mercredi 18 février 2026

« Difficile pour Pierre Bonnard d'expliquer au gardien du musée du Luxembourg, en 1938, que le tableau qu'il est en train de rectifier sur le mur est le sien ! Il  lui arrivait de retoucher ses toiles une fois celle-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate, en 1943, cette attitude devenue visiblement coutumière. Au musée de Grenoble puis au musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

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