mercredi 31 décembre 2025

Visionnage domestique toulousain (279)

 

Tu es si jolie ce soir. Jean-Pierre Mocky (2014)

« Il passait le plus clair de son temps à la grande table. Ce qu'il apprenait là lui était parfaitement indifférent, jamais il ne demandait à quoi cela devait lui servir ; la contrainte de l'étude était un plaisir en soi. Comme une corde qui l'attachait solidement à sa chaise et le garantissait du vertige que lui donnait le vide sombrant -déclinant- autour de lui dans l'illimité. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mardi 30 décembre 2025

Visionnage domestique toulousain (278)

 

 
La nuit de Varennes. Ettore Scola (1982)

« Incendie : Je veux la voir frétiller encore une fois, avant qu'elle ne devienne Dieu »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mardi 23 décembre 2025

Les parents peuvent se tromper...


 

PBF 2025.32 : Le musicien du silence (première diffusion 24 décembre 2025)

Sueurs de sang : Le musicien du silence
 
Léon Bloy nous propose un autre exemple d'artiste sans œuvre, Pouyadou compositeur d'une partition intitulée Silence, un Râmayana symphonique, qui ne fut pas retrouvée après sa mort. Musicalement, il accorde quelques crédits -limité- à Jean-Sébastien Bach et Ludwig Van Beethoven. Mais sa bête noire c'est Wagner qu'il accuse d'être musicien de guerre, nous sommes 1871 : 

"La guerre actuelle, si vous voulez le savoir, c’est un opéra de Wagner. C’est le triomphe de Siegfried qui a forgé l’épée, du lourd Siegfried, vainqueur du dragon Fafner en papier mâché, et conquérant de l’Anneau des filles du Rhin au moyen duquel on est tout-puissant […] Le Drame musical, bon Dieu ! mais le voilà réalisé admirablement, tel que je l’avais pressenti à l’audition du Tannhäuser. Le bombardement, tragédie lyrique ! Ne vous semble-t-il pas qu’on pourrait l’entendre des étoiles ?"

La supériorité du destin français est d’ordre spirituel, il réside dans le silence : 

"Quelqu’un se présentera-t-il pour expliquer à ces bavards que le Silence attire l’Esprit du Seigneur et qu’étant faite beaucoup plus que n’importe quelle autre nation pour le recevoir, c’est précisément le nombre inférieur de tes pétards en tous les genres qui démontre la supériorité de ton destin ?"

Cela illustre, par un exemple très pointu, nos réflexions sur l'histoire de la musique.


Programmation musicale :
1) Duo "Jesu der du meine Seele" BWV 78 (Jean-Sébastien Bach) Teresa Stich-Randall / Dagmar Hermann / Orchestre et choeur de l'opéra d'état de Vienne / Felix Prohaska
2) Ouverture de Tannhauser (Richard Wagner) Orchestre symphonique de Berlin / Herbert Von Karajan
3) Choral Schübler BWV 645 (Jean-Sébastien Bach) Marie-Claire Alain
4) 1er mouvement du quatuor n°12 (Ludwig Van Beethoven) Quatuor Talich
5) In paradisum extrait du Requiem (Gabriel Fauré) Orchestre national de l'opéra de Monte-Carlo / Louis Fremaux

+ lecture du Musicien du silence tiré de Sueurs de sang (Léon Bloy) par Stéphane

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/le-musicien-du-silence-la-petite-boutique-fantasque/

Très bonne écoute de cette émission de la Petite Boutique Fantasque

Et sus aux Philistins ! 

Photographie. de la tourelle inférieure Sperry d'une forteresse volante B-17

 

dimanche 21 décembre 2025

Manon Balletti et Casanova 8

 « Vous aurez plaisir, me dit-elle, de souper avec Mme blondel et son mari. Le lecteur se rappellera que c’était Manon Balletti que j’avais dû épouser.
Sait-elle que je suis ici ? dis-je
Non, je me suis ménagé le plaisir de voir sa surprise
Je vous remercie de n’avoir pas voulu jouir de la mienne. Nous nous reverrons, madame, mais pour aujourd’hui, je vous dis adieu ; car en homme d’honneur, je crois ne devoir jamais me trouver volontairement dans un endroit où sera Mme Blondel. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (277)

 

Il giovedi. Dino Risi (1964)

Manon Balletti et Casanova 7

« J’ai reçu un gros paquet de Paris avec une lettre de Manon dont voici le contenu :

"Soyez sage et recevez de sang-froid la nouvelle que je vous donne. Ce paquet contient toutes vos lettres et votre portrait. Renvoyez-moi le mien et si vous conservez mes lettres brûlez-les. Je compte sur votre honnêteté. Ne pensez plus à moi. De mon côté je ferai tout ce qu’il m’est possible de faire pour vous oublier. Demain à cette même heure je serai la femme de M. Blondel, architecte du Roi, et membre de son Académie. Vous m’obligerez beaucoup si à votre retour à Paris vous ferez semblant de ne pas me connaître partout où vous me rencontrerez."


Cette lettre me laissa dans la consternation après m’avoir rendu stupide pendant deux bonnes heures. […] Je me suis mis à écrire à l’infidèle ; déchirant toujours ma lettre après l’avoir écrite. A dix heures j’ai mangé une soupe, puis je me suis mis au lit ; mais je n’ai pu dormir. Cent projets formés et rejetés. J’ai décidé d’aller à Paris pour tuer ce Blondel que je ne connaissais pas et qui avait osé épouser une fille qui m’appartenait et qu’on croyait ma femme. J’en voulais à son père, et à son frère qui ne m’écrivait pas ce fait. […] J’ai passé toute la journée à écrire et à relire les lettres de la perfide. L’estomac vide m’envoyait à la tête des vapeurs qui m’assoupissaient, quand j’en revenais je déraisonnais parlant tout seul dans les accès de colère qui me déchiraient l’âme. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (276)

 

 
Prénom Carmen. Jean-Luc Godard (1983)

samedi 20 décembre 2025

Manon Balletti et Casanova 6

« Manon Balletti me désolait avec ses jalousies et avec ses justes reproches. Elle ne concevait pas comment je pus différer à l’épouser, s’il était vrai que je l’aimais ; elle me disait que je la trompais. Sa mère mourut étique dans ce même temps entre ses bras et les miens. Dix minutes avant d’expirer elle me recommanda sa fille. Je lui promis dans la vérité de mon âme que j’en ferais ma femme ; mais le destin, comme on dit toujours, s’y opposa. Je suis resté trois jours avec cette famille affligée partageant sa douleur. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (275)

 

 
La voix humaine. Pedro Almodovar. (2020)

Manon Balletti et Casanova 5

« L’attachement que j’avais à la fille de Silvia était d’une espèce qui ne m’empêchait pas de devenir amoureux d’une autre. L’amour d’un libertin sans une certaine nourriture devient en fort peu de temps froid, et les femmes savent cela quand elles ont un peu d’expérience. La jeune Balletti était toute neuve. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

mardi 16 décembre 2025

PBF 2025.31 : Sous la place Pinel, Suez (première diffusion 17 décembre 2025)

 
Chronique de l'univers place Pinel n°51 : Sous la place Pinel
 
Programmation musicale :
1) La housse et la couette (Juliette)
2) Quai n°3 (Arthur H.)
3) Les filles seules (Linda Lemay)
4) Les Mines du Nord (Marie-Annick Lépine)
5) Les mangeux d'terre (Gérald Pierron)
6) La matelote (Henri Genès)
7) La contraception (Giédré)
8) La mosquée (Imago)
9) Suez (Guy Béart)
10) La rousse au chocolat (Jacques Higelin)
11) Prélude (Jacqueline Danno)

+ Chronique de l'univers place Pinel n°51, sous la place Pinel par Marius Pinel

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Très bonne écoute de cette émission pinélienne de la Petite Boutique Fantasque


Et sus aux Philistins !

dimanche 14 décembre 2025

Manon Balletti et Casanova 4

 « Ce ne fut pas l’amour de Manon Balletti, mais une sotte vanité, un désir d’aller figurer dans Paris, qui me fit quitter la Hollande. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (274)

 

 
Alliance cherche doigt. Jean-Pierre Mocky (1997)

mardi 9 décembre 2025

Manon Balletti et Casanova 3

« Dans la tranquillité de mon âme, je me mis à filer le parfait amour avec Manon Balletti, qui me donnait tous les jours quelques nouvelle marque du progrès que je faisais dans son cœur. L’amitié et l’estime qui m’attachaient à sa famille tenaient loin de moi toute idée de séduction ; mais devenant tous les jours plus amoureux, et ne pensant à la demander pour femme, je ne concevais pas quel pouvait être mon but. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (273)

 

 
Passion. Jean-Luc Godard (1982)

Manon Balletti et Casanova 2

« J’étais amoureux de cette demoiselle, mais la fille de Silvia, avec laquelle je n’avais autre plaisir que celui de souper en famille, affaiblissait cet amour qui ne me laissait plus rien à désirer. Nous nous plaignons des femmes, qui, malgré qu’elles nous aiment, et qu’elles soient sûres d’être aimées, nous refusent leurs faveurs ; et nous avons tort. Si ces femmes-là nous aiment,  elles doivent craindre de nous perdre, et par conséquent elles doivent faire tout ce qu’elles peuvent pour tenir toujours vivant le désir que nous avons de parvenir à les posséder. Si nous y parvenons, il est certain que nous ne les désirerons plus, car on ne désire pas ce qu’on possède ; les femmes donc ont raison de se refuser à nos désirs. Même si les désirs des deux sexes sont égaux, pourquoi n’arrive-t-il jamais qu’un homme se refuse à une femme qu’il aime, et qui le sollicite ? La raison ne peut être que celle-ci : l’homme qui aime sachant d’être aimé fait plus de cas du plaisir qu’il est sûr de faire à l’objet aimé que de celui que le même objet pourra lui faire dans la jouissance. Pour cette raison il lui tarde de le contenter. La femme préoccupée par son propre intérêt doit faire plus de cas du plaisir qu’elle aura elle-même que de celui qu’elle donnera ; pour cette raison elle diffère tant qu’elle peut, puisque se rendant, elle a peur de perdre ce qui l’intéresse le plus : son propre plaisir.
La fille de Silvia m’aimait, et elle savait que je l’aimais, malgré que je ne me fusse jamais expliqué : mais elle se gardait bien de me le faire connaître. Elle craignait de m’encourager à exiger des faveurs, et n’étant pas sûre d’avoir la force de me le refuser, elle  avait peur de me perdre après. […] La plus grande partie des filles bien élevées se donnent à l’hyménée sans que l’amour en soit mêlé, et elles n’en sont pas fâchées. Il semble qu’elles sachent que leurs maris ne sont pas faits pour être leurs amoureux. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

Visionnage domestique toulousain (272)

 

 
Sauve qui peut (la vie) Jean-Luc Godard (1980)

Manon Balletti et Casanova 1

« Mais ce qui me frappa fut Mlle Balletti, sœur de mon ami. Elle avait quinze ans [17], et elle était devenue fort jolie ; la mère l’avait élevée en lui donnant tout ce qu’une tendre mère, et pleine d’esprit, peut donner à sa fille, et tout ce qui a rapport aux talents, aux grâces, à la sagesse et au savoir-vivre.»

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

mardi 2 décembre 2025

PBF 2025.30 : Balades avec Armand Silvestre (première diffusion 3 décembre 2025)

 

 
Émission autour du livre Balades avec Armand Silvestre écrit par une de ses descendantes Dominique Silvestre.

Armand Silvestre, est un auteur français du XIXe un peu oublié. Dominique Silvestre nous parlera de son ancêtre à la fois au niveau biographique et littéraire. Différents extraits de l’œuvre d’Armand Silvestre seront lus par Jean-Marie Champagne.

Programmation musicale :
1) Le pays des rêves (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
2) Chanson d’amour (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
3) Notre amour (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
4) Le ramier (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
5) Aurore (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
6)Le voyageur (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
7) Le plus doux chemin (Armand Silvestre / Gabriel Fauré) Cyrille Dubois /Tristan Raës
8) Carol of the bells (Eileen)
9) Inshe misto (Dakh daughters)


+ Lecture d'extraits de
La Russie, impressions, portraits, paysages, de Chroniques du temps passé. Le Conte de l'archer et de divers poèmes d'Armand Silvestre par Jean-Marie Champagne.

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Très bonne écoute de cette émission qui nous fait plonger dans la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle !


Et sus aux Philistins ! 

photographie d'une terre cuite d'Armand Silvestre de Dominique Silvestre

lundi 1 décembre 2025

Visionnage domestique toulousain (271)

 

 
Ulysse souviens-toi (Keyhole). Guy Maddin (2011)

« Freud : un mélange de découvertes très importantes et d'éléments impossibles, unilatéraux, même de dilettantisme. [...] les grandes choses aujourd'hui viennent au monde par le siège.  »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (89)

 


« Devant toute personne qui prétend la faire penser, la Jeune-Fille ne tardera jamais à se piquer de réalisme. »
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 
Jane Fonda, photographie de Peter Basch (1962) 

« - Le plaisir qui va à la suite des désirs, et quelquefois même des soupirs, est préférable, car il est infiniment plus vif.
- C'est vrai, mais on ne peut pas y compter dessus. Cela désole le philosophe calculateur. Dieu vous préserve, madame, de connaître par expérience cette cruelle vérité. Le bien préférable à tous les biens est celui dont on jouit ; celui qu'on désire se borne souvent au seul plaisir de désirer. C'est une fiction de l'âme, dont j'ai trop connu en ma vie toute la vanité. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

samedi 29 novembre 2025

En tant que mélomane, j'avais le sentiment d'agir dans l'intérêt de toute la nation


 Image de Glen Baxter

« Plus j'avançais en âge, plus ce qui m'attachait aux femmes était l'esprit. Il devenait le véhicule dont mes sens émoussés avaient besoin pour se mettre en mouvement. Chez les hommes d'un tempérament opposé au mien, ce qui arrive est tout le contraire. Un homme sensuel qui vieillit ne veut plus que la matière, des femmes doctes dans les exercices de Vénus, et point de discours de philosophie. »

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

samedi 22 novembre 2025

Un ennemi, la paperasse, remplacé très efficacement par un autre, l'ordinateur...


 

Une des clés de la personnalité d'Anne Pelletier

« L’illégitimité des origines, l’attitude maternelle, le corps féminin à l’adolescence, la pauvreté, le fanatisme religieux, la discrimination sociale pratiquée à l’école et au catéchisme : le texte [Anne dite Madeleine Pelletier] révèle plusieurs sources de la honte, qui se transforma en force. »

Avant propos dans Mémoires d'une féministe intégrale. Madeleine Pelletier ; édition critique par Christine Bard. Gallimard Folio inédit histoire (2024)

 

Satisfait ou remboursé !

 
Voilà à quoi rêve le héros d'Énantiomère R !

Tous les 5 mètres un cadavre de Français le pantalon rouge vin, ça et là quelques allemands en gris. Pas effrayant du tout ce champ de bataille, je crois voir des poupées habillées en soldat ; pour m’effrayer il faut que je réfléchisse. Si tout de même j’étais de ceux-là, plus rien, le néant. Quelle sottise il a fait ce mannequin d’être allé se fourrer là ; la vie c’est la seule réalité, tout le reste n’est que mots.
Au fond ces gens ont ce qu’ils méritent, l’humanité est stupide. Ai-je assez chanté sur tous les tons aux ouvriers qu’il fallait faire la révolution pour s’affranchir, je n’ai réussi qu’à leur faire peur, maintenant ils meurent tout de même et ce n’est pas pour s’affranchir, c’est pour le contraire. Ah, tout est vanité, le progrès n’est pas, à quoi bon vivre ; mieux vaudrait que je sois là, à la place de ce mort.

 Journal de guerre dans Mémoires d'une féministe intégrale. Madeleine Pelletier ; édition critique par Christine Bard. Gallimard Folio inédit histoire (2024)

Décloisonnez-vous !


 

jeudi 20 novembre 2025

11 septembre [1914]

[...]
J’ai le dessein d’aller à Meaux. En route je rencontre un régiment de tirailleurs algériens qui vont au feu, j’essuie des salves d’injures adressées à mes formes très accusées.
Cela refroidit jusqu’au-dessous de zéro dans mes velléités d’être utile ; évidemment pour ces gens-là, je suis à peu près autant qu’un  chien, et dans la société en général je ne compte pas non plus pour grand-chose.
Puisqu’il en est ainsi je serais bien bête de prendre ma part du malheur public.

Journal de guerre dans Mémoires d'une féministe intégrale. Madeleine Pelletier ; édition critique par Christine Bard. Gallimard Folio inédit histoire (2024)

mercredi 19 novembre 2025

Visionnage domestique toulousain (269)

 

 
Le château des Carpathes. Oldrich Lipsky (1981)

« Extrait de Paradoxe sur l'amour d'Adolphe Retté ( L'Améthyste) : Alors elle se cambrait dans sa pose favorite -en travers du lit- afin de mieux m'offrir sa fleur secrète [...]
Et je la possédais de telle sorte que seuls nos deux sexes se touchaient, se pénétraient, tressaillaient l'un dans l'autre -de telle sorte que, disjoints du reste de nos corps, nous pouvions contempler une aurore de sang s'épanouir, ruisseler en tièdes serpents âcrement parfumés le long de nos torses et de nos membres
[...] »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mardi 18 novembre 2025

Visionnage domestique toulousain (268)

Fin de l'agent W4C par l'intermédiaire du chien de monsieur Foustka. Vacalv Volrlicek (1967)

« Le goût païen de la sensualité est, dans une certaine mesure, une culture du corps en vue du délestage de l'esprit. Une pratique dualiste. Pas si éloignée du spirituel. A tout le moins, on soigne le corps pour fournir à l'esprit une base solide (sport) ; ais, dans la sensualité, il y a une soupape. Finalement, chez l'homme de la Renaissance aussi, ce ne sont que des délestages. Hors de cette perspective, la sensualité, même dans la conception moderne, passe pour décadente. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

PBF 2025.29 : L'enfant entre deux mondes (première diffusion 19 novembre 2025)

 

Extension du domaine des Chroniques fringantes d’outre-océan :
légende indienne du Canada 1

Au départ Légendes indiennes est une série de 14 épisodes réalisée par Daniel Bertolino et  tournée en co-création avec des Premières nations de l'Est du Canada.
Ces légendes ont été colligées avec la participation de Basil H. Johnston, membre de la nation indienne Ojibway, attaché au département d’ethnologie du musée royal de l’Ontario à Toronto. La particularité de ces réalisations est que chaque légende est tournée en collaboration avec une communauté de la Nation d'où elle est issue. Le tournage s’est effectué après que chaque nation ait accepté la légende, le texte et vérifié les morales et la mythologie... Les membres de la communauté deviennent ainsi les comédiens de ces histoires et revivent la légende dans leur langue.

Programmation musicale :
1) Pleure ô ma terre  (Anne Sylvestre)
2) Exercice BeRI 348 (Johan Helmich Roman) Sue-Ying Koan
3) Impromptu (Sébastien Llinares)
4) Lakota national anthem (Porcupine singers)
5) Eagle song (Red shadow singers)
6) Woue no yianné (Andicha Sondkawa)
7) Géronimo (Imago)
8) Awikatchikaën (Cowboys fringants)


+ Lecture de la légende algonquine du Retour de l’enfant, une histoire à la lisière entre le monde des vivants et le monde des morts par Jean

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Sus aux Philistins !

Photographie de Daniel Bertolino




« Je sais que je suis capable et me sens dispensé de l'effort de réfléchir. N'empêche que je vis uniquement de trouvailles, d'idées qui m'ont choisi pour réceptacle sans que je me sente vraiment responsable de cette paternité. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

dimanche 16 novembre 2025

Visionnage domestique toulousain (267)

 

L'été dernier. Catherine Breillat (2023)

« L'expressionnisme est cette tendance artistique qui (en violent contraste avec la passivité de l'impressionnisme... méprise profondément la reproduction de la vérité... et y substitue la loi souveraine, explosive, créatrice et sans scrupules de l'esprit. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mardi 11 novembre 2025

PBF 2025.28 : Les peintres, tout de même, quelle belle bande de vaches ! (première diffusion 12 novembre 2025)

 

 
Maurice Utrillo 1 : la mère, Suzanne Valadon

Pour évoquer Maurice Utrillo, nous commençons par le tout début, par une évocation de sa mère, qui est aussi une artiste reconnue, Suzanne Valadon.
Nous allons y croiser une figure connue, notre ami Erik Satie qui reste le seul amour connu d’Erik Satie. Il a écrit en parlant d’elle, qu’elle le laisse avec « rien, à part une froide solitude qui remplit la tête avec du vide et le cœur avec de la peine »
Le texte sur la vie de Suzanne Valadon qui est lu est celui de Jean-Paul Delfino intitulé : Valadon, la liberté à tous prix extrait du catalogue de l’exposition Suzanne Valadon qui a eu lieu au Centre Pompidou en 2025. Cette lecture est habitée par la voix de Romane Léa.

Programmation musicale :
1) Gymnopédie n°3 (Erik Satie) Sébastien Llinares
2) Extraits des œuvres suivantes :
- La matchiche (Jules et son limonaire)
- L’entrée des gladiateurs et
Patata (Great circus orchestra/ Jacques Jay)
3) Vexation d’Erik Satie joué par Jean Marc Luisada
4) Danse gothique, neuvaine pour le plus grand calme et la plus forte tranquillité de mon âme. 
1ère partie : A l’occasion d’une grande peine (Erik Satie) Jean-Pierre Armengaud
5) La complainte de la butte (Cora Vaucaire)
6) La matchiche (Guy Denys)

+ Lecture de
Valadon, la liberté à tous prix (Jean-Paul Delfino) par Romane Léa


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Sus aux Philistins !

Photographie de Suzanne Valadon entourée de ses chiens

samedi 8 novembre 2025

« La Révolution de 1789, avec sa devise : Liberté, Égalité, Fraternité, a conduit à l'époque du capitalisme. Déjà Saint-Simon, Owen et Charles Fourier ont reconnu, aussitôt après la Révolution, qu'un bouleversement uniquement politique ne peut modifier réellement le niveau des masses. La liberté et l'égalité politique restent de vains mots aussi longtemps que fait défaut l'égalité économique ; par exemple, en réalité, il n' y a pas d'égalité devant la loi. [Si le riche peut se payer tous les frais de justice et le pauvre non.] Comment la fraternité serait-elle possible entre le possédant et celui qui ne possède rien ? Saint-Simon : "La richesse est le vrai fondement de toute influence politique." Selon lui, les lois constitutionnelles sont loin d'être aussi importantes que les lois de la propriété. Pour Adler, toutes les idées démocratiques ne sont qu'illusions dans l'ordre économique capitaliste.
La fraternité a dégénéré en bienfaisance ostentatoire.
Là-dessus, Marx a montré que le capitalisme n'est pas une défectuosité morale ou la conséquence d'un manque de prévoyance de l’État bourgeois, mais qu'il découle du mécanisme même du type de production capitaliste. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (88)

«La Jeune-Fille ne s'accouple pas en un transport vers l'autre, mais pour fuir son intenable néant.»
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)

mardi 28 octobre 2025

Visionnage domestique toulousain (266)

 

Les cotelettes. Bertrand Blier (2003)

« Dans le style du XVIIIe. Soudain , enfin, la forteresse se rendît à l'ennemi qui y avait pénétré. (Orgasme) »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Visionnage domestique toulousain (265)

 Careful. Guy Maddin (1992)

PBF 2025.27 : La carte, extraits du journal de Jules Flegmon (première diffusion 29 octobre 2025)

 

Lecture de la nouvelle La carte, extraits du journal de Jules Flegmon de Marcel Aymé

Il s'agit d'un texte fantastique, de science-fiction qui imagine sur le modèle des cartes de rationnement, une carte qui donne droit à un certain nombre de jours à vivre par mois en fonction de son utilité sociale. Cela donne lieu à beaucoup de rebondissements... Marcel aymé arrive à pousser dans ses retranchements cette idée. Cette nouvelle a été publiée en 1942.

Programmation musicale :
1) Saturne (Georges Brassens)
2) L'année prochaine (Anne Sylvestre)

+ Lecture de la Carte (Marcel Aymé) par Christophe Anglade (Compagnie Paradis -Eprouvette)

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Sus aux Philistins !

samedi 25 octobre 2025

« "Je" dans ce livre ne désignera ni l'auteur, ni un personnage de son invention, mais une combinaison variable de l'un et de l'autre. [...] Autrement dit : je n'ai l'intention ni de dire, sous forme supra-personnelle ou impersonnelle, la vérité -ce dont il ne me manque peut-être que la capacité-, ni d'exposer ma conviction personnelle, car je n'en ai pas -elle ne m'intéresse même pas moi-même- ni de me transformer en personnage de roman, ce pourquoi il me faudrait être un caractère -être sûr de moi, ce que je ne suis pas- et je ne veux pas en être un. Non : de même qu'un homme sans scrupules spécule plus hardiment avec l'argent d'autrui, je veux laisser courir mes pensées au-delà des limites qu'en toute rigueur je devrais leur assigner ; voilà ce que j'appelle essai, tentative. [...] On le voit ce "moi" n'est pas moi, mais ce ne sera pas non plus un personnage ; car je ne veux user de données fictives ou biographiques qu'autant qu'il faudra pour faciliter la compréhension de telle ou telle pensée. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

« Beaucoup d'êtres ont vécu une fois, jeunes, dans "l'état d'amour" (pas la même chose qu"être amoureux"). »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

« Je me souviens d'avoir éprouvé très tôt le sentiment que l'expression théorique, l'essai, avaient, de nos jours, plus de valeur que l'expression artistique. Que l'on ne peut absolument rien créer qui n'ait été déjà énoncé quelque part . Énonciation, rationalisme, excitabilité : il suffit de presser dans la région bouton ; saturation, surenchère. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

 

« Ainsi en suis-je venu à l'idée que tout ce que l'on aime devient, traduit en art, beau. La beauté n'est autre chose que l'expression qu'une chose a été aimée. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

«La liberté de la presse, la liberté d'expression en général, la liberté de conscience, la dignité personnelle, la liberté de l'esprit, etc., tous les droits fondamentaux du libéralisme sont abolis aujourd'hui, sans que cela ait suscité chez un seul individu une indignation violente ; même en général, sans que les gens en aient été fortement émus. On accepte cela comme une intempérie. L'individu moyen ne se sent pas encore visé. On pourrait en être profondément déçu ; il est plus juste d'en déduire que tout ce qui vient d'être ainsi liquidé n'importait plus guère à personne. Et c'est bien le cas. L'homme par exemple faisait-il quelque usage de sa liberté de conscience ? Il n'en avait aucune occasion. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

Résonances contemporaines (28)

« Par ce temps magnifique, les rue sont pleines de monde. "La vie continue." Bien que des centaines d'hommes soit tués, jetés en prison, passés à tabac, etc., chaque jour. Ce n'est pas de la frivolité, plutôt quelque chose comme le désarroi d'un troupeau qu'on pousse lentement en avant, tandis que les premiers sont mis à mort. Il flaire, pressent, s'agite, mais sa psychologie ne dispose d'aucune réaction adéquate, il lui est tout bonnement impossible de se défendre contre cette situation. On retrouve ici l'autorité des comportements sociaux acquis, ce qu'on appelle "reprise en main". Le national-socialisme a raison de mépriser la masse sans chef. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mardi 14 octobre 2025

PBF 2025.26 : L'indifférence à la place Pinel, tu n'as pas le choix (première diffusion 15 octobre 2025)

 

Chronique de l'univers place Pinel n°50 :
L'indifférence à la place Pinel, tu n'as pas le choix !

Poursuite de la découverte du monde par la petite lorgnette de la place Pinel, une chronique de Marius Pinel.

Programmation musicale :
1) La pendule (Orchestre Jan Corduwener)
2) Le général Castagnetas (Frères Jacques)

3) Quai n°3 (Arthur H.)
4) Les gauloises bleues (Yves Simon)
5) Toune d'automne (Les Cowboys fringants)
6) Vert (Harmonium)
7) Pas d'âge pour le rythme (Jacques Tati)
8) La mort d'Orion (Gérard Manset)
9) Palmier plastique (Isabelle Mayereau)
10) Illégal (Corbeau)

+ 50ème chronique de la place Pinel par Marius Pinel : L'indifférence à la place Pinel

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/lindiff%C3%A9rence-%C3%A0-la-place-pinel-tu-nas-pas-le-choix-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

lundi 13 octobre 2025

Visionnage domestique toulousain (264)

  
The saddest music in the world. Guy Maddin (2003)

«De ces manuscrits, nous n’avions rendu publique qu’une faible part, car frère Othon pensait que faire de la musique pour les sourds est un méchant métier. Nous vivions en des temps où l’auteur est condamné à la solitude. Et cependant, considérant l’état de choses, nous eussions aimé voir mainte page imprimée, non point en raison de la gloire qui compte autant que l’instant parmi les formes de l’illusion, mais parce que la chose imprimée porte le sceau de l’achevé et de l’immuable, dont l’aspect contente aussi le cœur du solitaire. Notre départ est plus aisé, lorsque tout est dans l’ordre..»

Sur le falaises de marbre. Ernst Jünger. L'imaginaire Gallimard (1942)

Visionnage domestique toulousain (263)

 

 
En croisière (Saps at sea). Gordon Douglas (1940)

«Mais que faire, si les faibles méconnaissent la loi, et dans leur aveuglement tirent les verrous qui n’étaient poussés que pour les protéger ? Aussi ne pouvions-nous blâmer entièrement les Maurétaniens, car le juste et l’injuste se mêlaient désormais inextricablement ; les cœurs les plus fermes chancelaient et les temps étaient mûrs pour ceux qui jettent l’épouvante. L’ordre humain ressemble au Cosmos en ceci, que de temps en temps, pour renaître à neuf, il lui faut plonger dans la flamme.»

Sur le falaises de marbre. Ernst Jünger. L'imaginaire Gallimard (1942)

samedi 11 octobre 2025

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (87)


«Il y a des êtres qui donnent le désir de mourir lentement devant leurs yeux, mais la Jeune-Fille n'excite que l'envie de la vaincre et de jouir d'elle.»
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 

lundi 6 octobre 2025

PBF 2025.25 : Course vers l'abîme : vers la sixième extinction (première diffusion 8 octobre 2025)



Quatrième chronique fringante d'outre-océan : Course vers l'abîme, vers la sixième extinction

Poursuite de la comparaison (culturelle, linguistique,...) entre Québec et la France à travers l'analyse des paroles de chansons des Cowboys fringants.

Programmation musicale :
1) L'Amérique pleure (Cowboys fringants)
2) Plus rien (
Cowboys fringants)

+ l'analyse des paroles en compagnie de Laurianne du Québec  de L'Amérique pleure et Plus rien des Cowboys fringants

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/course-vers-labime-vers-la-sixi%C3%A8me-extinction-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !

photogramme de Falcon lake de Charlotte Le Bon

«[...] l'amour de Sylvia aussi m'apparut sous une nouvelle lumière. Je reconnus qu'elle et sa mère, je les avais considérées d'un esprit plein de préjugés , et que, les ayant trouvées sans importance, je les avais traitées comme telles, de même qu'on prend pour verre la pierre précieuse brillant à tous les yeux dans le chemin. Et cependant toute chose exquise est un présent du hasard, le meilleur en la vie est gratuit.»

Sur le falaises de marbre. Ernst Jünger. L'imaginaire Gallimard (1942)

mercredi 1 octobre 2025

PBF 2025.24 : Cabotages musicaux des passions (première diffusion 1er octobre 2025)

 

Entretien avec Jean-Marc Andrieu (23 septembre 2025)

Le chef et directeur musical de l'orchestre baroques des Passions nous entretient du 11ème festival baroques des Passions à Montauban et dans le Tarn-et-Garonne. Les musiques qu'il propose nous permet de faire un tour d'Europe, Angleterre, Espagne, Italie, France et Allemagne. C'est pour cette raison que nous avons appelé l'émission : Cabotages musicaux des passions. Il est à noter que le premier morceau, trois extraits de la troisième sonate pour flûte à bec de Johan-Helmich Roman fait la liaison avec l'instrument de Jean-Marc Andrieu et une nouvelle chronique autour de la musique suédoise.

Programmation musicale :
1) 3 extraits (largo, allegro, adagio) de la 3ème sonate pour flûte à bec (Johan-Helmich Roman) Dan Laurin et le Paradiso musicale
2) El caballo del marques (Luis de Briceño) Poème harmonique / Vincent Dumestre
3) Litanies de la Vierge à 3 voix pareilles (Marc-Antoine Charpentier) Les passions / Jean-Marc Andrieu
4) 1er mouvement (vivace) de la sonate en trio n°7 (Georg Philipp Teleman) Les passions / Jean-Marc Andrieu
5) Ouverture de Daphnis et Alcimadure (Joseph Cassanéa de Mondonville) Les passions / Jean-Marc Andrieu

+ Entretien avec Jean-Marc Andrieu

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/cabotages-musicaux-des-passions-la-petite-boutique-fantasque/
 

Retrouvez le programme du 11ème festival des passions baroques : https://www.les-passions.fr/fr/festival-passions-baroques/edition-2025/
 

Sus aux Philistins !

 



« Je me suis avisé depuis longtemps que ce n'était pas toi que j'aimais mais ton image. Tu ne faisais que lui prêter chaleur et sexualité. »

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

lundi 29 septembre 2025

Visionnage domestique toulousain (262)

 

 
Led Zeppelin DVD. Chapitre Knebworth 1979 (2003)

«Ne trouvez-vous pas que chaque baiser a un goût bien à lui ? Une certaine tonalité, comme dans le révélateur ? De quoi votre dernier baiser avait-il le goût mademoiselle ?»

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

mercredi 24 septembre 2025

PBF 2025.23 : Inutiles comme des épluchures d'oreilles de cochon (première diffusion 24 septembre 2025)

Cette émission est consacrée à un poivrot, mais pas n'importe quel poivrot, un soldait poivrot qui n'a pas dessoulé depuis la guerre de Crimée. Là nous le retrouvons lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Ce portrait de ce buveur impénitent est tiré de la nouvelle Celui qui ne voulait rien savoir, tiré de Sueurs de sang de Léon Bloy.

Programmation musicale :
1) Mourir demain (Gribouille)
2) Ballade (Gabriel Fauré) Lucas Debargue
3) Dieu que cette nuit est belle (Superflu)
4) extrait de la Battalia (Heinrich Biber) Concentus musicus de Vienne / Nikolaus Harnoncourt
5) Air soprano basse de la cantate BWV 79 (Jean-Sébastien Bach) Leonhardt Consort / Gustav Leonhardt
6) 1er mouvement du 12ème quatuor (Ludwig Van Beethoven) Quatuor Talich

+ la lecture de la nouvelle Celui qui ne voulait rien savoir de Léon Bloy lue par Stéphane

Pour ceux qui auraient piscine indienne, ou toute autre obligation, il y a une possibilité de rattrapage avec les podcasts de la PBF : https://www.mixcloud.com/RadioRadioToulouse/inutiles-comme-des-%C3%A9pluchures-de-cochon-la-petite-boutique-fantasque/

Sus aux Philistins !
 
photographie de Sébastian Copeland

samedi 20 septembre 2025

Éblouissement des prémisses (73)

«Vous connaissez tous cette insatiable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour ; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tient éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d'un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à quelque image devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant ce passé, chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n'avons pas eu notre pleine mesure de vie et d'amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre.»

Sur le falaises de marbre. Ernst Jünger. L'imaginaire Gallimard (1942)

jeudi 18 septembre 2025

Visionnage domestique toulousain (261)

 

Buffet froid. Bertrand Blier (1979)

«Tant que la salle de spectacle sera moins une école qu'un passe-temps, nos auteurs de théâtre devront renoncer à la vanité patriotique d'être les instituteurs du peuple.
Avant que le public ne soit formé pour son théâtre, le théâtre devrait avoir de la peine à former son public.
Matérialisme et idéalisme : Les deux extrêmes entre lesquels se situent la nature et la vérité. Les personnages de Pierre Corneille sont de froids observateurs de leurs passions -d'impertinents pédants de la sensibilité... En Angleterre et en Allemagne... on dévoile la nudité de la nature, on grossit ses rougeurs et ses envies... L'un et l'autre sont nécessaires à une bonne copie de la nature ; une noble témérité pour en sucer la moelle et égayer son élan, mais en même temps, une candeur timide... pour atténuer les traits grossiers. [Schiller]»

Journaux. Robert Musil. Seuil (1981)

dimanche 14 septembre 2025

Visionnage domestique toulousain (260)

 

 
Brancaleone s'en va-t-aux croisades. Mario Monicelli (1969)

«Or il est bon de réfléchir que cet être matrice, qui n'a qu'une issue de communication correspondante au vagin, monte en fureur, lorsqu'il ne se voit pas occupé par la matière pour laquelle la nature l'a fait et l'a placé dans la plus décisive de toutes les régions du corps de la femme. Il a un instinct qui n'entend pas raison. Il veut ;  et si l’individu dans lequel il gît s'oppose à sa volonté, il fait le diable à quatre et cause des maux très violents au tyran qui ne veut pas le contenter ; la faim à laquelle il est sujet est bien pire que la canine ; si la femme ne lui donne pas la nourriture qu'il demande par le canal dont elle est seule maîtresse, il devient souvent furieux et parvient aussi à prendre sur elle un dessus auquel nulle force peut résister. Il la menace de la mort, il la rend andromane comme la duchesse que j'ai nommée, une autre duchesse que j'ai connue à Rome, il y a vingt-cinq ans, deux grandes dames vénitiennes et vingt autres, qui toutes ensemble me firent juger que la matrice était un animal si absolu, si irraisonnable, si indomptable, qu'une femme bien sage, bien loin de s'opposer à ses caprices, devait y condescendre en s'humiliant et se soumettant par un acte de vertu à la loi à laquelle Dieu l'avait fait naître sujette.»

Histoire de ma vieJacques Casanova de Seingalt. Bouquins Robert Laffont (2006)

dimanche 7 septembre 2025

Visionnage domestique toulousain (259)

Casanova, un adolescent à Venise. Luigi Comencini (1976) 

«Ce que l'on appelle révolutions poétiques ou artistiques ne sont pas exactement des révolutions. Je ne crois pas qu'elle changent l'ordre du monde. Elle ne changent pas non plus la vision qu'on a du monde. Elles affinent la vision ; elles la complètent, elles la rendent plus complexe, mais elles ne la transforment pas du tout comme une révolution sociale ou politique.»

Dialogues. Jean Genet Hubert Fichte La Procure (1975)

samedi 6 septembre 2025

Visionnage domestique toulousain (258)

 

 
Casanova de Fellini. Federico Fellini (1976)

« Monsieur est la plus sotte femme du monde [...] Sa figure a été charmante : le goût de Monsieur n'était pas celui des femmes et il ne s'en cachait même pas [...] Le goût opposé de Monsieur indignait Madame [...] »

Mémoires. Saint-Simon. Gallimard (1990)

lundi 1 septembre 2025

Quelques Éléments supplémentaires de la Société du Spectacle (86)

 


«La Jeune-Fille est toute la réalité des codes abstraits du Spectacle.»
 
Premiers matériaux pour la théorie de la jeune-FilleTiqqun. Mille et une nuit. (2001)
 
photo de Marion Davies