jeudi 5 juin 2014

Extrait de l'Éloge du sein des femmes (3)



Sur les femmes qui montrent leur sein.
Epigramme

Les filles qui, au temps passé,
Vouloient descouvrir leur visage,
Ceste coustume ont délaissé
Pour de leur sein nous faire hommage ;
Si elles en continuent l’usage,
Descouvertes jusqu’à l’arçon,
Sus, sus ! enfants, prenons courage,
Nous leur verrons bientôt le c...


Le Cabinet satyrique, ou Recueil parfaict des vers piquants et gaillards de ce temps, tiré des secrets cabinets des sieurs de Sygognes, Régnier, Motin, Berthelot, Maynard et autres des plus signalez poètes de ce siècle (1864)


Épiphanie artefactuelle (6)


« Entre des arbres et des barrières,
Entre des murs et des mâchoires,
Entre ce grand oiseau tremblant
Et la colline qui l'accable,
L'espace a la forme de mes regards. »

Ne plus partager. Paul Eluard. Capitale de la douleur (1926)

Projet Terramycine 1 : déclinaison radiophonique



Petit lecteur mais grande émission...

Projet Terramycine 1 : Les points rouges (quatrième partie)




«Les produits usuels en céréales consistaient en épeautre ou froment, en orge et en millet ; puis venaient la rave, le raifort, l'ail, le pavot ; puis pour la nourriture du bétail principalement, le lupin, la fève, le pois, la vesce et quelques autres plantes fourragères. [...] L'olivier se plantait au milieu même des autres semences ; la vigne plantée isolément garnissait les coteaux. Les arbres à fruit n'étaient point oubliés : figuiers, poiriers, pommiers, etc. De même, on utilisait, soit pour le bois d'abattage, soit pour la litière et le fourrage, les ormes, les peupliers et les autres arbres et arbrisseaux feuillus. Par contre la nourriture végétale faisant le fond des repas, et les Italiens ne mettant que rarement de la viande sur leur table, viande de porc ou d'agneau presque toujours, l'élevage de bestiaux ne joue qu'un rôle subordonné dans leur économie rurale ; non qu'ils méconnussent tout à fait les rapports si utiles entre la production en bétail et celle des champs ; ils n'ignoraient point, assurément, les avantages d'une bonne fumure ; mais avec tout cela il n'ont, ni eux ni l'antiquité en général, su réaliser comme les modernes, l'association féconde des travaux de la terre et de l'élève du bétail.»

Histoire romaine Livre I à IV : Des commencements de Rome jusqu'aux guerres civiles. Theodor Mommsen. Bouquins Robert Laffont (1985)

mardi 3 juin 2014

«Il ne s'agissait pas de renoncer à la raison gratuitement : le but était de participer à la vie en société. Il essayait de toujours chercher le moteur de raisons qui anime chaque être, il savait combien le libre arbitre avait peu de place dans le choix des opinions. Une part de son malheur venait du fait qu'il vivait sous le règne de la tragédie énoncée par Jean Renoir, à savoir que "le malheur en ce monde, c'est que tout le monde a ses raisons". Comme un sacerdoce, il appliquait la formule de Spinoza :"Ne pas déplorer, ne pas rire, ne pas détester, mais comprendre", cherchait toujours à ne pas juger, même ce qui voulait le blesser et le soumettre. Antoine était le genre d'âme qui pourrait fabriquer un appareil dentaire pour requin et serait capable de l'installer dans sa gueule. Pourtant, s'il essayait de comprendre, ce n'était  pas de cette manière religieuse qui consiste à tout pardonner avec condescendance. Exagérément peut être, il voyait sous le vernis de la liberté et du choix la nécessité et la mécanique d'une machine se nourrissant des âmes humaines. En même temps, car il essayait d'être aussi objectif sur lui-même que sur les autres, il constatait qu'en essayant de tout comprendre, il avait appris à ne pas vivre, à ne pas aimer, et qu'on pouvait interpréter son extrême probité intellectuelle comme une peur de s'engager dans la vie et d'y occuper une place définie.»

Comment je suis devenu stupide. Martin Page. Editions Le Dilettante (2000)

lundi 2 juin 2014

«Cependant mon père, qui fut averti de cette amourette, en craignit les suites et pour les interrompre, il voulut me marier. Après avoir examiné les meilleurs partis de la province, il crut ne pouvoir mieux s'adresser qu'à Gabrielle de Toulongeon, fille d'Antoine de Toulongeon, gouverneur de Pignerol, et de Françoise de Rabutin, soeur du baron de Chantal.
Lorsque mon père prit ce dessein, il le dit à tous ses amis, afin d'ôter par là toute espérance à ma cousine. Cela fit l'effet qu'il s'était promis : la demoiselle qui avait paru jusque-là si passionnée, prit bientôt son parti et résolut de rompre tout commerce avec moi. Ce qui me surprit fort, car encore bien que je sache qu'on ne se pende pas d'ordinaire en ces rencontres, il est pourtant naturel d'être d'abord dans une grande douleur et d'avoir de la peine à en revenir.»

Mémoires. Comte Bussy-Rabutin. Mercure de France (2010)