«Ce qui manque à le femme doit être expié par l'homme et corrigé en lui... car c'est l'homme qui se crée l'image de la femme et la femme qui se modèle ensuite sur cette image.»
Le gai savoir. Nietzsche. Gallimard Idées (1950)
Le blog-note d'Aimable Lubin : extension du domaine radiophonique des Muses galantes et de la Petite Boutique Fantasque
105
« En tous lieux de ma vie, en toutes situations et rapports avec autres, j'ai toujours été, pour tous un intrus. A tout le moins, toujours un étranger. Au milieu de parents, comme de connaissances, j'ai toujours été ressenti comme quelqu'un d'extérieur. Je ne dis pas que j'ai été tenu pour tel, même une seule fois, après réflexion. Mais je l'ai toujours été spontanément pour la majeure partie des gens.
J'ai toujours été, partout et par tous, traité avec sympathie. Peu de gens je crois, auront aussi peu eu droit à un haussement de ton, un sourcil froncé, un éclat de voix ou un sous entendu. Mais la sympathie avec laquelle j'ai été traité a toujours été exempte d'affection. Pour les plus naturellement intimes, j'ai toujours été un hôte, qui donc, en tant qu'hôte, est bien traité, mais avec cette attention que l'on doit à un étranger, et l'absence d'affection que mérite un intrus. [...] »
Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo Soares. Fernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)
120
« [...] Elles ont dépassé le tournant de la route, toutes ces jeunes filles. Elles chantaient en chemin, et le son de leurs voix était heureux. Je ne sais qui elles pouvaient bien être. Je les ai écoutées un moment de loin, sans y investir de sentiment personnel. Une amertume à leur égard s'est manifestée dans mon coeur.
Concernant leur avenir ? Concernant leur inconscience ? Pas cause d'elles directement -ou qui sait ? peut-être seulement à cause de moi. »
Livre(s) de l'inquiétude : Vicente Guedes, Baron de Teive, Bernardo Soares. Fernando Pessoa. Christian Bourgeois éditeur (2018)