« C'est moi qui à présent vais vous donner des explications. Mademoiselle Barbe, reprit-il d'une voix plus forte, vos reproches étaient sans doute fondés et, comme vous me l'avez fait observer, je me suis agité en vain. Mais ces reproches qui seraient accablants pour un autre ne m'atteignent pas tout à fait. Je puis en effet vous le confier, je ne suis entré dans la maison qu'en passant et je ne désire pas être locataire. Lorsque j'étais dans la rue, il m'a semblé que quelqu'un me faisait signe et j'ai eu envie de chercher qui m'avait appelé. Ensuite les choses ne se sont pas passées comme je le croyais ; j'ai rencontré beaucoup de difficultés et finalement je n'ai pas abouti. Mais si j'ai commis des fautes par manque de réflexion et par ignorance, je n'ai pas perdu mon projet de vue. C'est à ce but que je songe toujours. »
Aminadab. Maurice Blanchot. L'imaginaire Gallimard (1942)
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