samedi 13 juillet 2024

116

«[...]

Plus je médite sur la capacité, que nous avons, de nous tromper, plus je sens que s'échappe de mes doigts las le sable invisible des certitudes évanouies.

[...]»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

Thématique printanière Bryan Ferry 8

I asked your mother for you
She told me that you was too young
I wish to the Lord I'd never seen your face
Or heard your lying tongue

Irene goodnight, Irene goodnight
Goodnight Irene, Goodnight Irene
I'll see you in my dreams

Sometimes I live in the country
Sometimes I live in the town
Sometimes I have a great notion
To jump into the river and drown

Irene goodnight, Irene goodnight
Goodnight Irene, Goodnight Irene
I'll see you in my dreams

I love Irene God knows I do
Love her till the sea run dry
And if Irene turns her back on me
I'm gonna take morphine and die

Irene goodnight, Irene goodnight
Goodnight Irene, Goodnight Irene
I'll see you in my dreams
Goodnight Irene, Goodnight Irene
I'll see you in my dreams


Huddie Ledbetter, Alan Lomax, John Sr. Lomax

Réminiscence personnelle (74)

110

«La banalité est un foyer. Le quotidien est maternel. Après une large incursion dans la grande poésie, sur les montagnes de l'aspiration sublime, les rochers du transcendant et de l'occulte, on trouve plus que délicieux et revigorant de rentrer à l'auberge où les imbéciles heureux rient aux éclats, de boire avec eux, devenu idiot pareillement, tel que Dieu nous a faits, content de l'univers qui nous a été donné, et laissant le reste à ceux qui gravissent des montagnes pour ne rien faire une fois là-haut.

[...]»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

mercredi 10 juillet 2024

 
Mercredi 10 juillet 2024 à 19H, la Petite Boutique après les terribles souvenirs équestres de Denis Podalydès nous restons dans le monde du cheval mais dans l’univers des courses hippiques et des petits escrocs qui gravitent autour, à partir du film Courte tête de Norbert Carbonnaux sorti en 1956. La Petite Boutique Fantasque le seule émission à la cuisse magnétique.

Programmation musicale :
1) Ca va ça vient (Pierre Barouh)
2) Alphaville (Bryan Ferry) Bryan Ferry jazz orchestra
3) Prélude 1 : The middle pillar (Zorn)
4) Rhiannon (Fleetwood Mac)
5) Far post (Robert Plant)
6) French cancan (Jacques Offenbach) Jules et son limonaire
7) Crazy man Michael (Fairport convention)
8) Danser dans les orties (Fernand Bernadi)

+ cinq extraits de Courte-tête (Norbert Carbonnaux)

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF :
https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/sil-la-poussait-sur-8000-cela-ne-métonnerait-pas-la-petite-boutique-fantasque/
Sus aux Philistins !

Photographie : Jack Delano

dimanche 7 juillet 2024

Dictionnaire additif (7) pour poème-continuum


 

Thématique printanière Bryan Ferry 7

Tell me something I must know
The burning question why
Half a man is twice as much
When he's on the line
Happiness - hard to get
Valentine in hand
None of them will ever guess
But you understand
How many men in a world of their own
There is no end to the great unknown
Tell me something I must know
I'm outside looking in
Train of mirrors none so fair
Let the show begin
How many men in a world of their own
There is no end to the great unknown

Valentine. Bryan Ferry

85

«Toute la journée, dans toute la désolation de ses nuages légers et tièdes, a été occupée par les informations annonçant une révolution. Ces nouvelles, vraies ou fausses, m'emplissent toujours d'un malaise particulier, mélange de dédain et de nausée physique. Cela fait souffrir mon intelligence que des gens pensent changer quoi que ce soit en s'agitant. La violence, quelle qu'elle soit, a toujours été pour moi une forme exorbitée de la stupidité humaine. Par ailleurs, tous les révolutionnaires sont stupides, comme le sont, à un degré moindre, parce que moins gênant, tous les réformateurs.

Révolutionnaire ou réformateur -l'erreur est la même. Impuissant à dominer et réformer sa propre attitude à l'égard de la vie, qui est tout, ou son être, qui est presque tout, l'homme se dérobe en cherchant à modifier les autres et le monde extérieur. Tout révolutionnaire, tout réformateur est un évadé. Combattre c'est ne pas être capable de se combattre soi-même. Réformer c'est ne pas avoir amélioration possible.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

samedi 6 juillet 2024

Complainte amoureuse

Oui, dès l’instant que je vous vis, 
Beauté féroce, vous me plûtes ; 
De l’amour qu’en vos yeux je pris, 
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ; 
Mais de quel air froid vous reçûtes 
Tous les soins que pour vous je pris ! 
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis : 
Dans votre dureté vous sûtes 
Mépriser tout ce que je fis. 
Même un jour je vous écrivis 
Un billet tendre que vous lûtes, 
Et je ne sais comment vous pûtes 
De sang-froid voir ce que j’y mis. 
Ah ! fallait-il que je vous visse, 
Fallait-il que vous me plussiez, 
Qu’ingénument je vous le disse, 
Qu’avec orgueil vous vous tussiez ! 
Fallait-il que je vous aimasse, 
Que vous me désespérassiez, 
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse, 
Et que je vous idolâtrasse 
Pour que vous m’assassinassiez !

Alphonse Allais

Et pendant ce temps inversé-là (20)


 

90

«[...] 

Un homme, même si je peux le reconnaître en pensée que c'est un être vivant comme moi, a toujours eu, pour ce qui est en moi, involontairement, est véritablement moi, moins d'importance qu'un arbre si l'arbre est plus beau. C'est pourquoi j'ai toujours considéré les mouvements humains -les grandes tragédies collectives de l'histoire ou de ce qu'on fait d'elle- comme des frises de vives couleurs, vides de l'âme de ceux qui les parcourent. Jamais ne m'a pesé ce qui avait pu arriver de tragique en Chine. C'est un décor lointain, même à sang et à peste.

Je me rappelle, avec une tristesse ironique, une manifestation d'ouvriers, sous l'égide de je ne sais quelle sincérité (j'ai toujours du mal à admettre la sincérité dans les mouvements collectifs, dans la mesure où l'individu, seul avec lui-même, est l'unique être qui sent). C'était un groupe compact et désordonné de crétins animés, qui avait défilé en criant des choses diverses face à mon indifférence hors-jeu. J'ai subitement eu la nausée. Ils n'étaient même pas suffisamment sales. Ceux qui souffrent vraiment ne font pas dans la plèbe, ne s'organisant pas en groupe. Quand on souffre on souffre seul

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

«Dans le charme qu'avait Albertine à Paris, au coin de mon feu, vivait encore le désir que m'avait inspiré le cortège insolent et fleuri qui se déroulait le long de la plage et, comme Rachel gardait pour Saint-Loup, même quand il le lui eut fait quitter, le prestige de la vie de théâtre, en cette Albertine cloîtrée dans ma maison, loin de Balbec, d'où je l'avais précipitamment emmenée, subsistaient l'émoi, le désarroi social, la vanité inquiète, les désirs errants de la vie de bains de mer. 
Elle était si bien encagée que certains soirs même, je ne faisais pas demander qu'elle quittât sa chambre pour la mienne, elle que jadis tout le monde suivait, que j'avais tant de peine à rattraper filant sur sa bicyclette et que le liftier même ne pouvait pas me ramener, ne me laissant guère d'espoir qu'elle vînt, et que j'attendais pourtant toute la nuit.»

La prisonnière. Marcel Proust. GF Flammarion (1987)

92

«[...] 

Mon désir est de fuir ce que connais, fuir ce qui est mien, fuir ce que j'aime. Je désire partir - non pour des Indes impossibles, ou les grandes îles du Sud de tout, mais pour l'endroit, n'importe lequel -hameau ou désert- qui ne soit intrinsèquement pas celui-ci.»

Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo SoaresFernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (72)

«Quand la Jeune-Fille s'abandonne à son insignifiance, elle en tire encore gloire, c'est qu'elle s'amuse

Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)