jeudi 25 mai 2017

PBF Jalna (rediffusion 25 mai 2017)

ProgrammeUn homme a crié (Béatrice Tekielski) / Le luneux (Malicorne) / La vieille djellaba (Jean-Marc le Bihan) / On vit pourtant (La Foire aux chapeaux) / Virgin mary had a son (The Retreat singers) / Il y a beau temps (Monique Pianéa) / Grenoble (Gribouille) / Que je t'aime (Camille)

+ extraits de Baisers volés (François Truffaut) + bande annonce A bas bruit (Judith Abitbol)

+ lecture de Jalna de Mazo de la Roche par Salomé

dimanche 21 mai 2017

Correspondance avec J.-C.

«De retour aux premières lignes vers la fin du mois de mai 1937 après un courte permission et un hiver passé dans les tranchées du front d'Aragon, O... est atteint au cours d'une inspection aux avant-postes d'une balle qui lui traverse le cou de part en part. D'abord sommairement pansé et soigné ensuite dans divers hôpitaux, il est réformé et, son bulletin de démobilisation en poche, regagne Barcelone où il arrive les derniers jours de juin pour être aussitôt pris en chasse par la police.»

Les Géorgiques. Claude Simon. Les Éditions de Minuit (2006)

samedi 20 mai 2017


Quelque chose rapproche ce film de Godard... Peut être la virtuosité de l'image... Peut être la présence de Laslo Szabo, sa vieillesse... comme celle de Godard...

«On dirait alors que dans la pile brisée, il y avait surtout trois grandes assiettes, qui sont aussi les cercles traditionnels de l’expérience (et les catégories usuelles de la critique de cinéma). Ivan Dédalus, le frère peut-être ennemi, des Affaires étrangères au Tadjikistan, c’est le monde. Ismaël Vuillard (nom du personnage d’Amalric dans Rois et Reine, sur la série des alter ego), amoureux de Sylvia et roi-bouffon d’une farce autobiographique, ce serait plutôt la vie. Et enfin Bloom et Carlotta, portant les noms, pour lui de l’Ulysse de James Joyce, quasi-mentor de cet autre Dedalus qui est l’alter ego de l’écrivain irlandais, pour elle de la quasi--revenante de Vertigo, ce serait le cinéma.»
Luc Chessel 16 mai 2017

mercredi 17 mai 2017

PBF 2017/12 (18 mai 2017)

Programme : Suzie sixteen (Acide mothers temple and the melting Paraiso UFO) / Fade into you (Mazzy Star) / The next that sailed the sky (Peter Gabriel) / Where are we now ? (David Bowie) / Les gauloises bleues (Yves Simon) / Wine and rose (John Fahey) / Les noces (Ange)

+ Cinquième chronique de l'univers, place Pinel : Mourir place Pinel 
«Distinction XXVIII. Ceux qui sont dans les ordres doivent garder la chasteté.
a. Les plus anciens Canons de l'Eglise Latine, qui parlent de la continence des clercs, n'y obligent que les Evêques, les Prêtres & les Diacres. b Le II. Concile de Tolede, tenu au commencement du sixième siècle, nous apprend quel'usage de l'Eglise d'Espagne étoit d'obliger les Soûdiacres à faire le voeu de chasteté avant que de les ordonner. La même regle étoit observée en Italie du tems de Saint Gregoire.
Gartien ayant remarqué que les Eglises d'Orient ne suivent pas la même discipline, & que les Canons y permettent aux Prêtres de vivre avec leurs femmes comme avant l'Ordination, prend de-là occasion de faire voir qu'il y a des points de discipline qui varient suivant les circonstances des tems, des lieux & des personnes : c'est ce qui fait le sujet des trois distinctions suivantes.»

Les lois ecclésiastiques de France dans leur ordre naturel et une analyse des livres du droit canonique conférés avec les usages de l'Eglise gallicane. Louis d'Héricourt. Jean-Pierre Mariette (1748)

mardi 16 mai 2017

«À Rome, le 10 décembre 1621

Monseigneur ;

Ni dans les déserts de l'Afrique, ni dans les abîmes de la mer, il n'y eut jamais un si furieux monstre que la sciatique ; et si les tyrans, dont la mémoire nous est odieuse, avaient eu de tels instruments de leur cruauté, c'eût été la sciatique que les martyrs eussent endurée pour la religion et non pas le feu et les morsures des bêtes. À chaque pointe qu'elle donne, elle porte un pauvre malade jusque sur les bornes de l'autre monde, et lui fait toucher sensiblement les extrémités de sa vie. Et certes, pour la supporter longtemps, il faudrait une plus grande vertu que la patience et d'autres forces que celles des hommes. À la fin, Dieu m'a envoyé quelque relâche, après avoir essayé une infinité de remèdes, dont les uns aigrissaient mon mal et les autres ne le soulageaient pas. Maintenant que la violence de la douleur cesse, je commence à jouir de ce repos que la lassitude et la faiblesse apportent aux corps qui ont été travaillés ; et quoi que je sois en un état de santé beaucoup moins parfait que ne sont ceux qui se portent bien, toutefois le mesurant par la proximité du mal que j'ai eu et la comparaison des peines que j'ai souffertes, je me loue bien fort de ma fortune présente, et je ne suis pas si hardi que j'ose encore me plaindre de la grande débilité qui m'est demeurée. Il est vrai pourtant que je n'ai plus de jambes que par bienséance et que, si je voulais entreprendre de cheminer, j'aurais autant de peine d'aller d'un bout de ma chambre à l'autre que s'il fallait passer des montagnes et traverser des rivières par les chemins. Mais avec cela je vous dirai une chose de laquelle vous vous étonneriez, si je vous avais rien dit, c'est qu'en cet état-là, qui vous fera pitié de quatre cents lieues, je suis d'un côté devenu si vaillant que je ne fuirais pas si j'étais poursuivi d'une armée et de l'autre si glorieux que, quand le pape me viendrait voir, je ne l'irais pas conduire jusqu'à la porte. Voilà l'avantage que je tire de mes mauvaises jambes et les remèdes qui naissent en mon lit dont je tâche de me soulager sans le secours de la médecine.»

Lettre VII au cardinal de la Vallette dans les Oeuvres de Balzac divisées en deux tomes. Jean-Louis Guez de Balzac. Louis Billaine (1665)
«Balzac se nomme Jean Louis Guez ; il est fils d'un homme d'Angoulême qui avoit du bien mais M. de Montausier dit que cet homme a été valet chez M. d'Espernon. Balzac est une terre. Ce M. Guez a vécu plus de cent ans. Quelques années devant que de mourir, il écrivit à M. Chapelain pour faire, disoit-il, amitié avec lui, au moins par lettres, et qu'après avoir ouï dire tant de bien de lui à son fils, il vouloit avoir cette satisfaction-là en mourant.

On connut Balzac par son premier volume de lettres il étoit alors à feu M. d'Espernon, à qui il ne put s'empêcher d'envier deux lettres qu'il avoit écrites pour lui au Roi ('). Il est certain que nous n'avions rien vu d'approchant en France, et que tous ceux qui ont bien écrit en prose depuis, et qui écriront bien à l'avenir en notre langue, lui en auront l'obligation. Celles qu'il a faites depuis ne sont pour l'ordinaire ni si gaies ni si naturelles, et il a eu tort d'avoir eu pour ses ennemis la complaisance de n'écrire plus de la même sorte.»

Historiettes
Tallemant des Réaux. Editions Gallimard (1960)