dimanche 11 septembre 2022

PBF 2022.22 : Je te vois dans un nuage de brouillard bleu

Mercredi 14 septembre 2022 à 19H, nouvelle émission de la Petite Boutique Fantasque avec la suite et fin des lettres d'Anne pour ce projet de lecture de correspondance amoureuse des années 1970. Cette émission s'appelle : Je te vois dans un nuage de brouillard bleu.
Cette émission est réalisée au studio de RadioRadioToulouse et diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Minor circus (Pink Floyd)
2) One for the vine (Genesis)
3) Memory motel (Rolling Stones)
4) One good man (Janis Joplin) 
5) Speaking out (Neil Young)
6) Be my wife (David Bowie)
7) I may be too young (Suzi Quatro)

+ la lecture des lettres d'Anne n°18 du14 septembre 1977, n°19 et 20, respectivement du 2 novembre  et 31 mars 1980 lues par Juliette

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/je-te-vois-dans-un-nuage-de-brouillard-bleu-la-petite-boutique-fantasque/

Allons-y gaiement et sans mollir !


Photographie de Suzy Quatro

«Est-il un pur ? Est-ce un reste d'enfance qui lui donne cette douceur unie, ou bien déjà des préoccupations secrètes, l'instinct de dissimulation, l'orgueil de son indépendance ? Quatorze ans : c'est l'âge où ils se détachent où la fleur devenue fruit tombe de la branche. C'est un monde autonome, à présent, qui s'abrite dans ce corps dont elle a formé, de son sang, toutes les fibres.»

Les reins et les coeursPaul-André Lesort. Éditions du Seuil (1964) 

samedi 10 septembre 2022

«C'était un enfant que ce grand cadavre auprès duquel Catherine était agenouillée, un enfant de son âge, peut être un an de plus, dix-neuf ans ? La tête petite, avec des cheveux presque rasés, au-dessus de l'immense corps affaissé. Un chapeau de paille, de ces chapeaux que portent les pêcheurs et qui coûtent quelques sous, en était tombé dans sa chute. Les épaules énormes, si larges, semblaient s'être enfoncées dans le sommeil en abandonnant toute leur force. Les bras nus, les manches roulées au-dessus des coudes, s'étaient crispés dans un geste de défense tardif, pliés, les paumes vers les meurtriers, et le visage renversé complétait ce geste par une  expression hagarde de protestation contre la mort, la bouche et les yeux ouverts.
Deux balles l'avaient frappé : une dans la poitrine qui avait ensanglanté sa chemise, l'autre dans le cou où béait une plaie horrible.»

Les Cloches de BâleLouis Aragon. Denoël (1934)
«Une foule s'avançait, peut-être trois cent personnes, dans une espèce d'ordre désordonné. Il y avait des femmes et des enfants mêlés aux hommes, et cependant ce n'était pas une fête, et il y avait des chants et des rires, bien que la marche de cette masse humaine eût quelque chose de déterminé comme l'ébauche de rang par quatre.»

Les Cloches de BâleLouis Aragon. Denoël (1934)

vendredi 9 septembre 2022

«Cet univers de la comédie musicale ou de l'opéra ou de l’opérette ou de la variété ou du music-hall, considéré tour à tour comme frelaté, kitsch, guimauve, enfantin, ridicule, on peut ajouter d'autres adjectifs, pourrait être la seule manière réaliste qui soit à notre disposition pour reproduire nos émotions.»

Alain Resnais Archives IMEC
«Où on était placés nous autres, et moi surtout si je me compare, dans le fond du bocal de douleur, pour que je regrimpe à l'échelle fallait vraiment qu'elle soye tendue sa biologie à la môme Angèle. Elle me foutait des coups de chasse pépère dès la minute et m'encourageait. Cascade ça le troublait pas.
- Tu vois Ferdinand je t'ai pas menti, quand elle partira tu regarderas ses fesses, en partant sûrement pour chez les troufions elle provoquera des mutineries, je te l'ai bien dit, elle brûle...»

Guerre. Louis Ferdinand Céline. Gallimard (2022)
«Les demoiselles étaient sourire, consolation, repos du guerrier. Elles n'offraient pas seulement leurs corps, mais leur compagnie et les délices de leur conversation adaptée aux différents types de clientèles. Sentimentales avec le légionnaire, égrillardes avec le bourgeois, maternelles avec l'adolescent, attentives et compréhensives avec le compliqué, patientes, douces, actives, toujours d'humeur égale et vingt fois remettant leur ouvrage, les putes de bordel étaient des êtres d'élite, dont la disparition compromet l'équilibre social.»

Bout d'essai. Yvan Audouard. Éditions de Paris (1956)