Les fraises sauvages. Ingmar Bergman (1957)
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
dimanche 28 juin 2020
«Le point de départ est triple : la première image qui m'a été fournie vient d'un mathématicien Claude Berge. C'est un système de permutations nommé le bicarré latin orthogonal d'ordre 10, découvert en 1965, je crois, par un mathématicien américain. Berge a proposé à l'Oulipo de travailler avec cette structure : un bicarré latin d'ordre 3. Il a proposé une histoire à trois personnages, trois objets (un chapeau melon, une casquette et un béret par exemple) trois éléments tenus à la main (un bouquet de rose, une canne et un chien au bout d'une laisse). Dans le premier chapitre, celui qui a le béret a le chien, celui qui a le chapeau melon a la canne, celui qui a la casquette a les roses ; dans le second chapitre, celui qui a le béret a les roses, celui qui a chapeau melon a le chien, celui qui a la casquette a la canne ; dans le troisième chapitre, celui qui a la casquette tient le chien au bout de la laisse, celui qui a le chapeau melon a les rossent celui qui a le béret a la canne. Vous voyez le principe.»
Entretiens, conférences, textes rares, inédits. Georges Perec. Joseph K (2019)
Entretiens, conférences, textes rares, inédits. Georges Perec. Joseph K (2019)
L'invitation à la valse de Rosamond Lehmann (incipit)
«Le village situé plus bas que la maison, dans un creux, est pittoresque, insalubre ; il plus d'atmosphère que de contours, que de ligne ; des formes indécises, en brique d'un rose doux, dévalent confusément vers des jardins regorgeant de tournesols, d'oeillets de poète, de campanules.
Sur la place, il y a une pompe ; il y a aussi un gros bloc de granit rose, d'apparence historique, dont l'origine s'entoure de légendes. Les uns le considèrent comme venant des druides ; les autres disent qu'il a servi de siège à Charles Ier.»
L'invitation à la valse. Rosamond Lehmann. Plon (1955)
Visionnage domestique parisien (41)
«Tu te sens peu fait pour vivre, pour agir, pour façonner ; tu ne veux que durer, tu ne veux que l'attente et l'oubli.
Tu ne rejettes rien, tu ne refuses rien. Tu as cessé d'avancer, mais c'est que tu n'avançais pas, tu ne repars pas, tu es arrivé, tu ne vois pas ce que tu irais faire plus loin : il a suffi, il a presque suffi, un jour de mai ouille faisait trop chaud, de l'inopportune conjonction d'un texte dont tu avais perdu le fil, d'un bol de Nescafé au goût soudain trop amer, et d'une bassine de matière plastique rose remplie d'une eau noirâtre où flottaient six chaussettes, pour que quelque chose se casse, s'altère, se défasse et qu'apparaisse au grand jour cette vérité décevante, triste et ridicule comme un bonnet d'âne : tu n'a s pas envie de poursuivre.»
Un homme qui dort. Georges Pérec et Bernard Queysanne (1974)
mercredi 24 juin 2020
Réminiscence personnelle (40)
«[...] dans son existence privée, dans son ménage, auprès de sa femme, auprès de Jeanne, il s'était montré comme ni amoureux, ni glacé, ni chaud, ni vaillant, ni lâche. Non, il avait été Monsieur-tout-le-monde, une personnalité insignifiante, un de ces pauvres gens qui n'ont même point cette consolation de pouvoir se plaindre d'une injustice dans leur destinée, puisqu'une injustice suppose au moins un mérite méconnu, une force.»
En ménage. Joris-Karl Huysmans. Édition Sillage (2007)
«Le mariage fut célébré. Elle demeura interdite. Tous ses rêves de jeune fille se détachèrent, un à un ; toutes les joies révélées par des amies, à voix basse, dans le coin des fenêtres, toutes les attentes de paradis brusquement ouvert sous des courtines, ratèrent. Froide de sens, elle ne vit dans les transports autorisés par l'Église qu'une convention répugnante, une saleté pénible.»
En ménage. Joris-Karl Huysmans. Édition Sillage (2007)
mardi 23 juin 2020
PBF 2020.14 : La mer ne s'invente pas
Nouvelle émission déconfinée, intitulée La mer ne s'invente pas tiré de Ginette des Têtes raides. Elle est toujours réalisée avec les moyens du bord et diffusée le mercredi 24 juin 2020 à 19 H en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming
https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps sur les podcasts de mixcloud.
Cette émission est la dernière de la série des émissions toulousaines produites lors du confinement et du déconfinement avec la participation de Jeanne Tympa .
Morceaux diffusés :
1) The leader of the pack (Sangri-Las)
2) As tears go by (Marianne Faithfull)
3) Rainbow eyes (Rainbow)
4) Song of song (Mikis Theodorakis)
5) Jeanne (Christophe)
6) La pastorale (Sylvain Rifflet)
7) Danse macabre (Saint-Saens) par Adelaïde Ferrière et Matthieu Cognet
8) Prince of peace (Pharoah Sanders)
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF :
Allons-y gaiement et sans mollir !
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