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« D'autant que cette double contrainte a pris aujourd'hui des proportions colossales. Qu'on en juge : on ne peut feuilleter un magazine ou voir ses couvertures affichées dans les kiosques ou sur les murs de la ville sans trouver quantité de photos montrant de très jeunes filles, paraissant douze ou quatorze ans au plus, dans des poses très suggestives, c'est-à-dire très provocantes, comme des femmes sachant parfaitement user de leurs charmes au point de paraître prêtes à recevoir et à assumer des propositions très directes, voire même à les faire.
C'est pour le côté pervers. Mais le côté puritain n'est pas loin. Parce que s'il prenait à quiconque la mauvaise idée de lorgner, ou même de sourire gentiment, voire innocemment, à une jeune fille de douze ans dans la rue, il ne faudrait pas longtemps avant que cet individu soit identifié comme le dangereux pédophile de service, susceptible d'être mis hors d'état de nuire par une escouade de mamans en colère prêtes à lui tomber dessus ou à appeler la maréchaussée à la rescousse. Bref, aimer les jeunes filles et faire des photos d'elles ou leur offrir des jouets, comme Lewis Carroll ou comme Pierre Louÿs en leur temps, conduirait aujourd'hui l'individu qui se livrerait à ces turpitudes à subir l'obligation judiciaire de soins telle qu'instituée par la loi du 17 juin 1998, pour les auteurs d’agressions sexuelles. »
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