Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
mardi 29 novembre 2022
PBF 2022.31 : Le dimanche de la vie
samedi 26 novembre 2022
«Ils confondaient naïvement le beau et le divin. Mais voici que les raisons profondes de ce sentiment plastique qui s'est élevé en Europe au début du XXe siècle commencent à apparaître, et à se démêler. L'homme a délégué son activité aux machines. Il s'est départi pour elles de la faculté de penser. Et elles pensent les machines. Dans l'évolution de cette pensée, elles dépassent l'usage prévu.»
Le paysan de Paris. Louis Aragon. Folio Gallimard (1972)
vendredi 25 novembre 2022
«On vous donne un encrier de verre qui se ferme avec un bouchon de champagne, et vous voilà en train. Images, descendez comme des confetti. Images, images, partout des images. Au plafond. Dans la paille des fauteuils. Dans les pailles des boissons. Dans le tableau du standard téléphonique. Dans l'air brillant. Dans les lanternes de fer qui éclairent la pièce. Neigez images, c'est Noël. Neigez sur les tonneaux et sur les coeurs crédules. Neigez dans les cheveux et sur les mais des gens.»
Le paysan de Paris. Louis Aragon. Folio Gallimard (1972)
jeudi 24 novembre 2022
«Mais ma prédilection va aux véritables habituées. on peut les voir souvent. On les retrouve. Il n'est pas besoin de les approcher. On se fait une idée de chacune avec le temps. D'une année à l'autre, à peine si elles changent. On suit en elles la marche des saisons, la mode. Elles varient insensiblement avec le ciel, comme ces marionnettes des baromètres de la Forêt-Noire qui mettent une robe mauve les jours de pluie. L'air qu'elles fredonnent change aussi : on le connaît toujours, on le reconnaît même. Quelques-unes se dispersent, les autres vieillissent. Chaque printemps renouvelle un peu leur contingent.»
Le paysan de Paris. Louis Aragon. Folio Gallimard (1972)



