samedi 4 janvier 2020

En guise de carte de voeux 2020

Diapositive Ektachrome sélectionnée pour les 10 ans de photographies. Que des verticales, barreaux de prison.  Quelle atmosphère grise de jour pluvieux, de jour sans joie !

mercredi 1 janvier 2020

«Pourquoi vous ai-je conté ceci ? Pour mettre en évidence la différence profonde qui existe entre la production spontanée de l'esprit -ou plutôt, par l'ensemble de notre sensibilité, et la fabrication des œuvres. Dans mon histoire, la substance d'une œuvre musicale me fut libéralement donnée ; mais l'organisation qui l'eut saisie, fixée, redessinée me manquait. Le grand peintre Degas m'a souvent rapporté ce mot de Mallarmé qui est si juste et si simple. Degas faisait parfois des vers, et il en a laissé de délicieux. Mais il trouvait souvent de grandes difficultés dans ce travail accessoire de sa peinture. (D'ailleurs, il était homme à introduire dans n'importe quel art toute la difficulté possible.) Il dit un jour à Mallarmé : "Votre métier est infernal. Je n'arrive pas à faire ce que je veux et pourtant, je suis plein d'idées..." Et Mallarmé lui répondit : "Ce n'est point avec des idées, mon cher Degas, que l'on fait des vers. C'est avec des mots."»

Variété III, IV et V. Paul Valéry. Gallimard (1936-1944)

mardi 31 décembre 2019

PBF 2019.31T : Le froissement de coeur de sarcelle



Mercredi 1er janvier 2020 à 19H sur Radio-Radio, (en hertzien Toulouse : 106.8 Mhz ou sur https://www.radioradiotoulouse.net) première émission de la Petite Boutique Boutique Fantasque de l'année 2020 avec une liste de lecture adaptée à la période suivant les excès...


Liste de lecture 
1) Hot dog (Led Zeppelin)
2) Il était une fois dans le Sud-Ouest / Cacao Jim turbo (Monsieur Ferraille)
3) Voyage de Gurdjieff (Therion) 
4) Chanson d'un jour (Betty Boop) 
5) Bright side of the life (Monty Python) 
6) Mamayuto (extrait de Porco Rosso de Miyazaki)
7) Hallucination (Carlos Alomar)
8) Zwizz (extrait des Têtes à claques)
9) La Guidouille (Chanson plus)
10) La Fontaine profonde (Les Frères Jacques)
11) Down the river to pray (John Paul Jones)
12) La nuit je mens (Alain Bashung)

Allons-y gaiement et sans mollir !

samedi 28 décembre 2019

Éblouissement des prémisses (48) / Projet Poubelle (32)

«Formentor, comme la plage Saint-Vincent, était une belle caleta, une calanque comme on dit en Provence, avec un peu plus de sable fin qu'ailleurs, mêlé d'humus, mais aussi nue et aussi sauvage. Seuls quelques pêcheurs s'y abritaient, parfois, les nuits de grande pêche, ou bien les enfants y venaient, après un longue marche, se baigner, lorsqu'ils voulaient changer d'horizons, et quitter le port de Pollensa.»

Comme le temps passe... Robert Brasillach. Le Livre de poche (1963)

samedi 14 décembre 2019

Éblouissement des prémisses (48) : Pulchérie

«C'est une danseuse en eau dans un diamant d'air froid parmi tous les vieillards assemblés d'un sénat décrépit, c'est une blonde princesse en dentelles déchirées ivre des mûres bleues d'un roncier chevelu, c'est une langue de chair rouge dardée fièrement vers le corsage opulent des automnes, c'est un canon printanier qui tonne sous les fougères pour des jeux hilares de sèves crues et de graines au vent, c'est la reine de la prochaine saison. Déjà crépitent les fougères de l'an passé parmi le vert nouveau des jeunes pousses, et les vieillards s'effeuillent comme des renards pris dans la tempête, et les lois sont fanées, et les jeunes yeux s'ouvrent au soleil qui dore pour leur éblouissement la promise à qui je pense ; car il y a des visages tellement libres qu'ils sont comme des signaux joyeux au premier clairon du matin qui va naître.»

Les Heptamérides. André-Pieyre de Mandiargues. Gallimard (2009)