lundi 1 septembre 2025

PBF 2025.22 : la tirelire argentine (première diffusion 3 septembre 2025)

La tirelire argentine de Jean-Christophe

Et si nous voyagions un peu ? En Amérique latine, en Argentine notamment avec Jean-Christophe comme guide...

Programmation musicale :
1) Red bank Boogie (Count Basie Orchestra)
2) Valse caprice n°1 (
Gabriel Fauré) Lucas Debargue
3) Le vent nous portera (Sophie Hunger)
4) Little tango (Richard Galliano / Michel Portal)
5) El marne (Juan Jose Mosalini)
6) A fuego lento (Nestor Marconi et Oceo Buenos Aires)
7) Besos de sangre (John Zorn)
8) Los tanguitos (Cuarteto Cedron)
9) La peregrinacion (Minimo Garay / Jean-Pierre Como / Jérôme Regard / Pierre Bertrand)

+ la lecture du texte de Jean-Christophe par lui-même, La tirelire argentine

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/la-tirelire-argentine-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

photographie de Werner Bischof


dimanche 31 août 2025

Souvenir Saint-Honoré (janvier 71)

« Jeannette S[imon]

Un dimanche après-midi, je l'ai complètement déshabillée (avec d'ailleurs, je suppose, beaucoup de maladresse : comment dégrafer un soutien-gorge d'une seule main ; c'est depuis quelques mois que j'y parviens ; et d'ailleurs la mode ou mon choix -ou la fatalité ?- me portent vers des femmes qui ne portent pas de soutien-gorge ; et d'ailleurs on peut se demander pourquoi J[eannette] en portait-elle un !) : elle avait vraiment un corps de petite fille, la poitrine à peine marquée par des renflements, des longues jambes fuselées, un ventre à peine bombé, la taille à peine marquée, la strie nette du sexe sous une touffe de poils à peine bruns.
Je pense que c'était l'une des premières fois qu'elle était nue devant un homme et c'était certainement la première fois que la nudité d'une femme était aussi affirmée, aussi divine, contrastant tellement avec la nudité glauque des autres (rencontres furtives et inutiles, dans le noir, sous les draps).
Mais j'avais honte de ma nudité et d'ailleurs j'étais incapable d'aimer
J[eannette]. Elle voulait rester vierge, elle voulait que je la force (et elle s'est angoissée de plus en plus que je ne le fasse pas) mais je n'ai pas essayé ; je la caressais (très superficiellement, je ne pense pas l'avoir fait jouir une seule fois) et je me laissais caresser.
Les éléments du système étaient en place : elle avait besoin de moi, elle s'offrait à moi et je la repoussais. Elle ne me fascinait pas ; elle ne cherchait pas à m'échapper. »

Lieux. Georges Perec (2022)

mercredi 27 août 2025

Réminiscence personnelle (85)

« Je ne veux pas oublier. Peut-être est-ce le noyau de tout le livre : garder intact, répéter chaque année les mêmes souvenirs, évoquer les mêmes visages, les mêmes minuscules événements, rassembler tout dans une mémoire souveraine démentielle. »

Lieux. Georges Perec (2022)

dimanche 24 août 2025

« Et la Fenice devient le théâtre d'une étrange orgie de travestis. Comme la vérité dénudée du théâtre, du carnaval. Les entrevoir, seins trop blancs, gonflés d'hormones, frémissements, paupières ornées de khôl ou pailletées, plumes enroulées. Leurs gestes frileux. Ou ce rien étrangement mouvant, bruyant,  peureux. Poissons aux nageoires fluorescentes, odeur entêtante du kif, les bagues d’améthystes scintillaient doucement dans le noir. Poupée pop. Buée de santal. Celui qui geignait comme une accouchée, tout s'évaporait en rosée, corpuscules, vers luisants. Les courroies, les colliers de cuir à même la peau. Volute. »

L'Italie. Guy Scarpetta. Grasset  (1983)