vendredi 8 mars 2019


«J'avais seize ans, j'ai vu Chaplin la Chevauchée fantastique, la Partie de campagne, le Jour se lève ; ça m'a donné l'esthétique, je crois que depuis on n' a rien fait de nouveau : le zoom, le son, la couleur, ça n'est pas nécessaire ; les anciens n'avaient pas de technique, ils usaient de leur cerveau ; on cherchait le moyen  de dire quelque chose ; c'est comme l'amour avec le coeur ; plus tard on a connu les techniques, on a fabriqué régulièrement des films et l'amour c'est perdu.»

Jiri Menzel. Propos recueillis par A. Tournès et B. Nave.

jeudi 7 mars 2019

Éblouissement des prémisses (43) : proposition de Sophie

«Tu redoutes cet accouchement dont tu prévois que, comme les autres, il sera suivi par des jours de dépression et de profonds bouleversements, souffrances du corps qui se vide et doit retrouver un autre équilibre. Irruption d'un petit être dont tu es désormais totalement responsable. Obsédantes questions sur la vie et sur la mort, resurgissement de l'enfance, de blessures secrètes, de drames oubliés... Modification des rapports à la mère, au père, au mari... Fardeau de cette nouvelle charge alors que les trois autres enfants sont encore en bas âge... Fatigue... Epuisement qui te persuade que tu as tort de donner la vie, puisque toute existence est peur, solitude, souffrance, attente vaine, et pour finir enfouissement dans la fosse...»

Lambeaux. Charles Juliet. POL (1995)

«Je suis ravi de la tempête que j'ai provoquée. C'est notre spécialité. Le jour du vernissage de cette exposition (à minuit), la rue Bonaparte était  militairement investie par quelques policiers. La salle aussi. Les tableaux ont dû être assurés. Plus de mille personnes sont venues, bien qu'il ait neigé ce jour-là. [...]
P.S. : emmerder les cons voilà ce qui m'intéresse le plus.»

Lettre à Sebastia Gasch. Joan Miro. 

Éblouissement des prémisses (42)

«Il vit à sa droite le groupe sonore que faisaient les amateurs de croquet. Il s'en approcha en traînant les pieds. De vieux messieurs se livraient avec ardeur aux subtilités de ce jeu singulier, s'interpelant avec vigueur, discutant avec âpreté, levant les bars au ciel de désespoir ou de triomphe. Les spectateurs liaient conversation appréciant les coups.»

Les derniers jours. Raymond Queneau. Gallimard (1936)

mercredi 6 mars 2019

PBF 2019.07 : DirectLive du 6 mars 2019

Mercredi 6 mars 2019 à 19H sur Radio-Radio, (en hertzien Toulouse : 106.8 Mhz ou sur https://www.radioradiotoulouse.net). Le site est en pleine transformation ! Vous allez le trouver changé. N'hésitez à me faire part des problèmes, difficultés ou interrogations que vous pourriez rencontrer. Nouveau DirectLive avec Jeanne Tympa au studio de RadioRadio à Toulouse. Ah cela change des émissions parisiennes ! Que des valeurs sûres, patinées par le temps et orientées rock !

Liste des morceaux diffusés :

1) Pigs : 3 different ones (Pink Floyd)
2) Station to station (David Jones)
3) More than this (Roxy music)
4) Whole lotta love (Led Zeppelin)
5) Like a hurricane (Neil Young)
6) Toutou mécanique (Les têtes à claques)
7) Encore un petit café (Hubert Félix Thiéfaine)
8) Bois ton café, il va être froid (Rosette)

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y aura possibilité de rattrapage avec les podcasts probablement là : https://www.radioradiotoulouse.net/emissions-podcasts.

dimanche 3 mars 2019

«Il y a je le sens, à travers les mots, comme un aiguillon de la chair qui le pousse à une nouvelle passion, ombre plus sombre de la première, assombrissant jusqu'à sa propre compréhension de lui-même.»

Ulysse. James Joyce. Gallimard (1957)
«Elle était belle à voir. Elle avait sa robe bouton d'or, grand décolleté avec tous ses  avantages en montre. Son haleine toujours parfumée au girofle quand elle se penchait au théâtre pour poser une question. Je lui racontais ce que dit Spinoza dans le livre du pauvre papa. Hypnotisée, écoutant. Avec des yeux grands comme ça. Elle se penchait. Un particulier au balcon, qui lorgnait son corsage tant qu'il pouvait. La beauté de la musique il faut deux fois pour la comprendre, la femme et la nature c'est en un clin d'oeil. Dieu a fait l'air l'homme la chanson.»

Ulysse
. James Joyce. Gallimard (1957)