samedi 1 août 2026

« Pour ma part, je choisirai en “gentleman” -un rôle de composition, faut-il le dire, dans lequel, comme le disait Borges, on défend de préférence les causes perdues d'avance. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (28)

 

 
Son admirable conservation composait une intrigue conceptuelle

« On en vient, du coup, à croire que l'art est régi par une fin, celle du plaisir du spectateur. Or, je rappelle simplement à cet égard que, dans toute la tradition occidentale, au moins d'après le traité de Longinus (selon les sources, auteur grec du IIIe siècle avant J.-C. ou anonyme dit le “Pseudo-Longin” de la fin du Ier siècle), le Péri hupsous (Du sublime, traduit en 1674 par Boileau) jusqu'à Benjamin, en passant par Burke et par Kant, l'art fut d'abord accordé à la recherche du “sublime” qui ne renvoie pas au plaisir de contempler le “beau”, c'est-à-dire l'harmonieux qui consonne avec ses états d'âme, mais au fait de se trouver devant un absolu. L'art avait en effet pour finalité de représenter, ou plutôt de donner à penser, à imaginer, ce qui ne pouvait être représenté : l'infini, l'illimité, l'éternel, le démesuré, une pure Idée...Bien loin de faire plaisir au destinataire, il pouvait provoquer un dérèglement des facultés ouvrant sur les plus extrêmes tensions -d’exaltation ou d'effroi. Le retour au simple plaisir du spectateur ne peut évidemment que défaire le sublime, c'est-à-dire le pathos du sublime dans l'art, qui faisait toujours événement, au sens fort du terme [...]. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (97)

 
« La confusion idéologique fondamentale entre la femme et la sexualité [...] prend aujourd'hui seulement toute son ampleur, puisque la femme, jadis asservie en tant que sexe, est aujourd'hui libérée en tant que sexe. [...] Les femmes, les jeunes, le corps, dont l’émergence après des millénaires de servitude et d'oubli constitue en effet la virtualité la plus révolutionnaire, et donc le risque le plus fondamental pour quelque ordre établi que ce soit -sont intégrés et récupérés comme “mythe d'émancipation”. On donne à consommer de la Femme aux femmes, des Jeunes aux jeunes, et, dans cette émancipation formelle et narcissique, on réussit à conjurer leur libération réelle. »
 
La société de consommation  : ses mythes, ses structures. Jean Beaudrillard. Gallimard, Folio (1986)
 
photographie de Dany Carrel

« Lire à cet égard, le jubilatoire pamphlet d'Annie Le Brun, Du trop de réalité (Paris, Stock, 2000) où l'auteur dénonce dans le tout culturel contemporain le fait de systématiquement mettre sur le même plan “productions mineures et gestes essentiels . Ce qui se solde par l'exclusion de toute “négativité” et par l'apparition d'un “totalitarisme de l’inconsistance où tout n'est pas seulement l'équivalent de tout mais où rien n'existe s'il n'est l'équivalent de tout et réciproquement ”, cf p. 134. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

« J'ai à parler, c'est vague. J'ai à parler, n'ayant rien à dire, rien que des paroles des autres. Ne sachant pas parler, ne voulant pas parler, j'ai à parler. »

L'Innommable. Samuel Beckett. Editions de Minuit (1953)

Visionnage domestique toulousain (337)

 

 
Jeanne : les batailles. Jacques Rivette (1994)

« En 1995*, 500 décideurs politiques et économiques de très haut niveau se réunirent pour trouver des solutions à la question de la gouvernabilité des 80% d'humanité surnuméraire par rapport aux besoins de l'économie néolibérale : la solution retenue fut celle de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et fondateur de la [commission] Trilatérale : le tittytainement consiste à fournir un “cocktail de divertissement abrutissant et d'alimentation suffisante permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète”. Voir Hans-Peter Martin et Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Arles, Solin - Actes sud (1997), p13. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

* du 27 septembre au 1er octobre 1995, à l'hôtel Fairmont de San Francisco s'est tenu le premier State Of The World Forum

lundi 27 juillet 2026

Visionnage domestique toulousain (335)

 
Melancholia. Lars von Trier (2011)


 

Visionnage domestique toulousain (334)

 

 
Qui êtes-vous Polly Maggoo ? William Klein (1966)

Quel film précurseur ! Et radical dans sa satire de la mode, de la télé et des contes de fées ! Aurait-on encore un regard aussi extérieur ?

jeudi 23 juillet 2026

Récapitulatif PBF

Émissions spéciales de la Petite Boutique Fantasque 
(été 2026)

Le principe était simple, le résultat étonnant. Demander aux auditeurs et collaborateurs de l'émission de nous proposer un ou deux morceaux de rock ou de pop qu'ils souhaiteraient entendre sur les ondes cet été. Il ne nous restait qu'à les assembler intelligemment en deux programmes qui se sont révélés surprenants. Faut dire que les propositions viennent de toute la France ainsi que des Pays-bas, de la Suède et et du Québec...
 
 
Propositions goûteuses première partie : La nuit du supernaturaliste
 
Programmation musicale :
1- Dadada (Trio)
2- It’s so hard (Electrophönvintage)
3- Le jour se lève (Aure)
4- Pas cette nuit (Romain Bouteille) extrait du Graphique de Boscop
5- Quand retombe la nuit (Fernand Bernadi)
6- I like the way you kiss me (Artemas)
7- Rain (Projet Pickford)
8- Robot policier (MR.82)
9- Death of a supernaturalist (Divine comedy)
10-  Neighborhood 2 : Laïka (Arcade fire)
11-  Let it burn (Goat)
12- Without you my life is boring (The knife)
 
 
 
Propositions goûteuses seconde partie :  Le retour de Jacques dans les ruines
 
Programmation musicale :
1- Advice for young mothers to be (The veils)
2- Man made of meat (Viagra boys)
3- Modern ruin (Franck Carter and the rattle snakes)
4- Révolution calling (Queensrÿche)
5) Slingshot (Ripé)
6- Ostkreuz (Twin noir)
7- Undivided (Adelitas)
8- Versus (Machinae supremacy) 
9- Song for a nun (Elysian fields)
10- Neither yield nor reap (Briseglace)
11- Jacques revient de la pêche (Chocolat Billy)
12- Way down we go (Kaleo) 
 
Podcast : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-retour-de-jacques-dans-les-ruines-la-petite-boutique-fantasque/

Le chapeau en néon de Gustav ne parvenait clairement pas à impressionner Thelma

 

 
Glen Baxter

« Globalement, quant à l'habit, on pourrait dire que les femmes s'habillent pour voiler (et donc à l'occasion dévoiler) leur corps nu. L'habit féminin est donc un voile qui constitue le corps féminin comme tel. Autrement dit sans voile, il n'y a pas vraiment de corps féminin. Il y a peut-être de la chair -mais rien de plus. De la même façon, on pourrait dire que les hommes s'habillent pour montrer ce qu'ils n'ont pas. Une puissance. Un pouvoir. L'habit masculin est un apparat, il est fait pour la parade. On s'enrubanne, on s'enturbanne, on s'emplume, on s'emperruque, non pour voiler un corps nu, mais pour le rehausser, pour l'ennoblir, pour le déguiser, pour lui faire jouer une fonction, jusques et y compris au sens politique du terme. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (27)

 

 
La sonnerie rugueuse de son charme claironnait sa fausseté et ses cavités

Prouver l'existence de Dieu

« La dernière tentative en ce sens remonte à Kant. Il s'était retrouvé face à trois preuves que je rappelle brièvement :
- La preuve cosmologique, selon laquelle le monde comme objet en mouvement suppose des moteurs, eux-mêmes mus par d'autres moteurs, de sorte que d'objets mus en moteurs et de moteurs en objets mus, tout repose sur la nécessité d'un premier moteur, immobile, comme suprême cause (Aristote, Avicenne, Maimonide, Thomas d'Aquin...)*.
- La preuve ontologique, selon laquelle l'existence de Dieu se déduit de son idée : la définition est parfaite, donc il existe -s'il n'existait pas, sa définition serait imparfaite (Anselme de Cantorbéry, Descartes, Leibniz...).
- Enfin, la preuve physico-théologique, selon laquelle l'ordre, la beauté et la complétude du monde ne peuvent être le fruit du hasard et suffisent à prouver l'existence de Dieu (Platon, Aristote, les néoplatoniciens, Augustin, Anselme de Cantorbéry, Thomas d'Aquin, Descartes, Bossuet,Voltaire...).

[...]

Après avoir récusé ces preuves classiques de l'existence de Dieu, Kant indique que la réalité du mal n'est pas une raison pour douter de Dieu , bien au contraire : c'est une preuve supplémentaire. Dieu a en effet permis le mal pour que l'homme puisse choisir librement le bien. L'obligation morale qui nous habite constitue donc en dernier lieu la preuve d'une intervention qui représente en nous la voix de Dieu. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

* L'artisanat du Grand Horloger

Recyclage d'illustrations d'Énantiomère R (26)

 

 
Son plan était l'absence visible d'équilibre

mercredi 22 juillet 2026

« La question qui reste à résoudre pour l'homme est donc la suivante : si les loups, qui vivaient en meute, se sont prêtés au jeu de dupe de la substitution du mâle dominant et sont devenus par ce tour de passe-passe de vulgaires chiens, sous quel substitut de mâle dominant sont eux-mêmes tombés les néotènes humains. De qui sont-ils devenus la dupe en se néoténisant ?
La question est légitime : le moindre souci d'éthologie comparée oblige en effet à se demander pourquoi homo sapiens sapiens, avec son passé grégaire, aurait pu se passer de la dominance tandis que canis lupus y succombait inévitablement. »

On achève bien les hommes : de quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu. Dany-Robert Dufour. Denoël (2005)

Visionnage domestique toulousain (333)

 

Mister Freedom. William Klein (1969)