mercredi 23 septembre 2020

 «Voilà pourquoi le charme est le pouvoir spécifique de la musique. Si la Beauté consiste dans la plénitude intemporelle, dans l'accomplissement et l'arrondissement de la forme, dans la perfection statique et l'excellence morphologique, le charme, lui, a quelque chose de nostalgique et de précaire, je ne sais quoi d'insuffisant et d'inachevé qui s'exalte par l'effet du temps. Le charme ne nous apporte pas la solution d'un problème, mais il est bien plutôt un état d'aporie infinie qui provoque en l'homme une féconde perplexité ; en cela il est plutôt ineffable qu'indicible.»

La musique et l'ineffable. Vladimir Jankélévitch. Éditions du Seuil (1983)

PBF 2020.21 : Pas assez de haine pour faire de la politique

Ce mercredi 23 septembre 2020 à 19H, nouvelle émission de la Petite Boutique Fantasque avec comme titre Pas assez de haine pour faire de la politique avec le jeune Claude Melki en illustration et une Chronique de l'univers, place Pinel.
Cette émission est toujours réalisée avec les moyens du bord et diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Au bar des naufragés (Gilbert Lafaille)
2) Notre vie comme un western (Paris combo)
3) Une chanson qui s'attarde (Eric Guilleton)
4) Thayani (Myriam Makeba) 
5) L'allégresse (Cream) 
6) Woderschönes abtal (Frölich durch land)
7) Sardana del desamparats (Pascal Comelade)
8) Jockey (Bobby Lapointe)
9) Through hollow lands (Brian Eno)
10) A little green Rosetta (Franck Zappa)
11) My time is gone (Pussy warmers)

+ Chronique de l'univers, place Pinel : Faut-il vendre la place Pinel ?

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/pbf-202021-pas-assez-de-haine-pour-faire-de-la-politique/

mercredi 16 septembre 2020

Éblouissement des prémisses (55)

«La musique, elle, est l'informulé, l'équivoque, l'irresponsable, l'indifférent. Peut-être allez-vous m'objecter qu'elle peut être claire, mais la nature aussi peut être claire, le ruisseau aussi peut être clair, et en quoi cela nous sert-il ? Ce n'est pas la clarté véritable, c'est une clarté rêveuse, qui ne signifie rien et n'engage à rien, une clarté sans conséquences et partant dangereuse, parce qu'elle vous entraîne à vous en contenter.... Laissez prendre à la musique une attitude magnanime. Bien. Elle enflammera nos sentiments. Mais il s'agit d'enflammer notre raison ! La musique semble être la mouvement lui-même, n'importe, je la soupçonne de quiétisme. Laissez-moi pousser ma thèse jusqu'à son extrême. J'ai contre la musique une antipathie d'ordre politique.»

La Montagne magique. Thomas Mann. Arthème Fayard (1931)

PBF 2020.20 : Fragment réorganisé d'impressions



Ce mercredi 16 septembre 2020 à 19H, nouvelle émission de la Petite Boutique Fantasque avec comme titre Fragment réorganisé d'impressions avec Claudia Cardinale et Michel Piccoli en illustration. Elle comprendra une lecture par Sophie d'extraits du livre méconnu de Colette, Ingénue libertine. Il s'agit de la reprise de Minne et les Égarements de Minne, écrits sous l'intigation de son mari, le fameux Willy, fondus en un volume. 
Cette émission est toujours réalisée avec les moyens du bord et diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps sur les podcasts de mixcloud.

Programmation musicale :
1) Rimes féminines (Juliette)
2) Les Plaines de Mandchourie (Illiya Alekseivitch Chartrow)
3) Quand la famille dort (Éric Guilleton)
4) Tales II et Tales IV (Goran Bregovic)
5) Un coeur sur les bras (Anne Sylvestre)
6) Je ne chante que l'amour (Annie Fratellini)
7) Bei miz bist du schon (Carling family)
 
+ lecture d'extraits d'Ingénue libertine de Colette :
- Journal de faits divers décrivant les exploits du Frisé
- Mine croit reconnaître le Frisé
- Appel du Frisé
- La fugue de Minne pour rejoindre le Frisé
- Mauvaises rencontres 
 
Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/pbf202020-fragments-r%C3%A9organis%C3%A9-dimpressions/
Allons-y gaiement et sans mollir !

mercredi 9 septembre 2020

Visionnage parisien en salle (22) au MK2 bibliothèque


Antoinette et son âne.Caroline Vignal (2020) 

PBF 2020.19 : Jean U. 30 ans d'expression radiophonique

Ce mercredi 9 septembre 2020 à 19H, nouvelle émission de la Petite Boutique Fantasque en hommage au 30 ans d'expression radiophonique de Jean U. A cette occasion, c'est lui qui a constitué la majeure partie du programme de l'émission. Elle est toujours réalisée avec les moyens du bord et diffusée en hertzien, Toulouse : 106.8 Mhz ou en streaming https://www.radioradiotoulouse.net/ et pour tout le reste du temps sur les podcasts de mixcloud. 

Programmation musicale :

1) The Legend of mother swan (The Hu)
2) Thunder road (Bruce Springsteen)
3) Four legs (Sister Iodine)
4) Tones2 (vs_price) 
5) Smile (Deity guns) 
6) Goodbye Mr Lawrence (Ryuichi Sakamoto)) 
7) Strictly genteel (Franck Zappa)
+ lecture d'extraits de Le bonheur des tristes (Luc Dietric), L'insurrection qui vient (Comité invisible) et Les esclaves (Roland Topor) lus par Lucie

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/httpswwwmixcloudcomradioradiotoulousepbf-202019-jean-u-30-ans-de-radio/

Allons-y gaiement et sans mollir !

 

dimanche 6 septembre 2020

Prolongement de la Jeune fille à l'écho de Jean Patin


Choisir le monde des garçons, celui de la hiérarchie d'une bande est incompatible avec celui, plus naturel, des filles. On peut manquer de courage en n'osant pas rendre sa robe à Vika devant la bande et en déborder en trouvant les symboles de chef de bande, deux crabes marqués jetés à la mer. Le courage n'est pas de même nature dans les deux cas.

Le monde de Vika tourne autour de son grand-père, chez qui elle passe ses vacances et qu'elle adore, de son père qui doit venir la chercher pour la rentrée, dont elle est la reine et de Romas, un jeune garçon esseulé qui sera sa grande déception transitoire. La bande de garçons n'a pas de réalité à ses yeux et ne sert que de révélateur de la personnalité de Romas.

Le monde Vika tourne aussi autour des cadeaux et des collections. Romas, ce sera les pierres, les timbres, les voitures. Et il est prêt à s'en séparer pour obtenir l'amitié de la jeune fille. Pour Vika, ce seront les inenfermables échos du paysage tourmenté des regs de Crimée. Trésor secret plus volatile que de les simples objets que Romas collectionne, mais qu'il est prêt à dévoiler, à disséminer aux quatre vents pour être accepté par la bande. Mais cela ne marche pas à chaque fois !
 Vika et Romas semblent rejouer le vieil mythe d'Écho et Narcisse. 
Le monde de Vika, dépendant des conditions météorologiques est impénétrable pour Romas et même pour le père de Vika. Seuls le chien du grand-père se rapproche de la connaissance de la nature de la jeune fille et sait déclencher l'écho. 
Les cadeaux du grand-père seront des coquillages extraits de la mer qui permettent d'entendre la poésie du monde des mers. 
Enfin, le cadeau donné par son père, une montre, l'ancre au temps, celui de la rentrée scolaire. Finie la robe à pois des vacances. Un petit uniforme et des chaussures à la place de pieds nus.
Le monde de la modernité cohabite avec celui de Vika. C'est le monde des camions, du bus, de la route, des arches en béton et la cabine téléphonique prodigue où Vika trouve un peu de réconfort après la trahison de Romas. Monde impersonnel de la ville.
Le monde de la bande est celui du jazz et du rock alors que celui de la jeune fille est celui du classique avec cor. Ces mondes ne sont pas miscibles. Romas en fera les frais !

Vika ne pardonne pas à Romas son chemin de croix, traverser nue les membres de la bande pour récupérer sa robe alors qu'il aurait pu la lui apporter. Elle grandira grâce à cette épreuve mais loin de Romas, qui regrettera, mais un peu tard, son absence de geste. Son impuissance à arrêter les camions qui emportent la jeune fille au cor est terrible et le laisse seul, à nouveau.