il n'est pas le seul. Il n'imagine pas que le capitalisme est susceptible d'entreprendre une conversion telle qu'il va fonctionner non plus sur la répression du désir, mais sur l'exaltation du désir, du désir dans sa valeur brute, première et non élaborée, c'est-à-dire sur la pulsion. Autrement dit, il ne perçoit pas la révolution culturelle libérale en préparation. »
samedi 25 avril 2026
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« Noter ceci ne revient pas à mettre en doute la distinction de l'érotisme et de la pornographie, elle existe bien sûr et elle est massive. Mais cet écart principiel ne doit pas masquer une continuité historique entre l'érotisme et la pornographie qui, pour regrettable qu'elle apparaisse, n'en existe pas moins. Il faut donc rendre compte et de cette différence et de cette continuité. C'est ce qu'on peut essayer de faire dans une proposition qui pourra paraître amusante, mais qui est probablement plus sérieuse qu'il n'y paraît : on pourrait dire que l'érotisme, c'est quand c'est flou, alors que la pornographie c'est quand c'est net . »

