vendredi 1 mai 2026

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (6)

L'avalanche est à bout de course

«Mais, si l'on y réfléchit bien, que font les artistes modernes de toute façon ? Est-ce que, comme les artistes depuis la Renaissance pensaient faire de la peinture religieuse et peignaient en fait des œuvres d'art, nos artistes modernes qui pensent produire des œuvres d'art, ne font pas tout autre chose ? Est-ce que les objets qu'ils produisent ne sont pas tout autre chose que de l'art ? Des objets-fétiches par exemple, mais des fétiches désenchantés, des objets purement décoratifs à usage temporel (Roger Caillois dirait : des ornements hyperboliques). »

Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)

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« Or il [cet antidiscours] est redoutablement difficile à démasquer parce qu'il repose sur une prémisse hyperdémocratiste, très en vogue aujourd'hui, c'est-à-dire très diffusée dans la doxa postmoderne. Ce discours s'appuie en effet sur la considération selon laquelle il est impossible de distinguer un objet réellement artistique d'un objet quelconque, au motif qu'il faudrait alors introduire une hiérarchie. On ajoute qu'introduire une hiérarchie, ce serait imposer des valeurs arbitraires. »

La Cité perverse : libéralisme et pornographie. Dany-Robert Dufour. (2012)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (94)


« Dans le monde des Jeunes-Filles, le coït apparaît comme la sanction logique de toute expérience. »
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 
photographie dOrnella Muti
 

jeudi 30 avril 2026

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (5)

 

 
La naufragée du métier adoptait la méthode Ogino

« L'art est devenu iconoclaste. L'iconoclasme moderne ne consiste plus à briser les images, mais à fabriquer des images, une profusion d'images où il n'y a rien à voir. »

Le complot de l'art : illusion et désillusion esthétiques. Jean Baudrillard. Sens & Tonka (2005)

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« C'est ici que dans ce sadisme appliqué à la consommation intervient une seconde ruse : à la Lolita promise on substitue le produit qui présente la fille (le magazine) et / ou le produit que présente la fille (son pull, ou son jean, ou sa lingerie fine...) C'est finalement un processus assez dangereux qui est activé, remonté et lancé : il suppose en effet que le spectateur puisse se contenter, au terme de ce processus destiné à l'intéresser et le compromettre d'un expédient, d'une consolation destinée à faire retomber la tension. C'est justement là que la Cité perverse, saturée de ces processus sadiens, peut constituer un facteur déclenchant de la motion perverse éventuellement présente chez un individu. Il suffit en effet que cet individu compromis refuse l'expédient et veuille la chose promise pour que l'accident survienne. En d'autres termes, il est à craindre que certains, chauffés à blanc, ne parviennent pas à s'arrêter en cours de route, en achetant simplement soit le magazine montrant la fille ou sa culotte. Car ce qu'ils veulent, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est la petite fille.  »

La Cité perverse : libéralisme et pornographie. Dany-Robert Dufour. (2012)