samedi 18 avril 2026

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« Mandeville et Sade sont parfaitement d'accord : non seulement il faut fermer les maisons de charité,mais surtout il faut ouvrir les maisons closes :

- Les jeunes filles étourdies, sans expérience, aimant le badinage se conduisent [écrit Mandeville] avec tant de légèreté dans leur première passion, qu'elles ne manquent guère d'être prises, et qu'un homme ne trouve plus de sécurité à demeurer fidèle. Ainsi bien des femmes, qui pourraient rendre au public des services signalées, lui deviennent inutiles en peu de temps, et il se trouve par un calcul modeste que nous perdons en un an assez de femmes vertueuses pour servir la nation pendant dix ans. Les maisons publiques règleront cette affaire avec tant d’exactitude et de précision que, l'un portant l'autre,nous emploierons chaque année autant de femmes qu'il faudra pour le service public, sans qu'il y en ait une seule de trop, ou de moins.

- Il y aura donc [dit Sade] des maisons destinées au libertinage des femmes, et, comme celles des hommes, sous la protection du gouvernement ; là leur seront fournis tous les individus de l'un ou l'autre sexe qu'elles pourront désirer, et plus elle fréquenteront ces maisons, plus elles seront estimées. »

La Cité perverse : libéralisme et pornographie. Dany-Robert Dufour. (2012)

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