dimanche 2 août 2015

«Un jour, dans un magasin de nouveautés, j'entendis un jeune homme demander une cravate... de mauvais goût.
- Oui, disait-il, c'est pour offrir à une personne qui a mauvais goût, alors si vous me donniez une cravate de bon goût, ça ne lui plaira pas.»

Les Employés du gag : Gardez le sourire, la Caméra invisibleJacques Rouland. Calmann-Lévy (1966)

samedi 1 août 2015

Filmographie d'été (1bis)


Filmographie d'été (1)


Tourné après la mort brutale de l'ex-compagne de Philippe Garrel la chanteuse Nico, J'entends plus la guitare est le portrait déchirant d'une génération qui passe à la quarantaine, des "héros" des années 70 qui n'en sont plus, des mystiques sommés de faire face à la réalité, des chantres de l'amour fou inaptes à l'amour heureux. C'est la fin d'une époque, le film le plus mélancolique de  Garrel, son film le plus mat, quand on a beau crier et que les choses ne résonnent plus.

J'entends plus la guitare. Philippe Garrel. Why not productions (1991)

Série les Petites Amoureuses : troisième évocation des Papillons (Motyle) de Janusz Nasfeter


Cette affiche résume admirablement l'intrigue de ce film d'enfants. Y transparaît la différence de maturité entre les garçons et les filles à cet âge-là. Comme je ressemblait au garçon du deuxième plan !
«Le destin de l'homme n'est rien autre que sa propre personnalité, et il se manifeste dès sa sortie du berceau. On a beau prétendre que le milieu social influence l'être humain, il ne change rien. Qu'il soit né dans la pourpre et qu'il soit élevé par Fénelon, celui qui est destiné à diriger une épicerie restera épicier, aura âme et intelligence d'épicier, même si son milieu social le hisse à la direction d'un royaume. Il a pu venir au monde sur un tas de fumier, vivre parmi les voyous et rester illettré toute sa vie, cet autre qui, dans le brasier mystérieux des conceptions, a reçu les trésors de la pensée et des hauts sentiments, il sera toujours un penseur et un foyer de haute existence.
Du bon génie, le milieu social ne fera jamais un mauvais génie, ni une fripouille ; de l'homme-pantin, il pourra faire à volonté un marchand de vin ou un stupide avocat. Sur celui-ci l'influence du milieu exercera tous ses caprices ; sur l'autre, elle ne pourra absolument rien. Et ainsi, rien ne sera changé, ni dans un cas, ni dans l'autre.»

CodinePanaït Istrati. Le Quadrige d'Apollon P. U. F. (1964)

«Au moment où il empocha l'argent, le désespoir de Boulkine dépassa toutes les bornes. Il était prêt à pleurer et gesticulait comme un possédé.
- Enfants du Bon Dieu, hurla-t-il, en s'adressant à toute la chambrée ahurie, regardez-le ! Rien que des menteries et des menteries !
- Qu'est-ce que cela peut te foutre enfin ? lui crièrent encore les forçats étonnés de sa fureur. T'es maboul, dis ? 
- Non, je ne laisserai pas blaguer ainsi, hurla encore Boulkine en roulant des yeux et en assenant un formidable coup de poing sur le bat-flanc. Je ne veux pas de ses menteries.»

Souvenirs de la maison des mortsDostoïevski. Éditions Gallimard (1950)

L'Éblouissement des prémisses (incipit 6)

«On a souvent prétendu que la philosophie avait pris naissance à l'étranger, Aristote (Livre de la Magie) et Sotion (Filiations, livre XXIII) disent que les Mages en Perse, les Chaldéens en Babylonie et en Assyrie, les Gymnosophistes dans l'Inde et les gens appelés Druides et Semnothées chez les Celtes et les Gaulois, en ont été les créateurs. Ils rappellent qu'Ochus était Phénicien, Zamolxis Thrace et Atlas Lybien. De leur côté, les Égyptiens prétendent qu'Héphaistos, le créateur des principes de philosophie enseignés par les prêtres et les prophètes, était fils de Nilos.»

Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres : introductionDiogène Laërce. Garnier-Frères (1965)