jeudi 30 avril 2026

263

« C'est ici que dans ce sadisme appliqué à la consommation intervient une seconde ruse : à la Lolita promise on substitue le produit qui présente la fille (le magazine) et / ou le produit que présente la fille (son pull, ou son jean, ou sa lingerie fine...) C'est finalement un processus assez dangereux qui est activé, remonté et lancé : il suppose en effet que le spectateur puisse se contenter, au terme de ce processus destiné à l'intéresser et le compromettre d'un expédient, d'une consolation destinée à faire retomber la tension. C'est justement là que la Cité perverse, saturée de ces processus sadiens, peut constituer un facteur déclenchant de la motion perverse éventuellement présente chez un individu. Il suffit en effet que cet individu compromis refuse l'expédient et veuille la chose promise pour que l'accident survienne. En d'autres termes, il est à craindre que certains, chauffés à blanc, ne parviennent pas à s'arrêter en cours de route, en achetant simplement soit le magazine montrant la fille ou sa culotte. Car ce qu'ils veulent, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est la petite fille.  »

La Cité perverse : libéralisme et pornographie. Dany-Robert Dufour. (2012)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire